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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 18:29

... entre un PAQUEBOT, un PESTICIDE, une CONTREDANSE, une SINECURE et une ANESTHESIE ?

 

paquebot1.jpg

(image pleine d'indices...)

 

On peut toujours imaginer qu'endormi par l'ingestion accidentelle d'un poison agricole, on plonge dans un rêve agréable  où l'on coince la bulle au cours d'une croisière aux joyeuses soirées dansantes...

On peut toujours.

 

Mais ce n'est point là où la Gazette veut amener son habile Lecteur ! Qu'il regarde, comme un indice, la catégorie dans laquelle est publié cet article. La petite brocante des Mots. Ce serait donc, parions là-dessus, un de ces menus billets "d'étymo-jolie" ?

Oui-da, mes biens chers ! Je viens partager avec vous quelques petites découvertes du soir, rien de bien grandiose, mais des petits étonnements. Car ces mots susnommés, m'est avis, cachent plutôt bien leurs origines... anglaises !

Cela fait si longtemps, sans doute, qu'ils vivent chez nous leur vie bien à leur aise, qu'on le prendrait carrément pour des autochtones, ne trouvez-vous pas ?

 

 

Notre paquebot a immigré il y a... quelques siècles. Avant 1700, me dit-on ! " Empr. à l'angl. packet-boat comp.de packet «paquet, plus spéc. ici: paquet du courrier» et boat «bateau» att. dep. 1641 et désignant une embarcation effectuant le transport de courrier (appelée aussi post-bark ou post-boat). L'habitude de prendre des passagers à bord de ces bateaux, notamment sur les lignes régulières comme Calais-Douvres, fit que l'appellation est restée attachée aux navires de transport de passagers "

Fallait juste y penser ! 

 

L'anesthésie, employée chez nous sous le sens  de  « privation ou affaiblissement de la sensibilité » depuis 1771 est "empr. à l'angl. anaesthesia « id. » attesté  dep. 1721".

 Nos ancêtres des Lumières devaient donc employer déjà ce terme : la mode de l'anglicisme est ancienne, on le sait !

 

La contredanse, c'est rigolo : ça vient de country dance (attesté dep. 1579 en Albion) , une danse vive et campagnarde, sorte de quadrille anglais, devenue contredanse chez nous, bien avant 1700, et repartie, en 1800 et des miettes, de l'autre côté de la Manche sous la forme "francisée" de contre-dance. Chacun son tour, ça s'en va et ça revient, ça danse, quoi !

 

La sinécure... les lecteurs assidus (devrais-je dire plutôt les "lectrices"?) de Jane Austen sauront exactement de quoi je veux parler. Dans chacun de ses romans, il y a forcément un clergyman qui vit, bien ou modestement, de sa charge pastorale. Sachant que parfois, on peut avoir une "cure"... sans ouaille. Ben si. Surtout chez les British, apparemment... Le Révérend sans tracas... bénéficie d'une sinécure. "Empr. à l'angl.sinecure désignant à l'orig. un bénéfice ecclésiastique sans charge d'âmes réelle (1662 Sine-Cura, 1672 Sine-cure ds NED) puis, p. ext., toute fonction ou situation assurant un revenu sans tâche ou responsabilité réelle (1676)"

Je vois d'ici de mauvaises langues qui verraient là un synonyme de fonctionnaire. Pfffffffff ;-)) 

 

Nous voici arrivés presque au bout de la liste. Que nous reste-t-il ? Ah oui, le vilain pesticide.

Qu'on devrait éviter d'employer, au propre, comme au figuré :-))


Le super dico du CNRTL (ma bible lexicale!) m'explique (il sait tout!) :

 

"Mot anglais (mil. xxes.) comp. de pest «insecte ou plante nuisible, parasite», lui-même empr. au fr. peste* au xvies., et de -cide, du lat. caedere «frapper, abattre, tuer»."

 

Et de rajouter, façon José Bové de la linguistique :

 

"Ce mot en français est mal formé, puisque peste ne signifie pas «parasite» : Le terme de pesticide, d'origine anglo-saxonne, devrait être abandonné au profit de l'expression produit antiparasitaire à usage agricole, utilisée par l'Administration française dans les lois, décrets et arrêtés relatifs à la protection des cultures ".

 

Et, Madame l'Administration française,  INSECTICIDE, comme mot adéquat, ça ne suffirait pas ? ;-))

 

Sources (sans nitrates) : http://www.cnrtl.fr/ et http://www.slate.fr/story/69533/francais-anglais-angliscismes-franglais

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 16:55

 Avertissement (pour ma fille seconde) : attention, article-fleuve !

