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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 15:29
Amis lecteurs, je regardais (par hasard, non, plutôt par sérendipité, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas casé celui-là!!!) la pièce de 5 euros qui existe en France depuis le 1er septembre (celle que je rêverais de recevoir dans la monnaie que me rendrait le postier à qui j'aurais acheté de beaux timbres pour mes voeux de fin d'année***).
Je la regardais sur la Toile, évidemment.
Et c'est là que je fus frappée (comme la pièce, oui, justement) par la légende qui figure sous ladite piécette (en argent, tout de même) :

(aucune idée de la taille réelle, mais je sens bien que là, on a un léger agrandissement, hein...?)

Cela n'apparaît pas dans mon collage, mais sachez-le, ils appellent ça le REVERS.
Ah bon ? J'ignorais que ce fût-là le terme ad hoc !
Je dois parler suranné si ce n'est obsolète : pour moi, benoîtement, un pièce avait un côté pile et un côté face.
Certes, la face n'a pas toujours une tête de face, mais bon...
Quant à la pile... mais quelle pile, d'abord ? C'est qu'on en a plein, des piles...
Eh bien, la pile, l'instrument qui servait à frapper la monnaie, le coin, en autre terme. (Mais quel coin dans une pièce ronde ???)
La pile (coin) qui donna son nom au fameux revers de la pièce, l'autre"côté" (le recto ou le verso, selon comment on se place) s'appelant en de hautes époques, la croix.
Tout simplement parce qu'on frappait toujours une face d'une croix (avec une pile, s'entend... je vois bien que toute cette histoire est confuse, au final....). Sur l'autre, on pouvait varier...
Résumé, donc : au Moyen Age, on n'avait "ni croix ni pile" quand on n'avait pas un radis, pas un kopec, pas une thune... Peut-être parce qu'on avait joué au jeu de croix pile... Notre pile ou face à nous.

Pile tu perds, face je gagne comme nous disait toujours notre Paternel... (avec moi, ça marchait, avec mon futur trader de frère, chuis point sûre...)

Bon, mais, me ferez-vous judicieusement remarquer, comment la croix devint-elle face ?
Et la réponse fuse : au 16e siècle, Henri II (Henri-i-i ! triste Sire qui ne riait jamais, raconte la petite histoire ),
ôta la croix pour y mettre son blason, puis  son H, et enfin, sa face.
 
On y est, pile poil !
Face d'un côté, pile de l'autre.
Et le jeu continua, avec une nouvelle terminologie.

Et moi je vis ma vie
À pile ou face
Toutes mes émotions
À pile ou face
Chaque sensation
À pile ou face
Sans hésitation
Un coup je passe
Un coup je casse
...et tralalalala !
(Corrine Charby - 1987)



*** : "Ces pièces pourront vous être rendues comme monnaie à La Poste... attention donc à y regarder de près !" qu'ils disent...
Rendues comme ça, par hasard, par un guichetier généreux ou distrait.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 13:08
Lecteurs bien-aimés, sachez que votre Gazetière a survécu aux terribles moustiques ? moucherons ? de Fréjus qui ont fait de nombreuses victimes ces jours derniers, notamment chez les plus jeunes (qui ont gonflé, bubonné, errupté, gratouillé, les pauvres, attaqués en première ligne par ces redoutables bestioles d'arrière-saison, dopées par un été qui n'en finit pas entrecoupé par des inondations spectaculaires).
Mais je reste marquée par le phénomène entomologique, aussi publie-je maintenant une petite chose non exhaustive sur la place des insectes dans notre langue populaire.
Place assez importante, preuve que nous vivons vraiment en compagnie de ces créatures bourdonnantes et parfois piquantes.
Oui, lecteurs vénérés, la bestiole, qu'elle rampe ou vole, qu'elle vrombisse ou sifflote, est partout, à toutes les sauces de nos émotions si j'ose dire.
Voyez plutôt ...

Y a un petit bug dans votre journée ?
Vous n'avez pas le moral  ? Est-ce le bourdon ou le cafard ?
Déçu par quelqu'un ? Eh oui, n'oublions pas que le plus beau papillon n'est qu'une chenille habillée...
Ou bien est-ce la "trouille", avez-vous des papillons dans le ventre ?
Ou encore la colère, car un pas-sympa vous a fait prendre la mouche ?
A moins qu'un sale mauvais temps vous oblige à l'inactivité alors que vous avez des fourmis dans les jambes ?

