Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 12:02

L'ex-Martiniquais (skipper, antiquaire, trader, brother... vous l'aurez reconnu)  nous parlait l'autre soir de "liénage", mot créole inventé pour signifier une union puissante, plus proche du pacte que de l'aliénation, je vous rassure.
A la Gazette, on les trouve savoureux, ces mots imagés, et on se délecte de tout ce qui est cuisiné à la sauce étymologique.
On vote des deux mains pour un enrichissement permanent de la langue, par inventivité, emprunts, éclosions inattendues...mais on désire également sauvegarder de l'oubli tout un tas de curiosités pas si poussiéreuses qu'on pourrait le croire. C'est ça, une langue vivante : du passé, du présent, des germes d'avenir.
Mais...justement, quelle différence entre une langue, un patois, un dialecte ...? Le savez-vous, lecteurs curieux ?
Pas vraiment, et ça vous empêche de dormir la nuit sur vos deux oreilles, je m'en doute !
Alors, réjouissez-vous, la Gazette va faire mieux que les décoctions, infusions, incantations, amulettes et autres médecines destinées à vous faire ronfler du sommeil du juste ! Elle va éclaircir en deux temps trois mouvements le cruel dilemne qui vous hantait. TOUT, vous allez tout comprendre de ce sujet palpitant.
Du point de vue strictement linguistique, il n'y en a pas (de différence, évidemment. car un point de vue, il y en a bien un. Ctte phrase est totalement bancale, appelant 5 lignes d'explications, je le vois bien, mais tant pis, elle est née ainsi et je la garde telle, amputée de logique in utero, je l'aime quand même!).
Revenons à nos moutons. Langue, patois, dialecte...
C'est plutôt un. problème géographique et politique.
Disons que...
Une langue parlée dans un territoire restreint est un patois.
Plusieurs patois proches les uns des autres forment un dialecte.
Quant à la langue, c'est un dialecte "qui a réussi" puisqu'il est devenu le langage officiel d'un Etat.

Retour il y a quelques siècles dans le beau Royaume de France... On connaît la frontière langue d'Oc, langue d'Oïl.

Afficher l'image en taille réellePourquoi celle "d'en haut" s'enrichit-elle de multiples apports et prend-elle le dessus ? Tout simplement parce que le Roi, à présent sédentarisé (eh oui ! finie la bohême médiévale), vit en Île de France et en Orléannais. C'est donc que le Sire parlant ainsi,  il est de bon ton de causer comme lui ! Le "françois" n'a pas besoin d'attendre une ordonnance royale pour s'imposer naturellement comme langue prestigieuse. 1539,  il devient langue administrative, et tout ce que le pays compte de "gens bien" le parlent naturellement. Bon. C'est l'élite, hein ! Parce qu'à la Révolution, une enquête (il semblerait que la mode de l'enquête soit née en cette époque bouillonnante)  révèle que 80% de la population le comprend plus ou moins mais ne le parle pas du tout ! Le français porte des noms amusants : la "langue du pain" pour les Corses, celle du "dimanche" pour les Savoyards...
Afficher l'image en taille réelleEncore un siècle...1882 : Jules ferry et son école obligatoire vont mettre du plomb dans l'aile des dialectes. Les enfants qui s'oublient à parler patois au lieu du français s'en souviendront longtemps (et leurs doigts, et leurs fesses, et leurs oreilles...)...
Le dressage linguistique est ...comme la pédagogie de l'époque, dira-t-on sans insister plus avant ! Les hussards noirs de la République n'étaient pas tous des tendres, je le reconnais...(ici, merci d'agréer un mea culpa corporatiste).

Afficher l'image en taille réellePourtant, ce qui a fait réellement et définitivement progresser le français, ce qui en a fait la langue que tous nos compatriotes parlent désormais, c'est...la terrible Grande Guerre. Eh oui... Tous unis autour du drapeau, et surtout dans l'enfer des tranchées, du sud comme du nord, de l'ouest ou de l'est, il a bien fallu communiquer pour se serrer les coudes. Tout naturellement, la langue française a servi de dénominateur commun. La bascule s'est faite là, et peu à peu a gagné tout le pays. Au fil du 20e siècle, le bilinguisme disparaît progressivement, en dépit d'actions volontaristes locales pour le préserver voire l'imposer. On ne citera pas ici les îlots bien connus de résistance :-)

Tout cela, le français, les langues régionales, les accents qu'il faut avoir ou pas... est le fruit de bien des traumatismes, me direz-vous... Un vrai accouchement dans la douleur.
C'est vrai, la naissance d'une langue nationale, tout comme celle d'une nation,  n'est pas un long fleuve tranquille...


Repost 0
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 20:07

Bon, lecteurs vénérés, je suis en vacances et je décompense d'un coup, je vous l'avoue, et avec délectation. Jeu de mots à deux euros, peut-être, mais ça fait du bien.

