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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 18:07
Après le collège (ma casquette de prof-doc), les trajets sur La Fleurette (mon casque de colonio-cycliste)  et entre la soupe à la citrouille (mon chapeau de sorcière)  et le gospell (mon turban de diva), moi,  Zigobelle, fais une crise d'étymologie aiguë.
Lecteurs tendrement chéris, vous savez que ça me prend de temps en temps.
Il faut dire que Journée européenne des langues oblige, j'ai fait quelques acquisitions samedi chez Mollat, pour le CDI, qui ont sans aucun doute provoqué la crise susnommée. Fidèle à mon esprit de synthèse et à mon écriture brève, indispensable qualités du chroniqueur qui ne veut point assommer son lecteur en s'étalant outre-mesure pour sa propre satisfaction, je me contenterai ici de partager avec vous une petite découverte charmante du jour, glanée au fil des pages des ouvrages que je cataloguai (sans S, hein! c'est un Perfekt, un passé simple, modeste, sans tralala ni fioriture). Plus que sur l'étymologie à proprement parler, il s'agit des sens différents d'un même mot...selon sa géographie. On connaissait déjà le fameux trivial, simple et quelconque en anglais mais vulgaire et grossier en français (et encore, c'est une question d'époque... mais je ne veux point vous embrouiller les méninges). Il n'est pas le seul à jouer sur deux tableaux... Au redoutable chapitre des faux-amis, donc, sachons que qualifier quelqu'un de versatile en français ou en anglais n'a pas du tout la même signification.
Chez nous, c'est peu flatteur : on n'apprécie guère ceux qui changent sans arrêt d'opinion et o n les traite de girouettes ! Mais outre-manche, à l'autre bout du tunnel, une personne versatile possède une qualité reconnue : celle d'avoir plusieurs dons, plusieurs cordes à son arc, différentes personnalités s'adaptant à diverses situations... Du coup, un versatile Anglais, c'est plutôt cool... Comme quoi, on peut toujours trouver un bon côté aux choses ! Et dans notre cas, le bon côté, c'est un peu plus au nord.


A
Amis réputés instables, changeants, lunatiques, indécis, irrésolus, capricieux, papillonnants... voire fantasques, EMIGREZ et rejoignez la perfide Albion !!!

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 10:33
La Commission d'Harmonisation du Vocabulaire de Donaldville (CHVD), suite à un intéressant petit article paru dans la Cour des Grands
(http://dans-la-cour-des-grands.over-blog.com/article-21602670-6.html#anchorComment)
propose officiellement que le terme journalistique MARRONNIER soit désormais remplacé par celui de CERISIER pour ce qui concerne les récurrents sujets de réflexion qui fleurissent dans notre chère petite communauté...

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 13:15
On devisait, ce matin, au soleil de DonaldVille Nord. Et l'on parlait de mouvement. De constat, de bilan, d'audace, de courage. On se disait que ne pas avancer, c'est reculer. En reconnaissant que bouger fait peur, qu'oser est difficile. En revenant encore et toujours à cette histoire de Mer Rouge à traverser. Sachant ce qu'on laisse derrière et redoutant ce qui nous attend, regrettant le confort fût-il inconfortable et le préférant au changement, même possiblement salvateur.
Et m'est revenue la souvenance d'un article que j'avais envisagé d'écrire il y a quelque temps déjà, à propos d'une expression connue et souvent mal employée.

Il y a péril en la demeure.

Deux jolis mots assez riches et évocateurs, dont un qui cache son sens derrière les murs épais d'un faux logis.

Votre gazetière se régale.
Péril, c'est tellement plus romanesque et aventureux que danger !
Il y a, m'est avis,  de la classe et de la profondeur dans le péril, il y a des pièges, des rebondissements, du risque et de la haute-voltige. Alors que le danger colle froidement à la peau comme de la glaise aux semelles des bottes.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire... Oui, le péril est une flamme frissonnante et vivante !