Et alors, vous vous ennuyez, vous vous occupez à des choses sans intérêt, vous mesurez des sauts de puce ?
Peut-être est-ce votre faute : à se coucher avec les chiens on se réveille avec des puces !
Quoi qu'il en soit, il y a toujours un prix à payer : le miel est doux mais l'abeille pique...mais restez aimable, car de toute façon, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre.

Et en hommage aux informaticiens-lecteurs, la fameuse photo du premier bug informatique photographié*** (pour les non-spécialistes, comme moi, le terme existait avant, mais la photo du specimen donne une réalité officielle qui fera date) :




***

Le premier cas documenté de "Bug informatique" concernait un papillon de nuit (mite) coincé dans le relais 70 du panneau F du "Mark II Aiken Relay Calculator" (autre dénommination du Harvard Mark II) alors qu'il était testé le 9 septembre 1947. Grace Hopper colla la mite dans le journal de laboratoire sous le titre "First actual case of bug being found" (premier cas effectif de "bug" à être trouvé).[1] Les opérateurs ré-utilisérent alors le mot "bug" en disant qu'ils avaient "débuggé" la machine, introduisant ainsi le terme de "debuggage" (débogage) en informatique.

(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Harvard_Mark_II)

 

 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 13:33
Lecteurs adorés, la Gazette lance aujourd'hui une grande opération collective !

Il s'agit ni plus ni moins, à l'occasion d'une petite crise d'étymo-jolie (ça faisait longtemps, quand même), de proposer la publication (inoubliable) d'un Florilège des Apophtegmes de DonaldVille.
Avouez, mes bien-chéris, que vous êtes, pile exactement au moment où je vous parle du bout des doigts et où vous me lisez avec vos beaux yeux, tout éblouis et ravis de ma proposition, n'est-il point ?

Préambule indispensable : le rappel, pour le principe --et non parce que quiconque ici en ait un réel besoin, de la signification de ce pauvre petit mot en voie de disparition (alors qu'il ne le mérite absolument pas, car c'est un mot d'importance et de haute valeur!)

αποφθεγμα : c'est beau comme du grec, évidemment, puisque c'en est. On traduit cela par "sentence".


L'apophtegme***(merci de prendre la peine d'aller lire en-bas ce que vous disent ces trois étoiles, c'est une question de principe, et c'est important) est donc un précepte, une parole mémorable ayant valeur de maxime, à l'origine prononcée par des personnages de l'Antiquité (Caton l'Ancien, par exemple, ou les Pères du désert, pour ceux qui préfèrent les mystiques).

Pour ceux qui connaissent les locaux de la Gazette, il se souviendront sans doute que l'un de ces précieux enseignements figure au mur.
C'est un apophtegme de St Jean Climaque, que j'ai découvert dans le réfectoire d'une abbaye et qui m'a fortement marquée. J'eus le bonheur, quelques mois plus tard, d'en recevoir une version mise en forme par mon propre Père, et depuis, elle s'affiche en grand à la Bottine.

Donnez un frein à votre appétit et vous en donnerez en même temps à votre langue
que la bonne chère emporte inconsidérement à parler plus qu'elle ne doit.

Chers habitants de DonaldVille, chers Gazettophiles,
 la Rédaction vous propose aujourd'hui de faire une oeuvre commune,
sorte de Livre de Sagesse,
où chacun d'entre vous déposerait un ou deux apophtegmes qui lui sont chers
(pas obligatoirement issus des sages de l'Antiquité, mais de toutes époques et tous horizons).
On appréciera évidemment un peu de fantaisie :-)

Les préceptes, adages, maximes et autres citations édifiantes sont à envoyer
 par courrier mail
(merci).