 

Prise, au gré de mes lectures studieuses, d’une petite crise d’étymologie, je viens de découvrir l’origine simple, évidente… et jamais imaginée par moi, du verbe « épater »! Pour moi, un nez épaté était un appendice nasal aplati, et un public de même état un auditoire ébahi. Point. Pourquoi ? Comment ? Les questions, étrangement, ne m’avaient point effleurée…

« Epater », Lecteurs qui seriez comme moi, au même sous-sol d’indigence lexicale sur ce point précis (s’il en est parmi vous, sauf votre respect !), vient tout simplement de « é-patter » : Priver de l'usage d'une patte (TLF). Fallait y penser, non ? Donc, on épatte, on épate, on ôte une patte, voire un pied. Le verre sans pied devient tout plat à la base… Vous me suivez ? Epater devient aplatir. D’où le coup du nez, ni pointu, ni bourbon, ni camus. Un pied… et pourquoi pas deux ? Je vous épate, j’espère ? Je vous coupe les jambes, vous en vacillez et perdez l’équilibre, baba de mes édifiants propos, de mes performances hallucinantes. Attention à ne pas aller en perdre aussi la tête…

J’épate la galerie. Quelle galerie ? Eh bien, sachez-le, Lecteurs curieux, ni plus ni moins que l’équivalent des « gradins » de la salle du jeu de paume. Car c’est de là que vient notre épatante expression ! Du jeu de paume, le vénérable ancêtre du tennis. Ce jeu de Paume qui a laissé moult traces dans la langue de Molière ! Outre le fameux « serment », notre jeu a imprégné notre royaume de France depuis le Moyen-âge. Au départ, point de raquette pour s’envoyer la « balle » à ce jeu de « courte-paume » (pas courte-paille !) De balle, du reste, il n’en était pas encore question. On disait un esteuf. Soit une poignée de laine ou de poils bien comprimés et cousus dans une peau de mouton. Qu’on se lançait de plus en plus fort, si bien qu’elle devint de plus en plus dure pour  aller de plus en plus vite, si bien qu’on commença à fabriquer des « vecteurs » plus résistants que les mains (la raquette était née !)  si bien que plus t’étais riche plus t’avais une super-raquette plus t’étais fort, si bien que… « jeu de main, jeu de vilain »… Eh oui, Lecteurs toujours plus grandement épatés, les nobles raquettaient ( !), les pauvres vilains, eux, n’avaient que leurs mains pour pleurer jouer… L’expression nous en est restée. Qui l’eût cru ? Pour en revenir aux vilains, il faut reconnaître que, fût-ce sans raquette, ils pouvaient au moins jouer, et qu’en cette unique circonstance, ils partageaient avec la noblesse le privilège de la « chasse ». Gardiens des valeurs aristocratiques, ne vous heurtez pas ! Je parle de la « chasse » au jeu de paume, pas sur les terres du seigneur ! Je cite « la "chasse" est un point particulier du jeu de paume. Lorsque cette chasse est obtenue les joueurs changent de côté. Le joueur au service... "perd sa place" favorable… »

Vous me suivez, Lecteurs de bonne volonté ? Qui va à la chasse, perd sa place ! Et hop ! Encore une expression dans notre paumesque escarcelle ! Vous en restez sur le carreau ? C’est le nom du « terrain » du jeu de paume… Voilà pour le sol…mais la salle elle-même, savez-vous comment elle se nommait ? Le tripot, Lecteurs bien-aimés ! Et comme les parties donnaient lieu à des paris et autres parties truquées (le jeu de paume c’était un peu le foot d’aujourd’hui), ben… voilà, le tripot est devenu le lieu de perdition que l’on connaît à présent, sans esteuf ni battoir, mais toujours abritant de louches joueurs… Bon, allez, je saisis la balle au bond (oui, oui, encore une !) et je finis gentiment, sans vous narguer d’un bisque, bisque, rage ! malvenu… tout droit, encore une fois, de ce jeu décidément omniprésent. J’arrive au bout de ma page A4, c’est assez long : la fin arrive et… tombe à pic !

 

Et pour en savoir cent fois plus...

http://www.club.fft.fr/courte-paume/info.htm

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:12

... vous connaissez la suite.

A contrario, ce qui est difficile à concevoir, voire à accepter... a bien du mal à être nommé.

 

 Lundi, 13h et des miettes. Mon petit Club Lecture bat son plein.