Quant à la demeure... Elle porte sa part de mystère. De sa taille, on ne sait rien, mais elle évoque une grandeur de principe ; il n'y a rien de simple ou de coquet dans une demeure, mais des coins sombres et des passages secrets, des ombres glissantes, des profondeurs peut-être inquiétantes.
"Bienvenue dans ma demeure" n'est pas si rassurant que les mots voudraient le faire entendre...

Tout cela est parfaitement romantique, mais la demeure dont il s'agit n'est pas de celles où on habite.
Cette demeure n'est en effet que le fait de demeurer, de rester, de ne pas bouger, de ne pas avancer, de ne rien faire.

Il y a péril en la demeure, souvent employé à tort pour signifier simplement que la situation est critique, signifie plus précisément qu'il y a grand danger à ne pas agir.

Car, comme on dit sagement, à force de remettre à plus tard, un jour, la vie nous dépasse... Et là, pour la rattraper... on peut toujours courir!
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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 19:35
La Gazette reçut ce matin au courrier des lecteurs la missive suivante :

(...)
je suggère une idée pour un article dans la gazette. On en parlait hier soir avec Annabelle; Moune m'avait raconté que quand elle était enfant, avec ses cousins parfois, quand on ouvrait une coque d'amande et que l'on trouvait deux amandes jumelles, on s'écriait "Philippine!". Et deux ou trois autres personnes ont évoqué ceci en entendant mon prénom.  On ne sait pas pourquoi et on se demandait quelle en était la raison!
Etant donné que la gazette a pour vocation de se poser des questions existentielles indispensables à notre culture personnelle, lol,pourquoi ne pas consacrer un article à ce sujet très intéressant?(...)
 
Le défi étant lancé, la Rédaction ne pouvait que le relever.
Hélas, si quelques explications ont été trouvées, l'origine reste obscure et il semblerait qu'on doive la découvrir chez nos amis les Teutons...
A l'heure où la Gazette publie, voici donc où en sont les choses :

Définition du Littré, d'après la Revue d'anthropologie t. IV, p. 407.

Quand, en Allemagne, on mange des amandes en société, et qu'une personne en trouve une à graine double, elle en garde une et donne l'autre à une personne de la société, de sexe différent ; et, à la première rencontre de ces deux personnes, celle qui dit la première : bonjour, Philippchen (vielliebchen), à l'autre, gagne un cadeau, à la discrétion du perdant, souvent un baiser. Une graine double s'appelle un Vielliebchen. Philippchen est devenu par altération et assimilation Philippine en français, et Vielliebchen signifie "très bien aimé", soit "chose très chère."

Notre grand spécialiste de l'allemand appelait en effet sa petite-fille Vielliebchen, on sait maintenant plus précisément pourquoi, parce qu'elle était très chère à ses yeux.

La Gazette a trouvé également que le jeu remonterait  probablement aux alentours de 1870.
Mais rien de plus pour l'instant.
On va donc remettre l'enquête à notre famille d'outre-Rhin.

à suivre...


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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 14:47

1 - On connaît le fameux Petit Train touristique, dit "le Train de Donald Ville", qui passe devant la Bottine. Chaque fois que je le vois, d'ailleurs,  je suis toujours aussi étonnée de ne pas voir Oui-Oui au volant...
2 - J'ai parlé dans ces colonnes, du Darjeeling Limited, train indien, en termes élogieux.

Encore une histoire de train, alors, me direz-vous, lecteurs qui frôlez les vacances ?
Papa, maman, j'ai un aveu à vous faire : j'aime les trains !
Surtout les trains en couleurs et en surprises.

Par exemple celui-ci, qui traverse Bangkok, obligeant les marchands à replier vite leurs étals pour libérer les voies... Combien de fois, d'après vous ? HUIT FOIS par jour !!!!
Il paraît que les accidents sont nombreux...



Mais, lecteurs perspicaces, vous avez évidemment noté que je publie le présent billet dans la Petite Brocante des Mots... Le propos jusques ici développé, ne correspond donc pas à la rubrique... Quoi quoi quoi ? La Zigo Belle s'embrouille ? La Gazette nous fait du hors-sujet ?Y a t-il un pilote à la rédaction ?