NDLR : Ce cher petit apophtegme nous a intelligemment été proposé par une lectrice à laquelle on rendra hommage par une citation qu'on espère à-propos :
"... l'érudition du journaliste ne doit rien aux Flores poetarum, la Morale des poètes, à tous ces recueils de sentences, d'apophthegmes, de pensées rangées par ordre de matières dans des recueils qui ne sont propres qu'à tuer le goût des bonnes études ..."
JOUY, L'Hermite de la Chaussée d'Antin

*** 
pour le plaisir et par respect de la langue grecque qui possède 2 lettres T, le tau et le thêta (et là, c'est le thêta   θ ) sachez que l'orthographe traditionnelle compte un H de plus : APOPHTHEGME, mais j'ai préféré ôter ce souffle supplémentaire par précaution en ces périodes de grippe A, où il vaut mieux éviter d'éternuer à tous vents....
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 18:43
Dans l'article précédent, la Gazette vous parlait des ressources fabuleuses du sang DIYOUPIYOUAÏE.
La preuve : la journaliste susnommée est saine et sauve, ainsi que tout l'équipage, je rassure de suite le lectorat inquiet, et il ne sera pas dit que je laisserai mariner mes lecteurs chéris dans une incertitude poignante et insupportable.
Ainsi,  le propos de cet article-ci, oui, celui-là même qui se déroule à l'instant sous vos yeux attentifs et curieux, sera-t-il de rappeler que toutes ces qualités indéniables charriées fatalement par notre glorieux patronyme ne doivent en réalité rien au hasard. Eh bien, non, ne cherchez pas le hasard mais sachez reconnaître le Destin. Rien de moins.
Car, abonnés de mon coeur, rappelez-vous que la MONTAGNE, sous tous ses noms et toutes ses appellations d'origine plus ou moins contrôlée, représente, dans notre culture au moins, toujours le merveilleux. Le Merveilleux, devrais-je écrire, avec un grand M.
Pour une fois, je glisserai à la vitesse du son sur le contexte biblique (un dada, cependant) où la montagne sert de lieu/lien entre l'Homme et Dieu (mais si, souvenez-vous : les Tables de la Loi, les Béatitudes etc.) pour mieux faire halte dans une dimension que j'adore : la littérature médiévale.
Je sais, ça faisait longtemps.
Mais je n'avais jamais encore abordé le sujet de la montagne dans ces colonnes. Tout au plus avais-je évoqué la Forêt, haut-lieu magique bien connu de tous les amateurs de la matière de Bretagne (et autres fans plus tardifs et moins orthodoxes de Fantasy).
La Forêt, certes. Mais la Montagne également.
Monts,  roches,  puys (ben oui, les PUYS, y a une cohérence dans le propos, un cheminement intellectuel non aléatoire mais à l'inverse parfaitement bien contrôlé, tout de même, voyons, lecteurs de peu de foi !) les sommets sont copieusement évoqués dans nombre de lais et autres chansons de geste : ces lieux d'altitude sont des portes vers le merveilleux, pour ne pas employer le terme fantastique qui ne saurait s'appliquer aux écrits de cette époque. Point besoin qu'il soit réellement très haut, le mont représente la démesure : demeure de géants, mais aussi refuge de nains à la force étonnante en ses profondeurs, il est aussi et très fréquemment le lieu où émerge le merveilleux, là où l'aventure surgit et "lance" le chevalier dans une nouvelle quête. Souvent peuplée d'êtres extraordinaires, on l'a vu, elle est aussi le lieu qui symbolise la surabondance de richesses.  On connaît tous les nains qui arrachent  des entrailles de la montagne l'or et  les pierres précieuses. La montagne, c'était l'opulence et la richesse.
D'où l'expression du Moyen-âge (selon les rares sources trouvées), qui parlait de "monts" de quelque chose et qui signifiait "des tas". C'était quand même drôlement plus joli, des monts que des tas, non*** ???
De là est née ensuite la locution  "promettre monts et merveilles" : exagérer totalement les bienfaits escomptés, tant par leur abondance que par leur nature fabuleuse.
Et voilà, lecteurs du 14 juillet, vous savez maintenant pourquoi on emploie ce terme de monts et je sais que vous êtes ravis de le savoir... ;-) Ben oui, c'est bien de comprendre de quoi on parle, non ?

*** (En tout cas, je veux bien m'appeler Dumont, Duroc ou Dupuy, mais jamais de la vie Dutas !)

Et comme source sympa : La montagne dans le texte médiéval : entre mythe et réalité
 de Claude Thomasset et Danièle James-Raoul (PUF)

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 17:48
Je t'aime, un peu, beaucoup...