Neuf recrues, parce que cette année, j’ai imposé un numerus clausus pour de triviales questions financières. Ceux qui sont là ont, du coup, un sentiment de chance inouïe. Ils jouissent joyeusement de leur privilège d’appartenance.

Il y a les anciens, « le gros » du bataillon, et trois « petits » nouveaux. On parle de ce qu’on a déjà  fait, des projets entamés, des centaines de choses nouvelles qu’on veut faire cette année… On échange sur des temps forts vécus précédemment. Sur le vif :

-          - J’ai rencontré l’autrice…

-         -  Pas l’autrice, l’auteuse !

-         -  Ben non, une autrice, c’est normal, comme une actrice.

- Non, si, non, il a raison, non c’est Clém qui a raison… Cela bataille sec, on n’entend plus rien… Ils finissent par interroger le Salomon du lieu, en l’occurrence votre Gazetière, puits de science et arbitre ultime.

-          - Mes petits Loulous, je vais chercher ce qu’on en dit sur Internet. Par habitude, je sais qu’on dit souvent maintenant auteure, comme on dit professeure. Moi, je n’adore pas ce RE, et pour ce qui me concerne, je dis que je suis UNE professeur, sans E. Si j’étais une auteur… je ne sais pas ce que je choisirais…

 

Et me voici donc, Lecteurs bien-aimés, partie sur l’océan du Net pour en savoir un peu plus. Autrice… serait-il un néologisme qui frotte les oreilles ?

Que nenni, gentes dames, bien au contraire ! Sachez que ce mot, qui n’a jamais vraiment percé, ou qui a été soigneusement combattu et presque enseveli, date… des auteurs latins !

L’auctor avait  l’auctrix, son pendant féminin. Eh oui ! Et ce fut repris au long des siècles par les auteurs de l’Eglise, St François de Sales y compris, qui emploie naturellement autrice pour traduire un texte de Tertullien.

La révolte mâle, toutefois, ne lâche rien, et on lutte sérieusement un peu partout pour « légiférer » sur une grammaire pro-masculine (Dieu sait si on connaît !) ou, bizarrement, auctor devient INVARIABLE… (tiens donc)

Je ne vous détaille pas les plongées forcées et les remontées à la surface de notre autrice, qui dure, qui dure… A la Renaissance, avec l’imprimerie, autrice revient en force (ou presque !) Au 17e siècle, ça se corse : la guerre est lancée contre cette autrice qui déplaît à la gent masculine (et intellectuelle). 18e siècle, la bataille s’intensifie et puis… au super « siècle-tombeau des droits féminins », j’ai cité le 19e, « l’Académie française … Considérant que le métier

d’écrivain ne convient pas à une femme, (...) en conclut qu’« écrivaine » n’a pas lieu d’être, et

classe autrice et « auteuse » parmi les féminins qui "déchire[nt] absolument les oreilles". »***

CQFD.

Pourtant, le mot résiste, il est présent dans plusieurs dicos et légitimé officiellement par la grammaire latine et la féminisation des mots masculins selon leur origine et leur forme.


Donc…c’est chacun qui dit ce qu’il veut ! Autrice ou auteure, ou même autoresse, pourquoi pas ??? ;-))


***http://www.siefar.org/docsiefar/file/Histoire%20d%27autrice%20-%20A_%20Evain.pdf

 

NDLR : Intéressante découverte, avec Word, écrivez AUTRICE et vous ne verrez pas le petit soulignage rouge de la honte ! Mieux, cliquez droit et vous verrez qu'il a comme synonymes : créatrice, inventrice, promotrice...plein d'autres, mais pas "auteur' ni "auteure" ! Même pas écrivaine (celui-là, il sonne vraiment moche, avec ce "vaine"  qui semble dire que la fille perd son temps à vouloir écrire!) Céty donc que c'est LE mot et le bon ???

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 11:20

ça s'est passé près de chez nous...... il y a longtemps !

 

Ce matin, tout à fait par hasard, je tombe (sans me blesser) sur un article en ligne de notre incontournable Sud-Ouest, et je me régale.

Notre gazetier contemporain reprend des faits qui remontent à l'été ...1907.

Histoire de nous dire que nos fameuses noyades, disparitions mystérieuses et agressions dans les transports en commun existent depuis belle lurette !

La Petite Gironde, glorieux ancêtre de S.O., rapporte cet été-là des attaques façon farwest dans le tramway de l'époque... mais également sur des commerçants ambulants. Même modus operandi, et même quartier.... c'est à dire à DonaldVille, si, si, si !

