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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 12:44
De retour de ma plongée ethno-anthropo dans le monde des Gadzzzz... 
A voir, c'est certain !
Pour le gala, sans doute, les moyens mis en jeu, l'ampleur monumentale de la chose... J'ai eu l'impression de passer la nuit sur un paquebot de luxe, montant et descendant, traversant les immenses salons à ambiances diverses. A la hauteur des annonces et de la réputation.
Mais c'est surtout pour le reste, qu'il fallait venir.
Pour découvrir un monde de traditions que l'on ignore si on n'y trempe pas.
Rien que le vocabulaire !
Tout finit par des SSSSS.........
Hier soir, mon inviation indiquait que j'étais une StraSS. Bon....
Appartenant à l'adminiSTRATION.
D'ac.
Anna m'avait parlé des cendriers : les cendarS. Y en n'avait plus quand on est arrivés. Les collectionneurs se jettent dessus. J'en ai vu un dans les mains de Connie, la prof d'anglais collègue de mon cavalier. "J'en ai eu un, lui dit-elle, Tu fais la collec, toi ?"
"Ah non, répondit-il. J'en ai quelques uns que les élèves m'ont offerts..." (sous-entendu : ça ne m'intéresse pas du tout, je suis pas très Trad des Gadz, moi....)
Je savais, lecteurs adorés, que mon tanguero de l'ENSAM n'était pas profilé Gadz... J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte.
Pourtant, je suis vraiment sûre qu'il vient de là (il en a l'uniforme) et qu'il continue à y bosser (un élève en grande tenue  le salue gentiment tous les 3 mètres).
On rencontre un ami. "J'étais à mon repas de famille, et toi ?".
(Ah non, il était au pub avec moi.)
Il m'explique : quand tu rentres dans ta promo, on te donne un numéro. Et tous les ans, y a un repas qui réunit tous les Gadz (encore en vie) qui ont ce numéro dans leur promo. C'est ça qu'on appelle la famille.
Ah, tiens ? Et toi, alors ?
Moi, c'est 90. Mais je n'ai jamais participé à un de ces repas. ( Je suis pas très Trad des Gadz, moi....)
On rencontre un autre ami. "J'étais à mon repas de promo, et toi ?".
Y a ça aussi : chaque promo en parraine une autre, 25 ans plus tard. Cette année, ce sont les 1983 qui parrainent les petits 2008.
[Je pense avec ravissement que si j'avais fait les Arts et Métiers, ce serait justement MA promo, tiens, les 1983 ! (oui, je sais, c'est une idée incongrue mais c'est comme ça).]
Après, on se retrouve comme ça, les parrains, les parrainés, y a des occasions, des dates, des trads...
Et toi, alors, non ?
Ah non, moi, je ne l'ai fait qu'une fois. J'étais obligé. Ils avaient perdu mon adresse...mais quand je suis devenu prof à l'ENSAM, ben, ils m'ont retrouvé (!!!) Donc, j'ai dû participer au baptême de la promo + 25... Depuis, j'évite. ( Je suis pas très Trad des Gadz, moi....)
Et ça veut dire quoi, FIGNOS, au fait ?
Ah...ben...je me rappelle plus, tiens... J'ai dû le savoir, mais j'ai oublié...
Bon, pas grave, je demanderai sur place, discrètement...
Et cette espèce de gros bretzel rouge qu'ils ont dans la poche gauche sur la poitrine, ça s'appelle comment ?
Ah, tiens, ben, j'ai oublié...
Vous savez quoi ? Je crois qu'il est pas très Trad des Gadz, mon cavalier....
Des gars en uniforme avec leur Bretzel rouge, y a que de ça, de toute façon, je n'ai qu'à tendre la main pour en interpeler un et lui poser la question.
Ce que je fais in petto.
"C'est un...(je vous le donne en mille???) FIGNOS, Madame ! D'où le nom de la soirée" !
Et dire que je suis accompagnée d'un gars qui a vécu 3 ans sous ce régime et qui enseigne là depuis 30 ans !!!
Mais bon, vous l'aurez compris, il est pas très....
En tout cas, on a un beau fou-rire !!! Du coup, sa mémoire est électrochoquée et il me dit que Fignos, c'est l'insigne (qui forme un A et un M entrelacés) mais également le nom du novice baptisé par les anciens. On devint Fignos après avoir été "frappé" par la FIGNOLANTE, long cordon de soie rouge dont les 2 extrêmités sont constitués de tubes en alu ( !!!). La fignolante est au coup du Fignos comme une écharpe. "Autrefois, ça tapait dur"...Y a eu des poumons perforés". Sympa.