C'est joli comme tout d'entendre "conter fleurette".
Cela évoque des mots colorés, frais, parfumés, des paroles offertes pour le plaisir. Certes. Mais l'origine étymologique est sans équivoque : ce ne sont que des mots pour plaire, des mots qui ne valent rien ! Snif snif...! Florette (petite fleur) , disait-on entre le XII et le XVe siècle (les sources divergent quelque peu, hélas...). Ce qui était synonyme de bagatelle (chose sans importance) puis, au fil des ans, carrément de baliverne, rien de moins ! Mais attendez de comprendre pourquoi la si mignonne fleurette n'était que broutille sans valeur... Encore une histoire de sous, ni plus ni moins! Il y avait en ce temps-là une célèbre monnaie, le florin. Jusque là, je ne vous apprends rien. En France, saviez-vous qu'on avait la florette (ou fleurette***) ? (Charles Nisard, "Curiosités de l'étymologie française", 1863)
Mais malgré son joli nom, la florette connut un destin tragique ( comme son homonyme de Nérac, à la Garenne, pour ceux qui connaissent l'histoire tragique de notre Ophélie locale) La florette, donc. Tel son frère le sou quelques siècles plus tard (y a pus d'sou Papa, y a pus d'sou maman !), la florette perd un jour son cours légal et devient 
 menue monnaie, infime maille, roupie de sansonnet ! En bref, c'est la déchéance totale !
Du coup, "compter fleurette" n'était pas une opération de grande envergure où l'on brassait des fortunes... mais une occupation un peu vaine, sans  valeur financière. La langue étant ce qu'elle est et l'oreille s'accommodant avec un grand naturel, de compter des bagatelles, on est passé à conter des propos badins, sans importance... Et voici donc, lecteurs bien-chéris, notre fameuse locution du jour : conter fleurette. On dira que la boucle est bouclée! Quant à flirter/fleureter, c'est une autre histoire étymologique...qui vous sera peut-être contée un autre jour, qui sait ?
...passionnément, à la folie... Oui, oui, oui, chante, beau merle !

;-)
  *** RIEN à voir avec La Fleurette, petit frère de Zaza la Pastille et célèbre vélo de votre Gazetière, qui lui, vaut de l'OOOOOR !   Source principale : http://houdoy.hubert.free.fr/etymon.html
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 10:15
 ...ce sera récolement.
Je sais que mon entourage proche le connaît bien, mais c'est un tel plaisir, qui revient à sa saison, comme les fraises, le beaujolais nouveau ou les Guinettes du Médoc, que je m'en lasse pas.
Il y a dans récolement une telle solennité, une telle grandeur !
Le récolement, c'est l'inventaire en incroyablement plus noble. Un cran au dessus. La quintessence de l'inventaire, si vous voulez.
Étymol. et Hist.(par le CNRTL) 1389 : « dénombrement fait par un fonctionnaire ».
 D'entrée, voyez, la dignité de l'acteur : un fonctionnaire, un qui a signé pour servir l'État, la Nation, même, n'ayons pas peur des mots. Il y a de la majesté, de la distinction qui entoure ce mot-là... Cela sent la rosette (de soie, pas le saucisson, hein !), les palmes, les honneurs.
Un inventaire sera fait par un homme de "commerce"... fût-il notaire et assermenté. Certes, pas un intouchable, mais enfin...
Un récolement, c'est autrement plus respectable.
Si l'on va plus loin, le récolement est  "l'opération consistant à dénombrer un ensemble d'objets répertoriés dans un inventaire, ou à vérifier la conformité d'une opération, d'un objet à un ensemble de règlements ou de prescriptions contractuelles". On dit : Récolement d'inventaire "
Lecteurs adorés, appréciez avec moi comme on grimpe dans les hauteurs administratives : "réglements", "prescriptions contractuelles" ...
Oh que c'est beau, que c'est fort ! Oh les nobles termes !
Et pour ce qui est de mon petit cas nombrilesque, le récolement (je répète volontairement, jouissance de mon oreille de fonctionnaire d'Etat) a officiellement une définition propre depuis 1913 : « vérification qu'on fait dans une bibliothèque pour s'assurer que tous les ouvrages sont bien en place ».
Et là, je souligne : s'assurer que tous les ouvrages sont bien en place.