 

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Je cite : " sur le boulevard Camille-Godard" ou encore : "Au Bouscat, rue Baudin, dans un égout, la sacoche renfermant la recette fut retrouvée vide." et " un laitier du Bouscat nommé Perpétue vécut la même mésaventure."

Pas de doute, on est à DonaldVille !

Là où je me marre franchement, c'est quand je lis que cela a eu lieu : " dans les limites urbaines de Bordeaux…". Si je sais lire la carte, tous ces "hold-up"  se déroulent...au ras des boulevards.

Je n'ose imaginer combien Bruges était loin de toute cette violence urbaine.... En entendaient-ils même parler, les bons Brugeois-les-pieds-dans-la-glaise ??? ;-)))

 

Outre cette ambiance forcément désuète, le sérieux des gens sur les photos, cette géographie oxygénante, ces métiers plus ou moins perdus, ce qui m'a énormément plus, dans cet article, c'est le nom que l'on donnait en ce temps-là aux conducteurs de tram... Bien mieux que le banal "traminot" qui manque carrément de solennité, m'est avis.

 

En ce temps-là, Msieurs-Dames, on aurait appelé notre ami et Breton de Donaldville préféré : le WATTMAN.

J'adooooooooore ! Et si je devais le dessiner, il ressemblerait à ça... ;-)) :

Sans-titre-1.gif

Lictionnaire nous avertit : le terme est vieilli...

On avait remarqué. N'empêche... je trouve ça dommage... car ça sonne bien, wattman, vraiment, vraiment bien. D'aucuns déploreront que ça fait trop anglais ? Ok, mais quel est le mot français pour watt ???? Hein ????

 

Ah ! Comme j'aimerais entendre la chanson que Mistinguette chanta en son honneur....

722555130.jpg

 

http://www.sudouest.fr/2012/08/28/a-l-assaut-du-tramway-805466-7.php

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:28

C'est le printemps, la saison des fleurs et des oiseaux.
Ils bossent à mort ces chers petits ! C'est que... à force de "voler deux par deux" (on ne voit que ça ces jours-ci!), faut bien finir par construire un nid. Et c'est du travail.
Question nids, d'ailleurs, on en voit partout : dans les buissons et autres arbrisseaux, sur toutes les pages des catalogues publicitaires dont sont truffées nos boîtes à lettres (nids remplis d'œufs en sucre, en chocolat, en pâte d'amande, en nougatine...) et, évidemment, dans nos boîtes à lettres virtuelles. Ben oui, les "A nichés", comme j'aime bien dire. A-niché, ou aniché, c'est bien plus mignon que "arobase", n'est-il point ? Et puis, c'est bien à ça que ça ressemble, @, non ?
Après avoir un brin cherché les origines de ce sympathique petit @ (prononcez comme il vous plaira !), les ayant trouvées plutôt opaques (il y a moult théories et étymologies divergentes sur le Net), n'ayant trouvé aucune réponse suffisamment patente pour en faire un petit article, la Gazette, ouverte à la circulation culturelle, a tenté une mini-micro-nano-enquête pour savoir ce qu'on en dit "ailleurs"....
Car @ existe partout
(où Internet existe!)... donc a forcément un nom partout (où Internet existe!).

Bon, l'Ennemi Héréditaire (non, je ne parle pas de Toulouse mais de la perfide Albion), comme d'hab, il ne se complique pas la vie, il dit "at". OK. C'est sans poésie mais reconnaissons que cela a le mérite de la simplicité....

Chez Marie Katerine de Russie, c'est sabatchka, petit chien.


 Le chat n'est pas oublié, rassure-toi, ma Fîlle ! En Finlande, on dit : kissanhänta (queue de chat) ou miukumaiku (signe du miaou) (si si !!!)

Au pays de Zorba, on y voit un caneton, papaki.

Les Italiens reconnaissent ... simplement... un escargot, chiocciola.

Nos amis les Allemands agglutinent les mots, comme ils savent faire : avec Klammer (agrafe, attache...) et Affe (singe), ils font Klammeraffe...Bon....C'est un peu confus à mes yeux... Queue de singe, j'aurais mieux compris... comme les Hollandais :
apestaart, qu'ils disent !

 

Joli bestiaire, je trouve. Mais le vrai REGALAGE vient d'ailleurs, à nous mettre l'eau à la bouche !

 

Je lis (en anglais dans le texte, vous admirerez l'effort!!) : "In Hebrew, the "at sign" - @ - is called a shtrudel שטרודל."