Je précise que mon cavalier est à l'origine d'une fronde officielle anti-bizutage qui lui vaut des rapports refroidis avec le Directeur...et certains membres TRES trad gadz....
Je ne détaille pas ici les nombreuses traditions auxquelles j'ai été initiée hier soir par mon Gadz'Art qui, encore un mythe qui s'effondre, ne va quasiment jamais au Gala des Fignos !
"Je suis là parce que tu y es, c'est tout."
"Ah, eh bien figure-toi que je peux te répondre exactement la même chose" !
Oui, parce que....Chuis pas très... On a compris. On le savait, en direct et par la bande, d'ailleurs (car on a d'autres entrées, l'air de rien, à l'Ensam).
On sait que tu vaux infiniment mieux, cher tanguero. Et on sait pourquoi c'est justement avec toi qu'on a fait notre plongée dans ce monde de "Traditions"...!!!!
Alors, merci 90-de-je-ne-sais-quelle-année !
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 08:15
...ce serait celui-là ! B-A. B. (rien à voir avec Bayonne-Anglet-Biarritz)
Un de mes élèves, dont je protège l'anonymat. Je n'écris même pas son prénom, parce que des comme ça, y en n'a qu'un. Je précise de suite que ce n'est pas mon admirateur sans faille, celui qui a le regard de l'ours de l'article d'hier. Non, celui dont il est question ici, c'est un pilier du lieu, au sens large. Au sens absolu. Et il n'est qu'en 6e. Il doit exister à Ausone un régime extra-strict que je ne connais même pas : un truc façon présence sur les lieux 100% du temps d'ouverture, y compris les horaires non-éducatifs mais purement administratifs.
B-A, c'est un incontournable de l'établissement. Même quand il subit une exclusion (oui, il est de ceux-là, on tente ce qu'on peut...), évidemment, c'est une exclu INTERNEE, comme on dit. Exclu de cours pour la sanction, mais présent au collège pour ne pas confondre ça avec des vacances. Les jours de grève massive, c'est l'élève UNIQUE qui reste au CDI de 8h à 17h. Celui qui a son pique-nique pour déjeuner dans la cour, puisque le self ne fonctionne pas. Celui qui reste dans les jupes de la Direction quand la Doc prend son quart d'heure de pause, puisqu'il faut bien qu'un adulte l'ait sous sa garde... Il fait régulièrement à mes côtés l'ouverture et la fermeture du CDI. Il est le plus assidu au groupe Journal (même s'il est exclusivement photographe et n'écrit pas un mot).
Ce matin, on a atteint un sommet, lecteurs adorés. Toute fraîche de ma matinale course à vélo (La Fleurette se dérouille, cette semaine!), étant passée par l'Atelier comme tous les jours pour bien commencer la journée avec mes copains de "l'équipe technique" (ouiche, j'ai la chance d'être en relation avec l'équipe péda, l'équipe adminstrative et l'équipe technique : mon statut polymorphe que personne ne saisit vraiment et mon caractère papillonnant permettent ce grand écart tout à fait hors-norme dans cet univers de castes !), j'ouvre avec ma clé une des deux portes de mon antre de Fée des Livres.
Et là, horreur, j'écris plutôt HORREUR !, je me retrouve nez à nez avec B-A, assis à une table, en train de lire dans l'obscurité relative de ce début de jour (on est dans l'ouest, je vous rappelle) un ouvrage de mythologie !
Seconde d'EFFROI PUR.
Quand, dans la tête, ça tricote à toute vitesse, cherchant les tenants, s'agrippant aux aboutissants, analysant les conséquences et n'arrivant pas à grand chose. Ma grotte miraculeuse est censée est être fermée à clé. Et on n'est pas nombreux à posséder le sésame.
Un bref instant je me suis vraiment demandé si je ne l'avais pas enfermé là hier soir à 17 heures et s'il n'y avait pas passé la nuit ! Ce en quoi on aurait atteint un sommet finalement prévisible pour ce malheureux enfant...