C'était donc ça !
Si je faisais seulement un inventaire à la fin de l'année dans mon CDI, je pourrais pointer que tout est bien là, mais ce pourrait être dans un chaos inexprimable. Tandis qu'en récolant, je range, je classe, je rectifie ma base informatique, je rafraîchis et corrige les cotes, bref, je participe à l'harmonie du monde, rien de moins !
Pas étonnant qu'on confie ce soin sublime et prestigieux à des fonctionnaires ! Qui saurait mieux en comprendre et en assumer la charge, n'est ce pas ?
Alors, les mains poisseuses, les yeux qui piquent et le nez irrité par un an de poussière (pas assez de personnel pour faire le ménage dans mon CDI), galvanisée par mes atchoums ! musicaux, je vais, dès la semaine prochaine, endosser avec honneur et dignité ma fonction de fonctionnaire récolante, petite miette de Nation oeuvrant pour la gloire du Tout. Et, mes bien-chéris, je mènerai ma mission jusqu'au bout, suivant le réglement et les prescriptions contractuelles, replaçant au millimètre près jusqu'au moindre B.O.E.N (Bulletin Officiel de l'Ed Nat.)
Et ensuite, avec la sérenité, la tranquillité et la béatitude du Juste devant l'Etat, je partirai en vacances, où je ne ferai ni l'inventaire, ni le récolement, ni même le rangement de mes bibliothèques personnelles, parce que, hein, ce truc de m... j'en aurai assez "bouffé" comme ça ! :-D
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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 10:10
Tiens, c'est vrai que ça fait longtemps.
Longtemps que je n'ai rien mis dans la vitrine ma petite Brocante des Mots.
Pourtant, j'ai bien rentré quelques articles intéressants : mais j'ai quelque peu manqué de temps pour les dépoussiérer, les bricoler, les astiquer, les faire briller... bref, pour les proposer à la clientèle au mieux de leur état !
La Gazette répond ici a une demande spéciale : on dira que c'est une sorte de dépôt-vente fort intéressant, qu'il serait difficile de refuser.
Une abonnée me propose un mot délicieux. "Celui-ci, il va te plaire ! " m'assure-t-elle du ton de celle qui sait (un ton de prof, qu'elle n'est pas, pourtant. Mais il y a d'autres catégories professionnelles "qui savent".... )
Alors, alors, elle nous le montre, ce petit mot ? Elle le sort de sa boîte, oui ou non ?

C'est que, je l'avoue, c'est un article à épisodes, que celui-ci. Ecrit en petites tranches en différents endroits : merci la fonction "brouillon" de la petite Gazette !
Mais je ne vous fais plus attendre. Et hop ! D'un bel effet de manche que vous apprécierez, lecteurs adorés et curieux, je dévoile à l'instant sous vos yeux éblouis et à vos oreilles joliment titillées, le fameux terme du jour : Tadammmmmm.....
 
HYPOCORISTIQUE !!!


Ah ! Avouez que ça vous en bouche un coin, n'est-il point ?

On connaissait mes hypogendres... On connaît quelque(s) hypocondriaque(s)... En tout temps et en tout lieu, les hypothèses à tout propos ne manquent pas... Mais ce charmant hypocoristique les surpasse tous en rareté et mignonnesse !

Partons en Grèce... La saison, le temps radieux, donnent des envies de voyage. Remontons le temps, et écoutant la belle langue des philosophes.
UPOKORISTIKOS. Oui, on y est !