 

De Shtrudel à Strudel il n'y a qu'un souffle d'air, une pincée de levure : on imagine donc que le   @ en Israël porte le nom de cette délicieuse pâtisserie...

Ce qui n'est pas sans rappeler le
"petit pain à la cannelle" (kanelbullar) en Suède.
arobas.gif
Autant vous avouer que ce dernier m'enchante, me ravit, me donne des envies irrépressibles !
Et si on faisait une motion, si on demandait à la Haute Commission de la Langue de Molière*** de s'inspirer du modèle suédois ?
  Moi, j'aimerais bien que notre a-niché s'appelle "pain aux raisins"...
Signé :
signature.gif

*** La Commission générale de terminologie et de néologie de la Délégation générale à la langue française a d'ailleurs décrété en décembre 2002 que @ devait se prononcer arrobe. A la rigueur, on peut utiliser le terme arobase, mais à l'écrit uniquement.
La chose, du reste, est hermaphrodite, sachez-le !!! UNE ou UN, à vous de choisir !!!

Des sources, j'en eus plein ! mais la principale est : http://www.arobase.org/culture/arobase.htm
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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 16:25

Lecteurs chéris, j'ai mis le temps !

Je ne sais pas quand, mais sans doute tout au début, j'ai dû rater une marche.

Le début d'un article, ou les premières minutes d'une émission... je ne sais, mais en tout cas, cela faisait des semaines que je ramais dans une néant etymologique qui ne m'empêchait pas de vivre, certes, mais qui me chatouillait quand-même un peu.

 

On n'entend que ça, ce mot, que je trouvais complètement décalé dans le sujet : les FADETTES.

 

Pour moi, de façon simpliste, la fadette est par essence  "petite".

Et mignonnette. Une petite fée sauvageonne, menue et combative, un feu-follet plus joli qu'il n'y paraît. Et douce, et aimante.

Pas fada du tout, surtout pas !

Pas triste et mélancolique comme un fado...

Et ne soufflant point de fadaises à tous vents...

 

Donc, cette sombre histoire de relevés téléphoniques illégalement révélés... Pff... chaque fois que j'entendais cela, je me promettais d'aller chercher dans le dictionnaire la définition et l'étymologie de ces soi-disant fadettes...

Je vous l'ai dit, j'avais manqué le début... ;-))

 

Cet aprem, donc, sans élève qui hante mon horizon cédéitique, je me rends ENFIN sur min précieux Trésor (de la langue) pour résoudre définitivement cette énigme qui m'agace de loin en loin.

Résultat affiché : aucun

Koikoikoi ?

Un mot apparenté, fadet, qui donne au féminin fadette... d'accord, mais c'est toujours ce monde de lutins, de farfadets, de petites fées farceuses... rien que me parle d'une facture détaillée.

 

Attendez, attendez.... J'ai lu quoi, là ?

FACTURE DETAILLEE ?

FActure DETaillée ?

FA...DET...tes...

C'est bien ce que je crois ?

Vous comprenez comme moi, Lecteurs indulgents ?

Reste à savoir QUI a inventé cet argotique terme... que je croyais être un vieux mot oublié et ressorti de derrière les fagots !! A creuser...

Du neuf avec du vieux, je me disais ! Fadette, ça sonne français d'il y a longtemps, non ?

Je pensais à un truc du style "cela n'est pas dans mon rôlet" !

Ben non ! C'est de la copie ! Pas de l'authentique !

Un nouveau-né avec une tête d'ancêtre !!!

 

Vous le saviez déjà, sans doute, vous... ???

 

Bons élèves, bien attentifs ... ou plus malins que votre Gazetière!!!

 

Comme diraient les Grillons... "ça va Maman ? (Elle est gentille....)" ;-))

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:06

Lecteurs amoureux des mots (et pour les autres, ben, faites comme si!) réjouissez-vous car ce soir, je viens poser à l'étal de la Petite Brocante des Mots un substantif qui a la bonne idée de posséder DEUX acceptions différentes en français et en allemand... et deux acceptions parfaitement bienvenues*** dans les temps où j'écris...

En effet, le Mot du Jour trouve parfaitement bien sa place dans mes(pré)occupations actuelles...tournées vers le printemps (vivement les bourgeons et les fleurs!)

Croyez-moi : le CHARIVARI coule de source pour la prochaine saison.

 

Consultons avec délice le Trésor de la Langue française et le Forum des Babéliens...