La Pastille
, donc, ma tite Zaza pour les intimes.
En juillet, elle trinquait un brin au contrôle technique et ressortait de la contre-visite avec une apostille aussi  longue qu'un jour sans pain.
J'ai plié et rangé cet encombrant billet... mais bizarrement, rien ne s'est arrangé, et Zaza est malade, a dit mon garagiste. Il lui faut des tas de greffes, plus des semelles neuves, et vite fait ! Non remboursées par la MGEN, dommage.
Mais je m'égare... Pourquoi vous parlais-je de la Pastille?
A cause des apostilles, voilà !
J'ai fouillé dans ma petite brocante et j'ai soufflé dessus pour dépoussiérer ce joli mot.  Apostiller, c'est ajouter une annotation, une remarque, une recommandation...

Toutes ces choses écrites en rouge (souvent, mais jamais par l'Angel 2) sur les copies des élèves, ou, très fréquemment chez votre Gazetière, sur des petits papiers-papillons... vous savez bien...On les appelle du nom d'une marque... ben, oui, les post-it ! Mais aujourd'hui, j'ai envie de dire apostille, apostille désuette et délicate comme de la dentelle.

Mes apostilles (dans des temps lointains, on disait juste postilles, figurez-vous) sont nécessaires à mon environnement, ce sont les indispensables orthèses de ma mémoire à bulles.
Tâches, noms, mesures,  références, titres, numéros... Celles-ci sont regardées presque comme de mauvaises herbes. Surtout celles, au CDI,  où je note le nom des "indésirables"... ( y en a !! j'ai les noms!!!)
Mais il y a surtout les apostilles-plaisir.
Jolie phrase d'un livre, jolie parole d'un élève. Titre d'une chanson entendue dans la voiture et vite notée en arrivant. Mots. Oui, mots perdus et trouvés, mots orphelins à adopter. Et aussi, idées. Yes, j'adore mes apostilles-idées. Une idée, c'est très fugace et ça arrive par surprise... Il faut donc un filet  pour la capturer instantanément : l'apostille ! J'oublie mes idées, très vite, et puis hop ! Je les retrouve sur un de ces petits papillons posés partout autour de moi : au bord de mon écran, sur le mur, sur l'imprimante, sur la porte... Et là, chance, mes idées eues-et-oubliées me replaisent !!! :-)) Autant dire, n'est-ce-pas lecteurs fidèles, que j'ai à ma manière, de la suite dans les idées... ;-)
Et puis, enfin, il y a les apostilles-invitations. Celles que l'on pose sur les livres. Qui doivent, en 7 ou 8 petits mots judicieusement choisis, attirer la proie et l'aider à tomber dans le piège de la lecture... Un vrai challenge, croyez-moi.
Mais ça, abonnés très chers,  ça.... Apostiller subtilement pour cette juste cause, c'est du régalage pur, AOC, Label Rouge et tutti quanti pour la Doc Toc-Toc !!!


Reçevez AOL Mail sur votre téléphone.Vos e-mails accessibles à tout moment! Créez un e-mail gratuit aujourd’hui.
Repost 0
10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 18:34
Monakhos

Rien à voir avec Stéphanie ou son rocher, ni même avec une rafraichissante boisson.
En Grec, cela signifie seul, et plus exactement, célibataire, au sens STRICT, lecteurs adorés. Chaste et continent, si vous préférez.
Monakhos, monachisme, moniale et moine. Seul ou accompagné?

Ne nous mélangeons pas les pinceaux : il existe de multiples façons d'être un moine, selon l'époque, selon, la religion, selon les règles qu'on choisit.

L'ascète, par exemple, vit retiré mais au coeur de la cité, ou en périphérie, dans une cabane ou très près d'une église : il sort pour assister aux offices.
L'anachorète (« celui qui se tient à l'écart ») comme son nom l'indique, a fait le choix de l'isolement dans un lieu désert. Mais il appartient néanmoins à une sorte de colonie, un ordre informel sans règle réelle, un "regroupement éclaté" de cellules monacales dispersées. Ce qui le différencie subtilement de l'ermite (du grec érêmos, désert), qui lui vit solitaire, sans lien avec aucune communauté. Quoique. L'ermite peut parfois vivre avec un autre ermite, nos recherches tendent à le prouver. C'est compliqué, tout ça, hein, mes lecteurs adorés ?
Sans compter que parfois, l'anachorète, à force d'isolement,  doit finir par devenir un vrai ermite (type même de la question existentielle qui peut empêcher de dormir...).  Et je me demande si  Jean le Baptiste n'était pas de cette race-là... Mais c'est juste une interrogation personnelle qui demande à être creusée.