Que fais-tu ici ????
Ben, je viens de la perm, y a CDI yzondit, alors je suis là.
Et en plus, 5 minutes avant que les classes ne quittent la cour !!! Lui, au moins, il s'y prend de bonne heure !
Fin mot de l'histoire : ce n'est pas un passe-muraille, hier soir Trésor a fait le ménage (oui, notre dame de ménage, d'origine africaine, porte cet inattendu prénom, que je me régale à prononcer!). Je la sais un peu fâchée avec les clés, et il y a beaucoup de portes dans notre Tsing-Tsing local... De temps en temps le CDI est "un peu ouvert" quand j'arrive ;-)
Sauf qu'en principe, aucun élève ne saurait entrer hors de mon autorité.
Sauf notre Fantôme, qui hante les lieux avec un naturel et une évidence implacables. Je vous assure, abonnés chéris, ça m'a secoué les sangs ! Un élève assis dans l'ombre dès potron-minet quand j'ouvre mon CDI...
Faudra qu'un jour je vienne faire une visite-surprise vers les minuit/une heure, pour voir....
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 10:24
Il y a ceux qui connaissent Edmond. Mon Edmond.
Que j'avais rencontré dans un magasin de jouets un jour...Nos regards s'étaient croisés et j'étais restée fascinée et bouleversée par cet petit animal en cuir... Le coup de foudre et l'amour n'ont rien à voir avec l'âge, n'est-ce pas ? Quelque temps après, je le trouvai sous le sapin de Noël. :-)
Depuis, Edmond me suit quasiment partout, à la place d'honneur, vous en êtes témoins. Rappelez-vous qu'il était là lors des rudes épreuves du Capes à Poitiers il y a quelques années...Récemment, il est parti au Lioran.
Certains rencontrent leur Doudou à la naissance. D'autres attendent longtemps !
Bref, Edmond et moi...
Et là, je découvre qu'il a un cousin, aussi adorable que lui !