 

Le charivari, vous connaissez tous : c'est le bazar qu'on fait sous les fenêtres des nouveaux époux...

"Les habitants se rassemblaient devant la maison des mariés, qu'ils conspuaient en donnant un concert cacophonique, à grand renfort de casseroles, de sifflets, de trompes etc...
Des huées aux jeux de mains, il n'y avait qu'un pas, qui fut souvent franchi, à tel point que cette coutume, à l'origine de violents incidents, fut condamnée par les conciles et les synodes au XIVe siècle. " (FB)

 

Mais savez-vous pourquoi les malheureux ont droit à ce boucan d'enfer la nuit de leurs noces ?

Eh bien parce que les célibataires du coin viennent protester car ils se sentent lésés... ben si ! Car c'est dans les cas de mariages "désapprouvés" qu'on charivarite à tour de bras (et de casseroles).

Et qu'est-ce qu'un mariage "mal venu" ? Un mariage qui défavorise les célibataires du lieu car il CASSE LE MARCHE !!!

Le charivari donc était... "Réservé : au remariage d'une veuve avec un célibataire ; au mariage d'un vieil homme avec une jeune fille ou d'un jeune garçon avec une femme plus âgée que lui.
Ces mariages sont punissables, car ils concurrencent les jeunes célibataires des deux sexes. Ce sont donc les garçons à marier qui mènent le charivari."

 

Voici donc nos malheureux veufs qui n'auront pas droit à une veuve pour se recaser, nos jeunes gens qui voient une jeune fille leur préférer un vioque et nos hommes mûrs délaissés par les cougars... de quoi prendre les armes de fer blanc, en effet !

 

La partie franco-étymologique" de cet article vous aura éclairés, j'espère... nous passons par conséquent à présent au paragraphe germanophone ! Tralala-iiiiitou ! Le charivari qui me plaît !!!

 

Ein Charivari, was ist das ?

 

Quelque chose qui peut faire un peu de bruit, certes... mais rien à voir avec une aubade irrespectueuse ! Un charivari à la teutonne, ça a tout pour me plaire, figurez-vous ! C'est une pièce ornementale du costume bavarois ou autrichien.

Entre la ceinture et le bijou.... Une chaîne, portée à l'origine par les hommes, chasseurs en culotte de peau. Et adopté par les femmes, jamais en retard d'un colifichet à arborer !

Imaginez donc une chaîne argentée, façon chaîne de montre, portée à la taille sur le devant (ou pour les dames, si elles préfèrent, sur le devant du corsage) à laquelle on accroche différents trophées de chasse et autres porte-bonheurs... Pièces, médailles de saint, dents de loup, patte de chamois, pompon de soie de sanglier... Tout ce qui vous plaît, vous chante, vous emballe... Une collection de gri-gris et symboles comme j'adoooooore  et qui n'est pas sans rappeler mon fameux et tintinnabulant bâton de sorcière (qui ne le connaît pas, ici ?)

Pour vous faire une idée, voici quelques modèles de charivari pour messieurs...

Charivari_8080.jpg

Chari-Dalfino-Schwiegerpapa.JPG

Chari-Jilek.JPG

Et d'autres pour les dames....

Damen-Chari-6_neu.JPG

 

Kleines-Miedergeschnuer-Muenzen-3.JPG

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EVIDEMMENT, ce truc me botte et évidemment, ma Dirndl en a besoin !

Comment ferais-je sans ce bazar cliquetant ?

 

Alors...devinez ce que je vais faire ? Eh bien, je vais m'y mettre ! A la fabrication d'un charivari unique, avec tout ce que j'aime, tout ce qui aura signification et valeur pour moi ! Un charivari franco-germano-tzigane... Si ça vous tente, vous qui possédez aussi des Dirndl, on peut mettre en place un atelier charivari ! ;-))

 

 

 

***Non seulement parce que c'est la période des soldes et autres rabais : deux pour le prix d'un, ça colle au marché ! Ni même parce que la prochaine fête qui nous pend au nez, ce sera le Carnaval et ses défilés cacophoniques...

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 19:16

Eh bien, oui, Lecteurs Chéris, tel monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, je parle allemand....et je ne l'ignore plus !

Bon, pas du hochdeutsch (cela s'écrit-il ainsi?), je parle en réalité ma belle langue française... mais avec des mots venus des terres teutonnes...et cela, je viens à peine de l'apprendre.

Une crise d'étymologie, et hop ! je connais à présent l'origine de certains termes que j'emploie pour parler de mes petits loulous, mes Zaffreux, mes pré-ados aussi pénibles qu'attachants.