Au chapitre des cas remarquables, comment ne pas citer Siméon le Stylite, qui impressionne votre Gazetière depuis son plus jeune âge (bien que je sois incapable de dire qui m'a parlé de lui pour la première fois, je vous garantis que je n'ai jamais oublié les exploits ahurissants de ce Saint qui devrait être le Patron des Acrobates) ! D'un caractère (à peine) excessif et exalté ( un 4, peut-être?), il quitta sa communauté qui "se permettait" un repas par semaine (on voit qu'il n'a jamais voyagé avec Angel 3!), pour aller vivre debout ou à genoux, mangeant tous les 40 jours seulement, sur une colonne. Renseignements pris, la colonne qu'il érigea pour y vivre durant 37 ans, au milieu du désert (et sans jamais en tomber !!!) mesurait environ 17 mètres de haut avec un diamètre de 50 centimètres... Difficile de choisir entre les termes exploit et miracle !!! Notons tout de même pour leur faire justice qu'il avait des "copains" qui avaient adopté le même style (!) de vie haut-perchée. Tandis que d'autres s'enterrèrent, se murèrent... que sais-je encore ? Tout était bon pour frapper les esprits au nom du Seigneur !

Les premiers temps, la vie "monacale" fut donc érémitique. Puis, peu à peu et notamment sur l'impulsion de St Benoît au Moyen Age, les ermites laissèrent la place aux cénobites, retirés, mais ensemble et selon une règle stricte. Les monastères virent le jour, sortes d'ermitages collectifs.


Oui, mais, et l'Angel 3, alors, elle vient faire quoi dans l'histoire ? me demanderez-vous.
Eh bien, mais elle est à l'isolement, qui l'ignore ?
Est-ce une cénobite, une anachorète ou  une ermite,
cette semaine ?

J'ai cherché, j'ai cherché, lecteurs interrogatifs!

J'ai d'abord éliminé tout ce qui me semblait ne pas correspondre à sa retraite actuelle. L'ascèse rigoureuse, par exemple. Malgré l'histoire des soit-disant 10 kilos en moins prévus pour dimanche prochain (dixit Pat), je reste sceptique.
M'étonnerait qu'elle se réclame de la règle de St Chariton, par exemple :  jeûne et abstinence perpétuels ; un seul repas par jour fait de pain, d'eau et de sel ; silence ; offices liturgiques de jour et de nuit.
Ni celle de St Macaire le Grand : un carême entier dans un jeûne absolu, et le reste du temps,  un repas par semaine, avec quelques crudités. (en principe, l'Angel 3 sacrifie volontairement les crudités !!!)
On sait qu'elle ne suit pas non plus la règle de St Bruno (;-) )...
Pas de règle convaincante... J'ai donc continué à chercher....

Et j'ai trouvé quelque branche érémitique à laquelle on pourrait raccrocher notre Donaldvillienne exilée MAIS accompagnée de son chaperon !
Il faut aller débroussailler et tailler dans les multiples rameaux pour dénicher la possible réponse. C'est celui de l'Eglise orientale, précisément la branche Eglise russe. Tout le monde suit ? On n'a perdu perdu aucun grimpeur en route, c'est bon ?
Dans l'Eglise russe, donc, certains fidèles choisissent une vie retirée, momentanément...et aussi longtemps qu'ils le désirent. Mais ils demeurent au service de la communauté : ce n'est pas pour eux seuls qu'ils se retirent, mais pour l'humanité entière. La porte de leur ermitage reste donc ouverte à ceux qui en ont besoin. On appelle ces ermites des poutsnikki . Quand le poutsinik revient à la vie civile, il est fêté et reçu avec attention, car il fait part aux autres des fruits de sa rencontre avec Dieu durant son séjour dans sa poutsina !
M'est avis, lecteurs bien-aimés, que notre retraitante est de cet acabit, qu'en pensez-vous ???

Aux dernières nouvelles, il nous reste donc 5 jours pour espérer le retour de notre putsinikette et pour préparer nos esprits avides d'édification à la Révélation de la Thèse ( ENFIN !!! LE fameux Fruit du séjour érémitique, une nouvelle Règle, qui sait???!!! ) ...


Sources (y en a):

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_monachisme_chretien_en_orient.asp

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ermite

http://www.insecula.com/oeuvre/O0010890.html



Repost 0
13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 18:30
Il y a quelques jours, la Gazette a publié un petit article pour remettre les pendules à l'heure.
Où nous apprîmes, par le biais du courrier des lecteurs, que St Michel de la Bonne Bouche vivait à l'heure du Moyen Âge.
Et où un autre lecteur demanda quelque précision quant à l'expression "midi pétante", mettant ainsi ainsi le feu aux poudres et lançant une enquête étymologique digne des Experts.

A l'heure qu'il est, lecteurs très bien chéris, plusieurs hypothèses sont posées, mais aucune certitude n'occupe le devant de la scène.
Je vous livre donc ici un produit intermédiaire, non-fini, un compte-rendu de recherches non encore abouties... Je ne garantis rien, rien de rien à propos de la véracité des réponses !
Mais aurai-je un jour LA solution ?
Finalement, peu importe la destination, ce qui compte, c'est le voyage, dit-on.
Vous verrez qu'on apprend des petites choses amusantes au fur et à mesure qu'on découvre de possibles explications : réjouissons-nous donc d'avoir plusieurs pistes à suivre avant que d'arriver au terme du périple !