Oh-la, ho-laaa... Mes abonnés adorés, j'y viens, j'y viens... La loco et les wagons, c'était juste pour rendre le propos plus pittoresque, plus coloré. pour que ça donne des envies d'évasion, de la perspective, de l'élan... C'était pour faire vacances.

Le train dont on va parler ici est celui de l'expression bien connue : "en train de"... Le ING des Engliches : I am coming, you are singing etc.
 
Vous ne vous étiez jamais demandé d'où venait ce train ??? Eh bien, la Gazette, comme toujours, répond aux questions que vous ne vous posez pas. C'est l'une de ses vocations, et elle y tient !
Faisons donc ensemble un brin de darwinisme linguistique, si vous le voulez bien...

Au 15e siècle, "en train" signifie "en mouvement", "en action", "en cours d'exécution". On entend encore de nos jours "c'est en train" , ceci devant être dit avec entrain pour calmer celui qui s'enquiert de l'état des choses... Bon, on en est où de cet exercice de maths?  - C'est en train... :-))

Quelques décennies plus tard, au milieu du 16e (siècle, pas arrondissement), on rajoute le petit DE qui fait toute la différence... Mais attention, on n'en est pas encore à la signification actuelle. Le "en train de" du 16e siècle était très confortable, notamment pour ceux que la chose à faire n'inspire pas vraiment...
Guillemin mon brave, elle en est où, cette vaisselle ?
Je suis en train de la faire !

Traduction contemporaine : je vais la faire de suite, là, incessamment sous peu  ! Eh oui, "en train de", à l'époque, traduisait l'IMMINENCE de l'action!
Ainsi, certain que je connais bien, aurait-il pu dire, sans mentir : je suis en train de faire des travaux (du lambris, de la peinture etc...)

C'était le siècle où jamais, du reste, car encore cent ans, et le sens devenait "je suis disposé à" faire ceci ou cela.
Là, on sent bien que le truc des travaux, ça aurait sonné faux... ;-))

Le temps passe, les siècles, un à un défilent, et au coeur du 18e, Marivaux, quelques années avant la Dispute, use de la locution adverbiale qui nous intéresse, en lui donnant un sens qui n'a plus varié de plus, celui de la durée de l'action en cours...

Et là, si je vous dis que je suis en train de terminer mon article, ce n'est ni une imminence, ni une disposition, c'est juste une réalité factuelle ! Ainsi parle-t-on au
21e siècle !
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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 14:27

Chers lecteurs, le métier de gazetière est parfois rude : il oblige à écrire des articles qu'on n'aurait peut-être pas choisi d'écrire si on ne s'y était pas engagée...
Seulement voilà, je l'exerce non seulement avec zèle (et sans censure) mais également avec un sens de la parole donnée, digne de la fonctionnaire d'ETAT que je suis.
J'écris donc aujourd'hui à la demande la plus grandes des 4 filles du Roi Triton (référence waltdisneysienne, s'il en est !). Oui, c'est un article de commande (un article, hein, pas de la com !!!)
Notre journaliste, donc, m'a priée en personne, de compléter ma Petite Brocante des Mots avec l'expression connue, et néanmoins obscure aux yeux du quidam, "j'ai d'autres chats à fouetter".
"Tu devrais nous chercher d'où vient cette locution assez glauque", me demanda-t-elle il y a moins d'une heure.
"No problem, je m'y mets, c'est comme si c'était fait" eu-je l'enthousiasme un peu prompt de répondre in petto.

Faites une croix là, en bas à droite, qu'ils disaient... Ma croix, je l'ai tracée toute seule et consentante, et maintenant, je dois bien me la coltiner.