 

Espèces de chenapans... ça sonne français, ça, pourtant ? Eh bien que nenni ! recherches faites, cela viendrait de Schnapphahn « voleur de grand chemin » (dep. 1494); composé d'une forme du verbe schnappen « attraper » et de Hahn au sens propre  « coq » (allusion au vagabond faisant main basse sur la volaille du paysan). Des voleurs de poules, quoi !

Et c'est un mot que les soldats français ont piqué à leurs adversaires (comme butin de guerre?). un ancien texte nous explique : "On appelle ainsi dans les Armées d'Allemagne, du côté de la Lorraine, des Payïsans retiréz dans les bois, lesquels volent les passans".

Voici que je cause comme la soldatesque, vindieu !

 

Et quand je les traite de loustics.... je continue dans la même veine, figurez-vous !

Pour les germanophones, c'est facile à reconnaître : il y a peu entre "loustic" et "lustig" qui signifie joyeux. Mais par quel chemin ce mot sympathique est-il arrivé jusqu'à nous ? Eh bien, une fois encore, par l'armée !

D'après le CNRTL : 1759 loustig «bouffon attaché aux régiments suisses» (...) introduit en France par les régiments suisses de l'ancienne monarchie française, où le loustic désignait le bouffon du régiment chargé de distraire et d'égayer les soldats menacés du mal du pays.

J'apprends avec bonheur qu'on disait aussi "bouffon de caserne".... celui-là me botte, Herr General !

 

Et voilà, comme je vous le disais, j'ai appris aujourd'hui que le vocabulaire militaire franchissait allègrement les colonnes ennemies, comme quoi, les mots, eux, ne connaissent  finalement pas de frontières...

Trinquons en leur honneur !

Trinquer...comme trinken*** ?

Eh oui, encore un truc que les soldats partagent !

 

*** "boire", de l'autre côté du Rhin !

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 12:06
(pour la réunion de 17h à 20h) "Vous êtes priés de choisir votre groupe de travail" :

G1 - LPC
G2 - ODP
G3 - DD
G4 - CESC
G5 - PPRE  / PAI / AP
 
Cela vous fait envie, n’est-ce pas, lecteurs chéris ?
Nous aussi, je vous rassure. Au moment où je me gausse (toute seule) de voir tous ces sigles dont l'Ed Nat est friande, paraît justement dans le Café pédagogique (saine lecture pro quotidienne) un éditorial qui reprend ce phénomène de camouflage du langage pas si anodin...
"Les mots ne sont pas interchangeables. Ils ne sont pas de vagues étiquettes qu’on pose sur les choses. Ils sont les outils grâce auxquels on agit, on invente, on pense. Exemples : « quand on multiplie les sigles, on pratique la guérilla sémantique pour que plus personne ne puisse s’y retrouver. On contribue à l’obscurcissement de la politique éducative » a dit Luc Cédelle, journaliste au Monde. « A force de changer les mots, plus personne ne se comprend, ne se reconnaît », a complété une coordo ZEP. Pardon, une secrétaire exécutive de réseau.

Un grand auteur écrivit il y a quelques décennies des phrases prémonitoires : « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. (...)

En tout cas, prenons soin de nos mots (...) Et enseignons les finesses de l’histoire du vocabulaire à nos élèves. Personne d’autre que nous ne le fera."
Chuis ben d'accord !
Avec du boulot, on pourrait peut-être entendre nos élèves exprimer leur opinion ou leurs émotions autrement que par " C'est boooon" ou "Ouais, genre..." (celui-là, je l'adore).
Quant aux groupes de travail, on oublie, c'était mardi dernier : je ne déplie pas ici ces acronymes prétentieux :-)
Mais revenons à nos moutons, comme dirait le juge de Maître Pathelin.
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Ici, à la Gazette, on défend les MOTS. Les mots en danger d'extinction.
Et le mot du jour, c'est COMPENDIEUSEMENT.
Il a bien failli m'échapper celui-là !
Et si je l'avais rencontré plus tôt, je vous aurais sans doute épargné bien des lignes de cet article...
Compendieusement, cela signifie "En résumant l'ensemble; en abrégé, mais sans rien omettre d'essentiel".
En bref, quoi.
Le condensé de résumé d'abstract : un de mes coeurs de métier.
Je crois que c'est le moment de mettre le point final (qui vient à point, non?)
.
* SPM : Société protectrice des Mots (vous vous souvenez ?) 
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:25

Ben oui, Lecteurs chéris, c’est reparti ! Finies les vacances : voici un mois tout neuf qui commence.