Hypothétymologie n°1 :

Il paraît (jamais je n'y fus...) qu'en fin de matinée, en déambulant dans les ruelles du Vieux Nice, on peut entendre une lointaine explosion. Il s’agit du canon de Sir Thomas Coventry. Cette coutume niçoise de "tirer le canon de midi" est d'origine écossaise. Depuis des siècles, dans la ville d'Edimbourg, capitale de l'Ecosse, on tire un coup de canon tous les jours à 13 heures  sur les remparts de la cité.

En 1862, un Brittanique en hivernage à Nice, Sir Thomas Coventry, décida d'introduire cette coutume dans la ville qu'il appréciait beaucoup. La Petite Histoire raconte que ce colonel en retraite déplorait que son épouse fût distraite et très bavarde, l'empêchant ainsi de se mettre à table à l’heure. Le gentleman anglais demanda donc à la municipalité de tirer chaque jour à midi un coup de canon, pour rappeler à sa bien-aimée l’heure du repas (comme là-bas, dis!).

Les édiles locaux n'approuvèrent point.

Sir Coventry insista.

Il se chargea des frais et offrit un petit canon qui fut installé sur la terrasse inférieure du Château Un artificier tirait un coup de canon à l'heure dite. Cela dura quelques froides saisons, tant que Sir Coventry resta à Nice, puis on cessa de tirer le canon.

Mais au fil des ans, la population se plaignit de l'incohérence de l'heure marquée par les diverses horloges publiques de la ville (comme quoi, l'Horloge du Palais...).On finit par remettre en vigueur l'usage du canon, puisqu'on en avait un. En 1886, on remplaça le petit canon par une bombe d'artifice.

La coutume se perpétua et de nos jours encore, le son du "canon" rappelle aux niçois qu’il est l’heure de se mettre à table à midi... pétante.


La Rédaction en appelle aux habitants du Sud et aux heureux touristes : avez-vous déjà entendu ce famous scottish canon de midi pétante ??? Vous corroborez son existence?


Hypothétymologie n°2 :

Il s'agit du canon de midi, inventé à la fin du 18e siècle par un ingénieur en instruments mathématiques. Grosso modo, il y avait une loupe, qui concentrait la lumière solaire pour qu'à midi pile, l'astre étant au zénith, le feu soit mis à la poudre : et boum! le coup partait !!!
L'on en installa un dans les jardins du Palais Royal à Paris (pour remplacer l'Horloge du Palais ???) réputé servir à chacun pour régler son propre midi...etc. Peu ou prou la même histoire, encore, toujours. D'aucuns affirment que "midi pétante" viendrait de là.
Quid des jours sans lumière ? Pas de soleil, pas de canon, pas de canon, pas de pause méridienne, et vlan !

Lecteurs, je vous laisse choisir l'une ou l'autre de ces étymopothèses : pour moi, c'est sûr, j'opte pour le colonel affamé et nostalgique de son Edimburg tartanesque.

Mais, en guise de  cadeau, je vous fais partager une dernière petite découverte glanée durant ces fondamentales recherches : j'ai retrouvé l'un des ancêtres de notre réveille-matin !
Il s'agissait d'une bougie dans laquelle était fichée une petite tige métallique. Lorsque la cire fondait, le bout de fer tombait sur une coupelle tintinnabulante habilement disposée en dessous : CLING !
Ah c'est sûr, ça ne tintait pas durant 10 minutes, hein ! fallait du nerf, que diable !!!
Mais pour les ensommeillés invétérés, pour les pas-du-matin-mais-alors-pas-du-tout-ne-me-demandez-rien-avant-le-café, il y a avait la fonction bis, figurez-vous!!!
Ben voui, un peu en dessous, on avait incrusté une seconde tige !!! Encore quelques minutes de fonte et hop ! Bis repetita placent !
Trop bien, non ?
Repost 0
6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 18:20
DonaldVille Nord, début janvier 2009.

- Madame, c'est quand que ça sonne (cékankeçasonne) ?
- A l'heure, sans doute, mes petits Loulous. Regardez donc la pendule...
- Non mais, je veux dire, à cette heure-ci, ça sonne à moins 5 ou ça sonne à pile ?
- Ah ben, ça, mes chers petits, j'avoue que je ne sais pas exactement...