Ah, comme je l'adore cette bestiole ! Comme elle m'a tapé dans l'oeil*** !
Sur la photo, il sert de doudou géant à un bébé propithèque couronné, espèce rarissime en captivité. Celui-ci, ou plutôt celle-ci est née dans un zoo Besançon (on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les cages du Doubs...)
100 grammes à la naissance... Imaginez la taille de l'animalcule !
Carrément craquant, avec un regard vert qui ne peut pas laisser insensible.
Mais moi, c'est la tête du "Nours" (?) qui me botte.
Je ne rentre pas souvent dans les négoces de joujoux : sans enfant, pourquoi faire ? Avec les enfants : à éviter d'urgence pour s'épargner des caprices, des frustrations, des dépenses regrettables, des conflits de rangement ultérieurs et autres disputes ou désolation pour motifs divers.
Mais si par un heureux hasard je croise cette peluche un jour...
Edmond n'a pas de quoi être jaloux : le coeur d'une Gazetière est bien assez grand pour deux !

*** De plus, ceci dit sans perfidie aucune, cet "ours" a un regard qui me rappelle complètement celui d'un de mes plus fidèles fans du CDI depuis 3 ans ... Désarmant.
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 11:24
Bon, alors, lecteurs patients et indulgents, ne croyez surtout pas qu'en ces temps de montée vers Pâques, votre Gazetière, tragiquement perturbée par un carême trop exigeant en privations, ait tourné à la   démiurge mégalomaniaque.
Je m'essaie à la résurrection, certes.
Mais en toute modestie.
Rien à voir avec Qui on sait, ni même avec le Dr Frankenstein.
Je tente juste de ressusciter le lecteur exportable de Deezer sur la tite Gazette, privée de musique depuis que le susnommé , suite à une "restructuation économique", a bloqué ses frontières aux sans-papiers (dont je suis, évidemment).
Un bon mois, donc, que le truc est mort et enterré.
Bien entendu, la Communauté (des deezeriens, pas de l'Anneau) ne reste pas sans réaction.
Les uns s'inquiètent et le font savoir sur les forums (les fora, devrais-je écrire ?...)
Les autres cherchent des solutions.
Et, chance, certains arrivent même, Alleluia (Dieu me pardonne cet Alleluia en plein carême et même pas un dimanche), à TROUVER des solutions.
Qu'ils publient généreusement sur lesdits forums.
Et, évidemment, c'est là que les premiers (les uns, donc) vont pêcher les bonnes idées des derniers ( certains, donc).
La boucle est bouclée, l'anneau (dont il n'était pourtant pas question) est scellé, il ne reste plus aux uns qu'à être aussi malins que certains.
Ce matin, la Rédaction a décidé de prendre le temps de piocher une de ces solutions-cadeaux et de suivre le mode d'emploi du truc avec toute la rigueur dont elle est parfois capable (si, si).

Etrangement, le choix de la musique-test de la re-suscitation tant espérée s'est porté (vous allez être sidérés) sur une chanson irlandaise... ;-))
God save Ireland m'a semblé le cobaye idéal pour cette entreprise faramineuse.

Je vais me lancer sans filet, abonnés adorés.
Je vais publier en direct, avec un vieux lecteur recyclé et bidouillé comme il se doit, censé nous remplir les oreillettes avec la chanson promise...
Vous comprenez de suite le RISQUE majeur de la manipulation.
Un détail infime mal maîtrisé, une minuscule erreur de copier/coller...voire même une réplique fourbe et honteuse de Deezer à cette débrouillardise du client-qui-paye-pas, et c'est.... l'échec.
Et donc le SILENCE.
Le SILENCE, lourd, palpable, ténébreux.
Le CDI les jours où il ne faut pas chercher la Doc.
Bellocq sans les Angels un week-end de retraite.
Vianne quand on lui demande ce qui ne va pas (ou sa note de maths).

Le silence durant lequel il est fondamental de ne pas laisser s'enfuir l'Espérance. Le silence qui appelle la Foi, et la Charité pour ceux qui essaient mais n'y arrivent pas.
Voilà, j'ai eu ma minute catéchétique, vous rappelant en deux phrases les trois vertus théologales.
Si jamais God save Ireland ne résonne pas ici dans la minute, vous n'aurez pas tout perdu !
Et puis de toute façon, comme dirait Tite-dernière, "je ne lâche pas l'affaire"....


Et puis, même si ça ne fonctionnait pas, je vais quand même rendre honneur au petit malin qui a trouvé le truc (qui a marché à moment donné, c'est sûr, beaucoup de monde lui a dit MERCI) :
c'est Toma, sur Heerow  "Un peu de tout mais surtout n'importe quoi !"....
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 09:19
Ah non, elle ne va pas nous refaire le coup du hareng ficelé ? vous demanderez-vous sans doute, mes abonnés chéris !
Mais, non, je vous rassure de suite, je ne vous rejoue pas le mur des poèmes disparus. Je reviens sur mon hareng, parce qu'au départ, le propos était savant, avant que de devenir poétique. Savant, oui, n'ayons pas peur des mots!  Je voulais vous entretenir d'un sujet savoureux et faire de vous des lecteurs instruits en matière ichtyologique, et spécialisés en hareng, donc.
Vous en rêviez? La Gazette l'a fait !
Pêche au hareng vers 1550
http://www.greenpeace.org/raw/image_full/canada/fr/photosvideos/peche-hareng-1550.jpg

Et d'abord, savez-vous ce que signifie SAUR (que l'on trouve également sous la forme de saurE) ?
Sachez que c'est une couleur, un jaune tirant sur le brun pour être précis, dont on peut gratifier certains chevaux et faucons.
Notre bestiole poissonneuse ne tient cette couleur saure que son fumage, précisons-le : ce n'est pas sa peau naturelle (qui est bleue, paraît-il).