Mars… Que vous évoque de nom ? De mon côté, beaucoup de bonnes choses….

Mars, le mois du Printemps : ouf ! Même si la météo ne s’en rend pas compte, tant pis, la bataille est d’ores et déjà gagnée pour les beaux jours : l’hiver peut bientôt aller se rhabiller (chaudement), et nous, bientôt, on pourra enlever une à une nos pelures d’oignon…. Youpi !

Je parle de bataille, évidemment, car Mars, dieu de la guerre, a donné son nom à ce mois mi-hiver, mi-printemps. Mais pourquoi, demanderez-vous, Lecteurs curieux ?

 

Recherches faites, c’est l’histoire d’un mec…à la réalité incertaine…Romulus, qui, voulant donner à son peuple un calendrier nouveau, divisa l’année en dix mois de trente jours, et consacra le premier de ces mois au dieu Mars. Cette année de dix mois n’était ni solaire, ni lunaire : on l’appellait l’année martiale. Elle était très compliquée, puisqu’il fallait ajouter ci-et-là des jours pour coller au mouvement des astres. Concept original, ils arrêtaient carrément de compter les jours en plein hiver et le calendrier ne « repartait » qu’aux calendes de mars (1ere lune de printemps) ! On lançait la nouvelle année avec une décade festive : 10 jours consacrés au dieu Mars. Cela avait de bons côtés, mais ce n’était pas simple… Aussi cette année martiale fut-elle réformée aux environs de 700 av JC, par un autre Romain au pouvoir, qui ajouta de façon définitive janvier et février pour avoir un compte juste. Mais comme on a gardé les mêmes noms de mois, septembre, octobre, novembre et décembre s’appellent encore étymologiquement si ce n’est logiquement, « septième », « huitième »…etc.

Mais Mars, c’est aussi le mois de la bière, non seulement parce que c’est la St Patrick et que ces chers Irlandais fêtent leur St patron en buvant quelques litres de Guiness…mais aussi parce qu’entre le 1er et le 31 mars, on peut se régaler de la Bière de Mars, faite avec une variété d’orge semé au printemps et récolté en été. C’est le moment d’aller au comptoir, Lecteurs amateurs de cervoise ! La Bière de mars est ambrée, douce et peu alcoolisée… Hmhmhmh !

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Et puisque de toute façon je salive déjà, je n’ai aucun mal à aborder la 3ème idée savoureuse évoquée par notre mot du jour : LE MARS, le seul, le vrai, l’unique. Qui tient son nom, tout simplement, de son inventeur : Franck C. Mars.

Je résume à vitesse grand V. Le jeune Franck, frappé par la polio, ne va pas à l’école mais occupe ses longues journées à aider sa mère à la cuisine. Lui vient le goût des sucreries. Il monte en 1902, à moins de 20 ans, sa première confiserie à Minneapolis. Flop. Il recommence. Re-flop. L’homme est un battant : c’est à sa quatrième tentative d’entreprise, après des remous familiaux plus que pénibles, que le succès arrive enfin avec « l'invention d'une crème à base de lait, de nougat, de caramel et de chocolat rencontre la faveur des gourmands. Les ventes de Mar-O-Bar Co, nom de son entreprise, décollent. » Son fils Forrest, qui étudie la finance et le marketing (je ne sais pas comment on nommait cela en 1928) à Yale, lui conseille de vendre une confiserie chocolatée en portions individuelles « comme des cigarettes ». C’est une barre de nougat recouverte d'une couche de caramel puis de chocolat …aussi « savoureuse qu’un milk-shake…et qui s’appelle… Milky Way ! Le succès est total, si bien qu’en 1929, malgré la crise économique qu’on sait, ils ouvrent une usine à Chicago. Deux « petites sœurs » de Milky Way vont voir le jour : Snickers et 3 Musketeers. Trois Mousquetaires ? On ne connaît pas ! Eh bien justement, si ! Chez nous, c’est précisément le fameux MARS !!! Bon, en réalité, c’est un peu plus subtil que ça : il y a eu des changements dans la recette, pour plaire aux Anglais… Oui, oui, c’est une vraie saga cette affaire-là ! A lire, pour les plus intéressés, directement en cliquant ci-dessous sur cette bonne barre à se damner :

 

31215222mars-jpg.jpg Que MARS soit bon pour vous, Lecteurs de mon Coeur !!!

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