J'avais une vague idée d'un rapport entre "fouetter" et les chats car il y a bien des sortes de fouets qu'on nomme "chats à 9 queues".
Vérification faite, l'instrument existe bien, je n'ai pas rêvé. On lit sur Wkipédia (entre autres) une intéressante description de l'épouvantable instrument, employé charitablement et principalement dans la marine pour punir les récalcitrants (euh...autrefois, hein?).
"Un chat à neuf queues est un instrument de torture — un fouet — composé d'un manche de bois de 30 à 40 cm de long auquel sont fixées neuf cordes ou lanières de cuir d'une longueur qui varie de 40 à 60 cm dont chaque extrémité mobile se termine par un nœud."

Sympa. On commence bien.

Mais on était délicat, toute de même, car on nous précise : "Un chat à neuf queues ne servait qu'une seule fois car les cordes ensanglantées transmettaient des infections."
Ah, ouf ! ces gens-là avaient un sens aigü de l'hygiène, finalement. Souffrir, oui, mais pas tomber malade.

Passons, passons et avançons dans notre enquête.
Pas si facile de trouver autre chose que la signification de notre expression. Avoir d'autres préoccupations plus importantes.
Oui, mais ici, rien de neuf. Qui ne sait cela ?
Au détour, j'apprends que les ennemis héréditaires, les copains pseudo-européens de la perfide Albion, laissent quant à eux les chats tranquilles, les pôv bêtes, et s'occupent à leur manière de leurs priorités : ils ont, pour ce qui les concerne, "un autre poisson à frire."
C'est pas sympa pour les poissons, non plus, remarquez.

Mais nous alors? Dis-donc, la Gazette, c'est quoi, cette histoire de chats à fouetter, hein??? Tu vas nous le dire enfin ?
Parce qu'on sent bien que tu repousses, tu temporises, tu diffères, tu atermoies, tu procrastines... (Private joke : "tu Satoïses")…

Eh bien, lecteurs adorés connaissant ma délicatesse naturelle, vous allez bien vite comprendre pourquoi écrire les mots qui vont suivre, écorche la pulpe de mes doigts de fée.

Fouetter, selon toute apparence, ne signifie pas flageller ou battre. Fouetter est une forme d’adoucissement bien élevé de foutre (jamais je n’aurais cru un jour écrire ce mot dans la Vie en Rose !). Quand aux chats dont il est question, vous devez bien vous en douter au point où nous en sommes, qu’en fait de matous, on parle en réalité davantage de minettes…

On disait du reste, en des temps que les moins de 300 ans ne peuvent pas connaître, de quelqu'un qu'il était « éveillé comme un chat qu’on fouette »…

Bon, enfin, bref, dois-je littéralement l’écrire, là, maintenant, en toutes lettres (de feu !), avoir d’autres chats à fouetter, c’est avoir d’autres chattes à foutre.

Élégant, n’est-ce pas ???

Vous réfléchirez à deux fois, la prochaine fois que vous signifierez à quelqu’un que vous êtes préoccupé par des choses bien plus importantes.

Changez carrément de champ lexical, coopérez avec les Anglais et pelez d'autres potatoes pendant qu'ils s'occupent de leur fish, ou bien, si le côté grivois ne vous déplaît pas, d'accord, mais dîtes quelque chose de plus… délicat.

Par exemple, sur une proposition originale de la Gazette :

j’ai d'autres perles à enfiler.

C’est pas mimi, ça ???

;-))



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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 10:38

La Météo a ouvert son agenda : oh ! un rendez-vous, pris depuis longtemps!

Et soudain...

Après-midi d’été.

Soleil de plomb.

Traverser une vaste place ou une cour de collège sans ombre, est un supplice qu’on évite. Des images de sud envahissent la tête. Des images d’Espagne ou de Portugal, tandis que la peau brûle sous la morsure d’un soleil soudain trop libre et trop vif. Trop longtemps gardé prisonnier, il ne sait plus comment rattraper ces semaines perdues. Il darde ses rayons sans compromis. Du feu.

Une rue de… Séville ? Rien ne bouge à cette heure. A peine un frémissement des jalousies aux fenêtres. Un brin d’air ? Ou une main et des yeux curieux, dans l’ombre et le silence qui règnent derrière ?