Ensuite, lecteurs chéris, entrez de conserve avec moi dans l'univers étonnamment varié du hareng !

Apprenons ensemble, c'est d'actualité, que la bête dont il est question était appelée (je vous parle d'un temps que les moins de 200 ans..etc.) POULET de CAREME (petit, petit, petit...ça doit être à cause de la couleur, parce que sinon, je ne vois pas bien).

Et puis, désormais, vous saurez faire la différence entre toutes les dénominations de notre poulet pré-pascal en fonction de son état :

- fraîchement salé : hareng pec
- moins salé : craquelot ou bouffi (tu l'as dit...)
- fumé et resté entier : buckling
- ouvert, aplati, fumé : kipper
- très sec, fait pour la longue conserve, c'est le hareng franc-saur.

Et quand-même, je rapporte aussi : "
Les plus beaux harengs saurs, les plus grands, les plus charnus, les plus dorés, les mieux fumés au genièvre sont les saurets de Germuth, en Irlande. »(Cf. wikipedia)

Bon, si on continue comme ça, votre Gazetière va se mastériser en harangère.... Et encore, réjouissez-vous, je n'insiste pas sur le rollmops,  ni le haddock (le vrai, le faux, le jeune, le vieux...), la bacalhau, même pas sur la sardine de baril (évidemment, tous ceux qui ne sont pas nés Dupuy ne peuvent pas comprendre l'enjeu de la sardine de baril).

Mais quand-même, merci la saint Patrick de DonaldVille, un monde inconnu s'est ouvert à moi, celui de la conservation du poisson par fumage, salage, pressage... J'en suis à me demander comment j'ai tenu quatre décennies sans même me douter de tout ce qu'on pouvait en apprendre.

La vie est décidément pleine de surprises....



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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 13:22
Comme vous vous en doutez, en raison de la prochaine St Patrick de DonaldVille, votre Gazetière fait une de ses très ponctuelles crises spasmo-culinaires aiguës. Il ne s'agit de rien de moins que de dresser la carte de notre taverne événementielle, le Singing Clover : autant dire du pain (de seigle) sur la planche !
Bien entendu, il ne s'agit pas seulement de trouver des recettes ad hoc, mais bel et bien de s'imprégner de la culture alimentaire de nos chers Irlandais. Et c'est là, fort subtilement, qu'on en arrive au haddock, justement. Voire même au hareng. Et, plus précisément, au fameux hareng saur.
Régal poétique de mon enfance. Et comme c'est le Printemps des Poètes, n'est ce-pas...

Le hareng saur (de Charles Cros, 1873)

                                                      à Guy.

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
 Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Eh bien, lecteurs adorés, pour les gens graves, je ne peux rien dire, mais pour ce qui est de la petite fille que je fus, ce Hareng Saur Sec se balançant au bout de sa longue ficelle, dans toute sa délicieuse absurdité, je ne l'ai jamais oublié (et quand on connaît ma mémoire, l'exploit est appréciable).
J'avais un âge à 1 seul chiffre, pour sûr, et mon école m'avait conduite à une rencontre avec un comédien au Centre d'animation du quartier.
Les mots exacts ne sont pas gravés, mais l'image éblouissante de ce haut mur blanc et vide m'a définitivement impressionnée, tant ce comédien l'a rendue vraie et inoubliable.
Combien de textes cet artiste nous a-t-il fait découvrir ? Combien de ficelles (!) nous a t-il dévoilées ? Je l'ignore absolument.
Sauf ce hareng-saur, qui n'a jamais cessé d'osciller dans les méandres de ma souvenance.
Fascinée, la Zigo.
Hypnotisée par le tangage de ce balancier saugrenu.
Contaminée par le goût de l'insolite, du fantasque.
Marquée du sceau du hareng saur, sans avoir eu besoin de fumer. Qui l'eût cru ?