Il est vrai que selon les heures, la sonnerie musicale retentit à 50 (récré), 55 ou pile... Histoire de calibrer les"heures" de cours, disons plutôt les plages horaires qui n'ont d'heure que le nom, finalement. Je ne me suis jamais vraiment penchée sur le problème, j'ai juste appris que grâce aux récrés, c'est 9h50 et 15h50. Et ensuite, l'heure suivante, on va jusqu'à pile pile, histoire de compenser les 10 minutes (de fin de récré et de début d'heure, vous suivez?). Sinon, les aléas de la pendule du collège restent un mystère que je ne tente même pas d'élucider. Contrairement aux élèves.
- Qui le sait ?
Tout le monde ou presque, sauf que personne n'est d'accord. C'est une question qui génère un carillonnage allègre dans le CDI, chaque son de cloche se faisant entendre avec conviction.
- Piou piou piou... On débranche, les petits! Le CDI est un lieu de calme et de concentration, une cathédrale de silence, un havre de paix... (dans ce site rempli d'adolescents bruyants (pardonnez-moi ce pléonasme)).
Et le glockenspiel humain se tait... Pas pour longtemps, car en principe, si la question a surgi, c'est que la sonnerie n'était pas loin...
 Votre gazetière, qui adore les faux hasards et les vrais clins d'oeil, se dit qu'il faut absolument alimenter la Petite Brocante des Mots avec ce qu'elle vient tout juste d'apprendre : l'heure a sonné de façon claire ! L'heure de raconter un peu comment ça se passait il y a longtemps, loooooooooooongtemps... Bien avant les fuseaux horaires, les horloges atomiques et les satellites. Du temps que les moins de 600  ou 700 ans ne peuvent pas connaître.

Paris, 1350 et des miettes...
Les églises servent d'horloges pour scander les journées. Grande et noble tâche que celle des bedeaux chargés de sonner les cloches aux heures dites ! Noble, mais peu aisée : il fallait être doué et attentif pour savoir exactement quand tirer sur la corde. On imagine sans difficulté l'approximation...et surtout la cacophonie qui régnait dans la ville! Car chacun, finalement, sonnait midi à sa porte...et pas seulement midi. Un clocher donnait le la et les autres enchaînaient... De mémoire historique, ça sonnait de ci de là, à tout-va à et toute heure !
C'est la seconde moitié du 14e siècle, la fin du Moyen âge, donc. Les heures appartiennent toutes à l'Eglise : elle sont dites "canoniales" et durent ce qu'elles doivent, c'est à dire pas toutes pareil, notamment en fonction des prières et des saisons... ! L'Eglise, toute puissante, décrète quand travailler et quand s'arrêter.
Bref résumé (de moitié de cours, ou de mi-article): ça sonne à gauche et à droite, en décalé, de façon plus ou moins arbitraire...
Le roi de l'époque, Charles V, qui sent venir le début de la fin du Moyen Âge, bref, un roi bien dans son temps, décide de remettre les pendules à l'heure. Enfin, si on peut dire. Le sage souverain, passionné d'horloges, en fait installer partout chez lui : dans sa résidence de Vincennes, par exemple (eh oui, Bruno!), puis au Louvre, une horloge publique. Il est (pré)moderne, Charles le Sage, et il veut du rationnel, dans ce monde qui l'est encore peu... Historiquement, l'anecdote n'est pas si anecdotique (tac!), lecteurs adorés... Cette idée du temps règlementé et non religieux est sans doute le témoin d'une évolution notable de l'affirmation de l'Etat et des privilèges royaux.

Tic tac, tic tac... Le bon sire fait venir un savant horloger d'Allemagne (pas de Suisse, bizarrement ) afin de garantir une mécanique de pointe (comme les casques). Puis, il ordonne que les "cent clochers" de la ville se calent désormais sur cette horloge étatique (tac!). Tout sera réglé comme du papier à musique (qui n'existait pas à l'époque, pas plus que lesdits casques) !!! Sauf que. La mécanique a son caractère, et ses humeurs sporadiques (d'ac ?)... Voici donc que notre Grande Horloge du Palais sonne... quand elle veut !
 Les Parisiens ne sont pas dupes, les bedeaux déresponsabilisés non plus.... L'expression (légèrement tombée en désuétude de nos jours mais qui pourrait bien redevenir à la mode, car on a encore un Palais à Paris... où le roi et sa reine italienne savent donner le ton) naît alors sur les lèvres de nos ancêtres horodécalés : "C'est l'Horloge du Palais"...
Sous-entendu qu'elle fait ce qui lui plaît et que tout le monde doit la suivre sans protester !

Il est l'heure, chers lecteurs, de clore cet édifiant article : ding-dong !
Repost 0
30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 11:51
Allons, lecteurs de fin d'année, avant d'entamer un an tout neuf, régalons-nous quelques instants d'un brin d'étymologie comme on l'aime à la Gazette !
Evidemment, il fallu que la rédaction arrête son choix sur quelque terme : beaucoup d'idées lui venaient... En ces temps de Noël, l'on évoque évidemment beaucoup les malheureux, notamment à travers toutes sortes de contes et récits (plus ou moins traditionnels) : de la Petite marchande d'allumettes au Conte de Noël en passant par Oliver Twist voire par la vie de Coco Chanel (ben oui, imaginez-vous bien combien de filles ont regardé cette oeuvre pleine de chapeaux et fanfreluches, bien serrées sur le canapé de la Bottine???).
Quel est donc le point commun entre tous ces héros/héroïnes ?
Ils vivent misérablement dans des taudis en tous genres.
Taudis que nous nommons par exemple des galetas.
Mais d'où vient donc ce mot évocateur de froid, crasse, parasites... bref de pauvreté et d'inconfort suprêmes?
Figurez-vous que ce terme naquit pourtant dans les plus hauts milieux, mais malheureusement pour lui, il subit la déchéance lexicale la plus totale !!!
 