Jalousies. Un mot délicieux, tellement plus frissonnant que volet,  rideau ou store. Persiennes, c’est joli aussi.
Mais jalousie, c’est plus troublant, parce que c’est équivoque. C’est donc un mot double, un mot bilobé, un mot bicéphale ou bifide. Rien de simple, rien de banal. Un mot-serrure. A déverrouiller pour passer.

Quelle jalousie derrière la jalousie ?

Il mérite, puisque c’est un mot-portail, un mot qui ouvre et encourage à la promenade, à la découverte, un mot qui appelle à cheminer, il mérite, vraiment,  qu’on aille regarder de plus près son squelette.

Radiographie de la jalousie.

Il vient du latin zelosus, lui-même né du zelos grec.

Zelos : ferveur, ardeur, désir intense.

Notre jalousie serait ainsi l’enfant d’un zèle excessif, qui transformerait le désir intense en  attachement vif et inquiet, voire en désir de possession exclusive…

Par quelle triste opération du cœur, une ferveur louable, positive, dynamique, une ardeur de sentiment, peut-elle s’aigrir et devenir sombre, perdre sa lumière vivante pour basculer dans le doute, la douleur et la crainte de la dépossession ?

On a bien là le fameux « côté obscur de la Force » redouté par la dynastie des Skywalker…

 Est-ce, dès lors, pour ces raisons de vision partielle, rigidement orientée, de lumière occultée et d’enfermement sépulcral, que l’on a nommé jalousies ces légers contrevents lamellés ?

Si un lecteur a la réponse, je la publierai avec plaisir...


 


Découvrez Various!
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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 10:28
Ah le B.O !
Pas le Biarritz Olympique, hein !
Le Bulletin Officiel ! Celui du Ministère de l'Education Nationale. Le BO du MEN.
Source inépuisable de plaisirs variés et sans cesse renouvelés !
Preuve hebdomadaire que des gens travaillent, réfléchissent, discutent, négocient, écrivent, décident... Des choses hyper importantes, en plus.
Par exemple, ce sera l'illustration du jour, y a une Commission fondamentale qui oeuvre pour le respect et la sauvegarde de la langue française.
Elle s'appelle la Commission générale de terminologie et de néologie.
Une commission courageuse, croyez-moi, qui se bat sur tous les fronts, parce que l'ennemi est partout et qu'il envahit aussi insidieusement que massivement tous les champs lexicaux de notre nation !

La Commission, donc, est là pour donner la définition officielle des concepts capturés, pour dénoncer la forme étrangère abusivement employée et pour nous instruire du terme FRANCAIS qui, seul, est légitime.
A bon  entendeur, salut.

Aujourd'hui, la Gazette vous propose quelques fruits savoureux des derniers travaux de ces Hercules des temps modernes...

COMMISSION GÉNÉRALE DE TERMINOLOGIE ET DE NÉOLOGIE
Vocabulaire de la défense
NOR : CTNX0811223K
RLR : 104-7

Grapillage...

gestion des ressources de la patrouille d’aéronefs
Abréviation : GRPA.
Forme développée : gestion des ressources de la patrouille d’aéronefs de combat.
Domaine : Défense-Aéronautique.
Définition : Ensemble des méthodes de compréhension des comportements humains visant à améliorer la communication et l’utilisation des compétences au sein d’une patrouille de combat, afin d’y développer une synergie, de réduire le risque d’erreur et d’augmenter la sécurité des vols.
Voir aussi : gestion des ressources du poste de pilotage.
Équivalent étranger : patrol resource management (PRM).

Ensemble des méthodes de compréhension des comportements humains...  synergie... sécurité... Ces grands mots...Moi, je me régale.
Un aéronef, c'est autre chose qu'un banal avion, non ?
Et puis, je pense à Madame Iris qui cherche à comprendre les comportements humains des pilotes de chez Saft.
Faut qu'elle arrête de dire qu'elle fait du management par la qualité. Elle fait de la gestion de ressources, c'est mieux.
Comme moi, d'ailleurs. Est-ce que vous m'entendez dire que je fais du mangement de CDI ??? Que nenni, je gère les ressources du CDI. En toute modestie, et en accord parfait avec la Commission de terminologie.