Pour en savoir un peu plus sur ce poète et ce poème :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Hareng_saur
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 13:14
Oui... à quoi rêvent les Docs -toc-toc au mois de mars quand elles ont la dure, pénible et débilitante  tâche de couvrir les 10 millions d'ouvrages qu'elles ont imprudemment acquis depuis septembre, la faute à leur budget outrageusement et inexplicablement élevé (budget qu'elles n'osent même pas annoncer ouvertement lors des réunions ZAP à leurs collègues tentant de survivre avec des crédits exsangues ; budget dont elles profitent en urgence et à fond sachant qu'elles marchent au bord du gouffre et sur le fil du rasoir eu égard aux économies prévisionnelles annoncées...) ???
Rêvent-elles d'îles lointaines, de plages désertes, de cocotiers, de pays extraordinaires où nulle librairie ne risque de les happer pour les faire retomber dans leur addiction d'achat compulsif de codex alléchants ?
Presque !
Elles rêvent de Colibris, figurez-vous !
Ces charmants petits volatiles exotiques transportent votre Gazetière, embourbée dans l'indexation pharaonique et l'équipement à cadence industrielle, jusque dans des contrées paradisiaques où travail bien fait rime avec repos bien mérité.
En fait de colibri, il n'y en a qu'un. Mais voyez plutôt la merveille !!!

Je viens de découvrir cette fascinante bestiole (génétiquement proche du gaufrier, je pense, ou bien issue d'un croisement entre  la centrale-vapeur et le massicot) dans ma boîte mail (mais comment savent-ils QUI je suis ??? Comment  connaissent-ils mes angoisses existentielles ???)

Ne vous privez pas de la démo, chers lecteurs, à sonoriser, peut-être, avec un bon vieux morceau de musique de cirque pour apprécier encore plus ce moment où l'artiste travaille sans filet (et sans les mains, d'ailleurs, ce qui me laisse perplexe...)
Je m'imagine si bien à mon bureau, au coeur de mon CDI, manipulant l'engin fabuleux devant un public d'élèves ébahis (trop bien Madame...ça s'achète où?), tel le bateleur éblouissant son parterre de badauds esbaudis.
Et maintenant, Mesdames et Messieurs, sous vos yeux éblouis, Mademoiselle Zigobelle et son Colibri savant !!! Tataaammmm ! (roulements de tambour....)***

http://www.couvrirleslivres.fr/

-------- cliquer sur démo virtuelle !

Alors, alors, alors ? Céty pas un régalage pur ce petit colibri ???


Là, bien sûr, je réfléchis à mon costume de scène... je le vois avec des plumes multicolores...tulles, gazes, paillettes...
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 12:02

L'ex-Martiniquais (skipper, antiquaire, trader, brother... vous l'aurez reconnu)  nous parlait l'autre soir de "liénage", mot créole inventé pour signifier une union puissante, plus proche du pacte que de l'aliénation, je vous rassure.
A la Gazette, on les trouve savoureux, ces mots imagés, et on se délecte de tout ce qui est cuisiné à la sauce étymologique.
On vote des deux mains pour un enrichissement permanent de la langue, par inventivité, emprunts, éclosions inattendues...mais on désire également sauvegarder de l'oubli tout un tas de curiosités pas si poussiéreuses qu'on pourrait le croire. C'est ça, une langue vivante : du passé, du présent, des germes d'avenir.
Mais...justement, quelle différence entre une langue, un patois, un dialecte ...? Le savez-vous, lecteurs curieux ?
Pas vraiment, et ça vous empêche de dormir la nuit sur vos deux oreilles, je m'en doute !
Alors, réjouissez-vous, la Gazette va faire mieux que les décoctions, infusions, incantations, amulettes et autres médecines destinées à vous faire ronfler du sommeil du juste ! Elle va éclaircir en deux temps trois mouvements le cruel dilemne qui vous hantait. TOUT, vous allez tout comprendre de ce sujet palpitant.
Du point de vue strictement linguistique, il n'y en a pas (de différence, évidemment. car un point de vue, il y en a bien un. Ctte phrase est totalement bancale, appelant 5 lignes d'explications, je le vois bien, mais tant pis, elle est née ainsi et je la garde telle, amputée de logique in utero, je l'aime quand même!).
Revenons à nos moutons. Langue, patois, dialecte...
C'est plutôt un. problème géographique et politique.
Disons que...
Une langue parlée dans un territoire restreint est un patois.
Plusieurs patois proches les uns des autres forment un dialecte.
Quant à la langue, c'est un dialecte "qui a réussi" puisqu'il est devenu le langage officiel d'un Etat.