A l'origine, l'histoire commence bellement : Galathas est une tour de Contantinople!
Céty pas Byzance, ça ? Une TOUR, dressée vers le ciel, un bâtiment de prestige, fruit de l'ambition et du génie des hommes, une tour, quand-même! Et dans une telle ville, synomyme de richesse, d'abondance ! N'était-ce pas une naissance prometteuse ? D'ailleurs, il semblerait que tout le quartier ait pris, à l'époque, le nom du bâtiment glorieux...ou inversement, on ne le sait plus vraiment... Disons donc que c'est comme notre Tour Montparnasse, en plus brillant et plus exotique.
Au 13e siècle, les Templiers ont adopté le terme, puisqu'il désigne alors un appartement (qu'on imagine de belles prestations) dans leur Maison. Puis, un siècle plus tard, le galatas ou galetas désigne un appartement à la Cour des Comptes : se voir attribuer un tel refuge ne devait pas faire pleurer dans la chaumière... Le mot prend ses quartiers et en 1358, il sert à nommer une partie importante d'un grand château : on est chanceux, au 14e siècle, lorsqu'on loge dans un galetas !
Et pourtant, crise du logement, érosion des valeurs... Les galetas ne sont plus ce qu'ils étaient : à force d'en offrir aux nobliaux qui les quémandent, et faute de pouvoir repousser les murs des châteaux, il faut sans doute en diminuer la surface, et arriver à en caser partout ! L'ancêtre des HLM est né : on occupe le moindre mètre carré, notamment sous les toits (les pièces ayant à l'époque, de belles hauteurs sous plafond). Le 15e siècle passe...La récompense devient peu à peu une punition, et le mot si bien né boit la coupe jusqu'à la lie. Au 16e siècle, la chute est terminée : bien que désignant une chambre sous les combles, il semblerait que notre galetas ne puisse vraiment descendre plus bas...
Qui, lorsqu'il entend galetas, se rappelle la fière et antique tour se mirant dans les flots du Bosphore ? ...
Repost 0
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 15:10
Les occasions fleurissent toute l'année... mais encore plus en ce mois de décembre de "cracher au bassinet"... Certes, l'expression n'est point belle, je vous l'accorde... Au XVIe, on crachait au bassin...
Au XIXe, peut-être voulut-on minimiser ou adoucir vaguement la chose en diminuant ledit bassin pour en faire un un joli petit réceptacle. Bassinet... N'empêche. Il est toujours question de choses moches :-( ...
Logique, cependant. La locution indique bien que le geste est plutôt pénible qu'agréable. Il apparaît que l'occasion de donner ses sous (son argent, son trésor, son magot, son sang, ses entrailles, sa cassette!!!) est quelque peu forcée et soulève bien peu l'enthousiasme.
On crache (ou pas) au bassinet des impôts, d'EDF, de la sécu, du téléthon, des Restos du Coeur, des Artisans du Monde, des Scouts marins, du Noël de la SPA, de la restauration de la Galerie bordelaise...
Mais savez-vous, lecteurs adorés, à quel "bassin" primitif l'on pouvait bien cracher au Moyen Age?
Eh bien...mon cher Alain, cet article est pour toi : le bassin était
 le panier de la quête à la messe*** !


Je vois bien notre Chef de Quête alpaguer les fidèles
le dimanche matin à l'entrée de la Trinité :

"Dis-moi, tu veux bien faire cracher au bassinet et donner la communion ?"

Glurps !

Alleluia et vive l'Avent (d'hiver) ;-)

*** : lisez ci-après... On croit rêver quand on voit combien certains travaillent avec du matériel élaboré (un rêve de bedeau !!!) alors que chez nous, hein....