Autre régalage, là, je me répète la "note" à voix haute, rien que pour le plaisir : essayez, vous verrez, ça met en joie.

marge statique
Domaine : Aéronautique.
Définition : Grandeur physique qui permet d’évaluer la maniabilité et la stabilité d’un aéronef.
Note : La marge statique correspond à la valeur algébrique de la distance entre les projections du centre de gravité et du foyer aérodynamique d’un avion sur une corde de référence longitudinale, exprimée en pourcentage de la longueur de cette corde, et considérée comme positive lorsque le foyer est en arrière du centre de gravité.
Équivalent étranger : static margin.

Avouez, lecteurs amoureux de la langue, que des définitions comme ça, ça fait littéralement rêver...
(Mais toi, Philippine, je SAIS que tu n'as pas lu jusqu'au bout !)

Pour la bonne-bouche, comme disait ma grand-mère, et parce que je ne m'en lasse pas, je vous livre une sidérante preuve du travail extraordinaire que mène cette commission. Une PERLE . Je m'interroge, du reste, sur le nombre d'heures qu'il aura fallu à ces zélés fonctionnaires pour pondre une telle merveille d'aboutissement lexical.
Jugez par vous-même, et vous me direz :

mise en commun
Domaine : Tous domaines.
Définition : Action consistant à regrouper divers moyens, en vue de parvenir à un résultat déterminé.
Équivalent étranger : pooling.

Je crois que tout est dit, et il ne me reste plus qu'à citer ma source : http://www.education.gouv.fr/bo/2008/23/CTNX0811223K.htm

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 13:18
Isagogique.
ça commence par isa et ça finit comme magique.
Et au coeur, il y a go ! comme un signal dynamique, une invitation à foncer !
Imaginez mon ravissement lorsque je tombai récemment sur ce mot jusques alors inconnu de moi.
Vous me direz que j'ai bien vécu 45 ans sans le connaître et sans qu'il me manquât. Certes. Mais maintenant, je sais son existence et j'en suis enchantée. La face du monde a un peu changé, de mon point de vue.
Isagogique, évidemment, c'est un mot pour moi. Même sans en connaître le sens, on voit bien qu'il a tout pour me plaire, ce petit mot qui colle à mon prénom un doux  parfum de conduite à guider, de cheminement à initier ! Et puis, il ressemble tellement à son cousin "pédagogique". Un mien dada, n'est-ce pas?
Il vous faut savoir aussi, lecteurs adorés, à quoi j'ai trouvé mon nouveau mot chéri accolé, ce qui, avouons-le, le rend encore plus savoureux.
Citons le contexte, c'est fondamental : Exégèse Isagogique des Psaumes ou études préparatoires à l'intelligence de ce livre sacré. Un livre rare de 1876.
Tout un programme, aussi intellectuel que spirituel, à des fins d'édification, voire d'illumination. Régalage, comme on dit dans ma roulotte.
Finalement, le sens précis d'isagogique, on s'en passerait presque, tant déjà le mot est charmant en lui-même.
Même pas peur !
On sent bien que ça va aller, que c'est un sens qui va dans le bon sens, justement. Eu égard aux autres mots du titre, on ne craint pas la mauvaise surprise. Intimement convaincu qu'on ne risque aucune déception, on fonce allègrement vers la définition. Bon, la voilà. Isagogique, ça signifie : la science de l'introduction.
Me voici donc soudainement liée à un art de l'ouverture, de l'avant-propos, du préambule, du prologue...
Eh bien, mais... pourquoi pas ? Voici que dorénavant, s'ouvrent  à moi d'intéressantes perspectives de reconversion, quand j'en aurai assez de jouer à la prof-doc.
J'écrirai des introductions, diverses et variées.