Retour il y a quelques siècles dans le beau Royaume de France... On connaît la frontière langue d'Oc, langue d'Oïl.

Afficher l'image en taille réellePourquoi celle "d'en haut" s'enrichit-elle de multiples apports et prend-elle le dessus ? Tout simplement parce que le Roi, à présent sédentarisé (eh oui ! finie la bohême médiévale), vit en Île de France et en Orléannais. C'est donc que le Sire parlant ainsi,  il est de bon ton de causer comme lui ! Le "françois" n'a pas besoin d'attendre une ordonnance royale pour s'imposer naturellement comme langue prestigieuse. 1539,  il devient langue administrative, et tout ce que le pays compte de "gens bien" le parlent naturellement. Bon. C'est l'élite, hein ! Parce qu'à la Révolution, une enquête (il semblerait que la mode de l'enquête soit née en cette époque bouillonnante)  révèle que 80% de la population le comprend plus ou moins mais ne le parle pas du tout ! Le français porte des noms amusants : la "langue du pain" pour les Corses, celle du "dimanche" pour les Savoyards...
Afficher l'image en taille réelleEncore un siècle...1882 : Jules ferry et son école obligatoire vont mettre du plomb dans l'aile des dialectes. Les enfants qui s'oublient à parler patois au lieu du français s'en souviendront longtemps (et leurs doigts, et leurs fesses, et leurs oreilles...)...
Le dressage linguistique est ...comme la pédagogie de l'époque, dira-t-on sans insister plus avant ! Les hussards noirs de la République n'étaient pas tous des tendres, je le reconnais...(ici, merci d'agréer un mea culpa corporatiste).

Afficher l'image en taille réellePourtant, ce qui a fait réellement et définitivement progresser le français, ce qui en a fait la langue que tous nos compatriotes parlent désormais, c'est...la terrible Grande Guerre. Eh oui... Tous unis autour du drapeau, et surtout dans l'enfer des tranchées, du sud comme du nord, de l'ouest ou de l'est, il a bien fallu communiquer pour se serrer les coudes. Tout naturellement, la langue française a servi de dénominateur commun. La bascule s'est faite là, et peu à peu a gagné tout le pays. Au fil du 20e siècle, le bilinguisme disparaît progressivement, en dépit d'actions volontaristes locales pour le préserver voire l'imposer. On ne citera pas ici les îlots bien connus de résistance :-)

Tout cela, le français, les langues régionales, les accents qu'il faut avoir ou pas... est le fruit de bien des traumatismes, me direz-vous... Un vrai accouchement dans la douleur.
C'est vrai, la naissance d'une langue nationale, tout comme celle d'une nation,  n'est pas un long fleuve tranquille...


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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 22:17
Réchauffement climatique : des espèces disparaissent.
Bon, ça, on le sait.
Comme dirait un jeune garçon de ma connaissance quand il reçoit sa revue bi-mensuelle : " Alors, qu'est ce qu'on va devoir faire cette fois pour sauver la planète?"
Ne serait-il pas temps de claironner aussi que des espèces apparaissent ?
Certes, on n'est pas encore sûrs et certains qu'elles vont pouvoir se reproduire vraiment et croître et se multiplier (comme préconisé dans la Bible).
Mais restons résolument OPTIMISTES !