Note explicative : Plat, assiette ou bassin, souvent en métal, utilisé pour faire la quête.Il peut comporter au centre un petit support saillant pour maintenir un élément dont l'iconographie est en relation avec l'objet de la quête (âmes du purgatoire, etc.) ou un binet pour une bougie, et avoir des cloisons pour séparer le produit des différentes quêtes.
Repost 0
18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 10:53
On sait ce que signifie "faire les oreilles et la queue" à quelqu'un, douce transposition des joyeusetés de l'arène.
On sait aussi que "faire des pieds et des mains" pour ce qui nous tient à coeur, c'est se donner tous les moyens pour l'obtenir. Lequel d'entre mes lecteurs, lectorat d'élite s'il en est, ne connaît pas ce genre de volonté farouche et de dépassement de soi dans son désir de réussite ? Un audit noté 70, un CAP projectionniste, un article dans le Point... Je ne cite que les événements locaux récents, rien d'exhaustif,  chacun  retrouvera ses propres faits de bravoure. Et chacun saura mesurer aussi ce pour quoi il n'a pas eu le coeur de se battre.
Notre malheureux et banal "faire", mot à tout dire, mot à ne rien dire, a remplacé, sachez-le deux verbes un peu plus évocateurs qui portaient cette expression aux siècles derniers : abâtardissement du langage, sans doute...
On disait "y aller des pieds et des mains", image limpide d'une volonté de rajouter de la vitesse en employant non pas deux pattes mais quatre pour courir plus vite ! L'Homo erectus en perd un peu de dignité, mais pour quel résultat ! ;-)
J'aime bien la locution sous cette forme.
On disait également "travailler des pieds et des mains" : voilà qui ne déplairait pas à notre fameux "travailler plus pour gagner plus" !
Comme quoi les mots s'envolent mais les idées restent ;-)

Et maintenant, alors que mes gâteaux sont au four, précisément, des gâteaux à la cerise, je vous l'offre cette cerise sur le gâteau (3 fois "gâteau" en une ligne, c'est lourd, c'est lourd, l'indigestion nous guette...), journalistico-linguistique, celle-ci, mais non moins délicieuse (pour ceux que la langue régale, ça va de soi!).
En provençal et en saintongeais, je n'ose dire en occitan tout court, n'ayant pas creusé plus avant dans mes recherches étymologiques, il existait (existe encore même) une expression presque jumelle qui dit : "Faire les pieds et les mains".***
Je vous imagine, lecteurs bien-chéris, vous vous dites, oui, bon, on passe de l'article indéfini au défini, la belle affaire ! Un déterminant en vaut un autre, on n'est pas à ça près quand on y met le paquet pour réussir...
Eh bien là, non, tiens, voilà, je me  tortille d'aise sur mon gros fauteuil de Rédactrice en Chef de la gazette-pigiste-secrétaire de rédaction-commerciale-imprimeuse etc.
Du DES au LES, il y a un gouffre, figurez-vous ! Un gouffre sémantique où se laisseraient engloutir innocemment les ceusses qui n'auraient pas la chance de s'être enroulé la gazette comme une bouée autour de la taille !
Ben oui, voilà, faut le dire, la Gazette vous sauve, non seulement de l'ignorance mais surtout du terrible CONTRE SENS, horreur bien connue et redoutée de tous les (ex)amateurs de thèmes et versions latines ou grecques (et autres).

Faire les pieds et les mains, ça veut dire embellir un récit, le décorer de détails (pas forcément vrais...voire forcément pas vrais ! ) colorés et croustillants pour le rendre bien intéressant aux oreilles de son public. On n'est pas loin de la gasconnade... ;-)) "Il y a fait les pieds et les mains" : il n'a rien oublié, tout y est, quel beau témoignage !!!

Lecteurs vénérés, vous quittez cette lecture, je l'espère, un peu plus éclairés que vous n'y êtes entrés, tout comme moi, qui essaie de composer entre LES et DES pour rendre mes chroniquettes aussi solides en fond qu'agréables en forme.

NDLR : *** en aucun cas on n'évoque ici Camille Claudel qui, de notoriété publique, "faisait les pieds et les mains" pour Rodin. Là, c'est carrément une autre histoire....



Découvrez Zachary Richard!
Repost 0
8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 13:04
Que le grand Cric me croque !
J'ai appris ce matin que toutes les chèvres ne font pas du fromage ou des descentes de lit, mais que certaines, réduites à trois pauvres morceaux de bois, ne sont de fait qu'un nantikouti (pardon, je me prends pour une smsiste, je rectifie : un antique outil) ancêtre du cric, et donc, qu'accessoirement, quand on se donne la peine de les fabriquer, évidemment, elles servent, ces chèvres-là, par exemple (pris au hasard) à soulever un bloc de marbre de 400 kilos pour le retourner et le poser sur sa tranche (dans le cas où, atteint d'oursification avancée, on répugnerait à demander de l'aide à son gentil voisin).


De cette drôle de chèvre au bouc au menton, de la puce à l'oreille et du coq à l'âne, mon esprit littéro-journalistique, partit donc à la recherche de tous ces animaux inattendus qui peuplent notre langue variée.
ABBA chantait avec un enthousiasme jamais démenti, mon aspirateur faisait ce qu'il pouvait avec sa capacité pulmonaire d'ancien fumeur, le soleil inondait la Bottine et votre Gazetière, faisant fi de cette tendinite à la noix qui lui rappelle qu'un bras droit ça sert tout le temps, baguenaudait dans sa petite tête comme on fait en safari, à l'affût de l'animal exotique !