Les autres travailleront dur à écrire des essais, des oeuvres exigeantes, des thèses novatrices... Et moi, je ferai les avant-propos. Avec finesse, naturellement. En sachant donner au lecteur, non seulement l'envie de lire de suite l'ouvrage que j'introduis avec brio, mais également l'impression irréductible que j'ai lu ce dont je parle. Et ça, croyez-moi, c'est tout un art.
De même, quand j'aurai une crise de spots et paillettes, je ferai les discours d'ouverture de grands shows de qualité, comme les Césars à Cannes ou la rentrée parlementaire.
Décidément, cet isagogique est encore plus riche en ouvertures qu'on ne pourrait le penser au premier abord ;-))

Dans la mêmefamille, y en a un que j'offre à ma Grande fille, tellement il semble fait pour elle.
C'est anagogique.
Je choisis pour elle la définition du Littré (celle qui me plaît, j'avoue, c'est subjectif). Anagogique : « relatif au ravissement de l'âme dans la contemplation des choses divines »

Fin de l'article : que rajouter après ça ? Forcément, rien; il me semble qu'on a atteint un sommet extatique qui rend toute surcharge inutile.
Et puis, moi, de toute façon, je ne fais que dans l'intro, pas dans la conclusion. On ne peut être doué en tout. Je laisse à qui veut la faire, la charge de la péroraison.
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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 17:50
Ceux qui ont eu le plaisir de voir jouer mon auguste filleul Fred the Great dans la célèbre farce médiévale du Cuvier, n'ont pu oublier son célèbre "Cela n'est pas dans mon rollet".
Expression du reste devenue un gimmick au Georgius Circus !

L'on eût dit, en cette moyenâgeuse époque où l'on parlait le "moyen français" (XIVe et XVe siècles), que le malheureux gendre et mari était "au bout de son rollet."

Quid de ce famous rollet, donc ?
Autrefois,
lecteurs adorés et cultivés, vous le savez bien, les "livres" (qui n'étaient justement pas des livres!)  étaient constitués de feuilles collées bout à bout, écrites sur une seule face, puis enroulées et entourées avec un parchemin. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, on appelait les registres administratifs les rôles, d'où l'expression "à tour de rôle" (qui signifie "dans l'ordre d'inscription au rôle"*, soit l'ordre chronologique des affaires juridiques déposées au tribunal). Et ces rouleaux, ces rôles, étaient aussi la forme sous laquelle étaient écrits les textes des comédiens de théâtre : ils jouaient donc...un rôle ! Là encore, l'expression perdure.
Lorsque la feuille était de petite taille ou le rôle de théâtre peu important, on utilisait le nom de rollet. Ainsi, celui qui arrivait au bout du rollet n'avait
très logiquement plus rien à lire ou dire.

A la fin du XVIIe siècle,
la formule s'emploie de plus en plus : celui qui était au bout de son rollet était quelqu'un qui ne savait plus quoi dire à la fin d'un discours, plus quoi faire dans ce qu'il avait entrepris, plus quoi répondre voire même plus trouver de quoi vivre.
La langue évolue, le rollet se fait rouleau, terme plus sérieux, empreint même d'une certaine religiosité.
"Tout est déjà écrit sur le Grand Rouleau"
écrit Diderot dans Jacques le fataliste.

Ainsi,
au XIXe siècle, l'expression, détachée de son origine théâtrale et avec la signification de "à bout de ressources", se renforce du fait que les ressources financières étaient alors aussi constituées par les rouleaux qu'on faisait avec les pièces.
"Être au bout de son rouleau" c'était ne plus avoir de pièces
, donc de quoi survivre.
Le sens figuré l'emporte de nos jours : être au bout du rouleau, c'est n'en plus pouvoir.

Ce qui n'est pas le cas de la Gazette, jamais à cours de rollets à déclamer, ni à ses lecteurs, truffés de projets jolis à dérouler avec bonheur!

* NDLR : On note ici la contradiction radicale avec le célèbre "Les premiers seront les derniers"... La Justice divine, pour qui en doutait encore, n'a manifestement rien de commun avec celle des tribunaux.



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