La banquise fond, personne n'aime ça, surtout pas les ours polaires,* évidemment. Les pauvres élargissent leur territoire de chasse, forcément. De même que les grizzlys,** pour d'autres raisons, qui montent de plus en plus vers le Nord. On l'aura compris, les uns montant, les autres descendant, c'est le choc de la rencontre ! Normalement, les bestioles susnommées n'ont pas du tout les mêmes périodes de reproduction. Sauf que là, à force de partir en voyage et de modifier leurs habitudes, elles ont les hormones en vrac et ne maîtrisent plus rien du tout ! Et comme y a pas de planning familial ursidé au pôle nord...eh ben, croyez-moi, on s'en donne à coeur-joie là-haut ! Du coup, on a identifié une "nouvelle espèce," pour l'instant à son démarrage, mais totalement naturelle, provisoirement nommée "ours grolaire", mais pourquoi pas "polly", ou "grizzlaire" ?!
Sachant que grâce à Google Earth on a récemment découvert une forêt totalement inexplorée et peuplées d'espèces inconnues... et s'il s'avérait que la Planète n'a pas dit son dernier mot et que la Vie est plus forte et maligne que tout, hein ???
On y croit, on y croit... mais le dit-on suffisamment ?


* Ours polaire : (Ursus maritimus)
* * Grizzly : (Ursus arctos horribilis, c'est son nom savant : MDR !!!)

NDLR : Les noms potentiels, je sais pas vous, mais moi, je ne les trouve pas tout à fait au top...
Grolaire, grolar en anglais, ça fait vraiment gros lard...
Polly, ça évoque soit un cheval très nain, soit un chien anglais très chevelu...
Quant à Grizzlaire, ça fait un peu marque de voiture américaine, non ?
Va quand-même falloir faire mieux, les gars !

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 21:27
Alors voilà. Il était une fois...

On sait que bien évidemment, je voulais être une princesse pour aller au bal avec une super-belle robe et des chaussures extraordinaires.
On sait aussi que déjà, des fois, je vais au bal tango avec des petites robes pas mal (et pas des nuisettes, Nath, pas des nuisettes !!!!) et des chaussures achetées à Paris, (détail fondamental, à défaut de Buenos Aires) que j'aime bien aussi.
On sait également, qu'un jour que je voulais aller visiter le Palais Garnier (parce que j'avais raté la vente historique des costumes de l'Opéra alors que j'étais allée à Paris exprès...mais ça c'est une autre longue histoire), je n'ai pas pu y entrer, et ma Maman non plus, parce que c'était le jour du Gala de l'X.
On sait (on en sait des choses, hein ?) que depuis j'en veux  bien évidemment aux Polytechniciens, mais que quand-même, je rêve d'aller au Bal de l'X, du coup ;-)
On sait que je danse le tango avec un X, justement, mais pas au Palais Garnier.
On sait que je danse aussi le tango avec un Gadz'Art. Et ça ,c'est comme la robe -et -les-chaussures-de-tango-à-la-place-de-la-robe-de-princesse-et-des-chaussures-extraordinaires c'est peut-être pas le must du must, mais c'est déjà pas mal du tout.
On va bientôt savoir qu'en fait de Bal de l'X avec un Polytechnicien, à l'Opéra je suis finalement invitée au Gala des Fignos au Hangar 14 (ben oui, je sais...le Hangar 14 ne doit rien à Charles Garnier...) avec le tanguero des Arts et Métiers qui va avec.
Trop bien : j'exulte ! :-D
La boucle (de chaussure, sur la cheville) est bouclée, dira-t-on.
Et en plus, le Yilou, il m'a galamment écrit, en réponse à mes interrogations existentialo-vestimentaires : 
tu te fies à ton très bon goût habituel car il n'y a plus de règle (robe longue ,par ex):le tout est de ne pas être en jean, et pour les hommes d'avoir une cravate ou un noeud pap, donc,fais-toi plaisir et ce sera parfait!
On peut bien sûr quitter les lieux quand on veut si l'on s'embête :c'est juste histoire de voir......ce petit monde en beaux costumes militaires......(l'école date de Napoléon et était militaire.)

Zavez lu ??? Il a dit "beaux costumes militaires"... Ahahaha!!! Le prestige de l'uniforme !
Allez hop ! On oublie le bicorne et la tangente, je suis sûre que la tenue des Gadz"Arts (dite le "zagalon") est très très très magnifique aussi !!!

(Fin heureuse)

Gaudeate ! Jubilate ! Exultate !
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