Lecteurs adorés, le zoo est vaste, et nous n'en ferons pas ici le tour, promis ! On sait que j'évite autant que se peut des chroniques-fleuves que personne ne lit ;-).
On se contentera d'une petite présentation, façon mini-parade de la ménagerie.
Vous ne verrez pas, parce que vous les connaissez déjà : la puce, la poule, le coq, le lapin, le chien...
Mais il y a en a tellement d'autres !



La chèvre, donc, selon le TLF (Trésor de la Langue française) :


 
II. TECHNOL. [P. anal. avec la forme de la tête de la chèvre, ou de son échine]
A. Appareil de levage constitué de deux montants assemblés en angle aigu, maintenus à l'inclinaison voulue par des haubans ou un troisième montant, au sommet duquel se trouve une poulie.

B. Chevalet à trois pieds.

Que diriez-vous du pigeon ?

TECHNOLOGIE
,,Petite pièce de bois, carton, métal (...) placée dans une rainure, sur les onglets, afin de fermer le jour qui se produit par retrait du bois``


Et le canard ? Vaste famille : un palmipède peut en cacher un autre !


On connaît le vieux mauvais journal...mais sait-on que le terme vient d'une autre signification ?

Fausse nouvelle souvent imaginée de toutes pièces et enflée jusqu'au mélodrame dans des journaux de seconde catégorie.


Mais c'est également une fausse-note, un instrument médical pour faire boire les malades allongés et...
TECHNOL. Pièce d'artifice qui se lance dans l'eau, plonge et en ressort.
Rem. Sens attesté ds
LITTRÉ, GUÉRIN 1892

Les journaleux connaissent l'ours (toutes les infos administratives relatives au journal, en pavé, quelque part sur chaque exemplaire), mais dans la cage de notre Ménagerie Fabuleuse, c'est un autre plantigrade que vous admirerez !

OEuvre littéraire, notamment, pièce de théâtre qui n'est pas publiée. La Vie moderne va, dans quelques jours, publier un vieil ours de moi (FLAUB., Corresp., 1879, p.309).

Et puis, un autre, un charmant petit âne :


1. TECHNOL. ,,Étau dont les ouvriers en marqueterie font usage pour assurer les bois ou les pierres quand ils se fendent. Outil sur lequel les tabletiers évident les dents de peigne.``


Un petit dernier : levez la tête, il est au-dessus du chapiteau, tout là-haut : un petit moineau !


DÉFENSE. Tourelle basse et crénelée, construite au milieu des fossés d'une fortification. L'hôtel de l'abbé de Saint-Maur, ayant le relief d'un château fort, une grosse tour, des mâchicoulis, des meurtrières, des moineaux de fer (HUGO, N.-D. Paris, 1832, p.150).


Fin de la visite, lecteurs bien-aimés, et à bientôt sous notre Grand Chapiteau !!!!!


Repost 0
1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 12:14
L'on débattait hier soir à la Bottine de certaines difficultés du français, grâce à un opuscule ramené dans les locaux de la Gazette par Vianne. La question vint sur le fameux "au temps pour moi" souvent écrit "autant pour moi", l'origine de la locution étant souvent inconnue de ceux qui l'emploient en faisant amende honorable.
La Rédaction connaissait l'orthographe la plus réglementaire mais s'embrouillait un peu sur son origine exacte. De fait, on hésite entre l'escrime et l'armée, le retour "au" premier "temps" de l'exercice signifiant de toute façon que c'était raté et qu'on recommence. "Pour moi"... puisque c'est ma faute.
Clair. On reprend et peut-être arrivera-t-on alors à battre l'adversaire à plates coutures...?
Justement, j'arrive avec aisance à mon propos du jour.
Lecteurs adorés, savez-vous d'où vient l'expression sus-citée?
D'il y a bieeeeen longtemps.
Du XVe siècle où les étoffes étaient de qualité, plus que robustes et épaisses !
  Imaginez ces belles draperies qui perdurent dans nos tissus d'ameublement. Vous imagniez l'épaisseur aux coutures, quand on double ou triple ou quadruple la toile? Cela devait coincer aux entournures, comme dirait l'autre.
Donc, le tailleur écrasait. Forcément. Il rabattait, disait-on alors.
Maintenant aussi, on écrase, toutes mes cops couseuses vous le confirmeront. Mais de nos jours, les tissus sont fins, et les fers électriques et à vapeur.
Tandis qu'à l'époque médiévale, on avait le "carreau", ancêtre rustique de notre fer, qui demandait les pectoraux de M. Propre et risquait de faire des dégâts brûlants.
Les couturiers avaient donc une autre technique, ils battaient les coutures avec des lattes pour les aplatir (qui, les pauvres coutures n'avaient rien fait pour mériter un tel traitement, mais la vie n'est pas toujours juste, ça se saurait).
Rapidement, on donna un sens imagé au geste. Celui à qui on "rabattait la couture" passait un très mauvais moment, vous vous en doutez...
Les mots furent utilisés, déplacés et on en arriva au sens figuré que nous connaissons bien :
battre son adversaire à plates coutures, c'est le rosser proprement.

C'est dit !


Repost 0