Fermez les yeux, imaginez-vous allongé sous un arbre devant une petite maison blanche. En bas, la mer, bleue à en mourir. A travers le feuillage, le soleil est sur votre peau, par minuscules touches mouvantes. Il y a un léger, très léger petit souffle qui vous caresse. C'est cela. UPOKORISTIKOS, cela signifie "caressant", pour caresser. Quelque chose qui est là pour adoucir, rendre tout doux...
C'est doux, une caresse. Et les caresses ne sont pas seulement tactiles, elles peuvent aussi passer par la parole. Les mots doux, les mots bleus...
Hypocoristique, c'est aussi bien un nom masculin qu'un adjectif qualificatif pour définir les mots qui caressent.
Et qu'est ce qui caresse mieux qu'un petit nom, un doux surnom qui laisse le "vrai prénom" pour "les autres", ceux du boulot, ceux de la sphère "administrative" et sérieuse ?
Un diminutif, un petit nom de connivence, qui nous place, celui qui nomme et et celui qui est nommé, dans la même bulle d'intimité affectueuse et privilégiée.
Eh oui, lecteurs chéris, vous parlez vous-même de façon hypocoristique sans le savoir.
Par exemple, quand vous m'appelez Isa, Zaza, Zigo, la Nine, Nius, Azote, mÔm ou même Angel...
Vos dons hypocoristiques ont peu de limites et sachez-le, je me régale littéralement de tous ces petits noms qui sont les miens et me rendent moi, telle que je suis, unique pour vous. C'est la plus douce des caresses pour moi !
De même quand je vous nomme Nana, Philou,  Nouchka, Lily, the Third, Triton, Moumoune, Callou ou Callouette, Ange le Jeune ou Ange du milieu, Chevalier sur la pente, Pépel, Gemblette, Carla Blondi, mein Bubbele, mon Gross, ma Fîîîlle, Gros Mongarçon...
Tout cela, c'est pour vous et rien que pour vous... Ce sont des hypocoristiques directement nés de mon coeur et éclos sur mes lèvres,
parce que, mes amis, mes amours,
mes pupuces, mes bien-chéris, mes loulous
et autres termes plus hypocoristiques les uns que les autres,
je vous ADOOOOORE !!!
En vrai ! ;-)

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 11:26
Lecteurs adorés, vous n'aurez pas attendu la lecture de la gazette pour constater que le SOLEIL est là, bien rond, bien chaud, bien brillant au-dessus de nous. Difficile de ne pas rester sous ses rayons caressants... mais il faut bien retourner à l'ombre de temps en temps. Et à ce propos, je viens ici vous faire part d'une découverte délicieuse que je fis il y a peu grâce à David Lodge, par l'intermédiaire de Yvonne et Maurice Couturier. Oui, bon, je les cite par éthique professionnelle, mais ces gens, j'avoue, je ne les connais ni d'Eve ni d'Adam. Ce sont les traducteurs de "Changement de décor", et c'est donc d'eux que j'ai reçu ce mot jusqu'alors inconnu de moi : fuligineuse.
J'ai cherché quelques secondes dans ma petite mémoire étymologique, ouvert de vieilles boîtes, poussé des piles poussiéreuses, déplacé quelques étagères remplies de mots latins : rien. Ma souvenance de quelque mot, voire même quelque infime petit radical était nulle. Rien ne me re-venait, car, rien, je le crains, ne m'était jamais venu en ce qui concerne ce fuligineux. Désespérément absent de mon champ lexical. Franchement, j'ai un pincement de regret, mais il faut bien que je fasse avec (ce manque), étant donné que j'ai longtemps fait sans (ce mot).
Dans le livre, c'était une ombre fuligineuse. Confrontée à une épaisse opacité, je ne savais vraiment comment l'imaginer...

Et quand j'ai enfin eu la signification de notre obscur adjectif, l'ombre ne s'est pas éclairée, figurez-vous! Car fuligineux, ça vient de fuligo, la suie. C'est donc une "couleur", si on peut qualifier ainsi cette fumeuse teinte.
Vous imaginez la couleur ! Noirâtre, ténébreuse... Pas de ces ombres douces et dorées où on se réfugie pour voir les feuilles des arbres par-en-dessous... Pas de ces ombres découpées qui luttent contre les rais du soleil à travers les persiennes les après-midis d'été à l'heure torride de la sieste ...
C'est un noir, mais pas n'importe quel noir, sachons-le. Certains oiseaux, après recherches, sont qualifiés de fuligineux. Dont  un certain albatros, figurez-vous ! Là, franchement, j'en perds mon latin, lecteurs adorés ! Pour moi, benoîtement, l'albatros était blanc, d'albus, évidemment... Eh bien, pas lui ! Lui, il s'est roulé dans la suie, il a donc des tâches de cendre. Apparemment, notre albatros fuligineux est beaucoup moins rare que le merle blanc, qui, si j'en crois Wikipédia, "est un merle noir (Turdus merula) atteint de leucistisme ou d'albinisme." Rare, mais avéré (et photographié).
Ah lala, c'est un brin fuligineux, tout ça... car le mot s'emploie aussi bien au propre (si on peut dire, parce que le blanc fuligineux, ça fait douter de l'efficacité de la lessive qui lave plus blanc que blanc) qu'au figuré. Et il y a des chances que vous entendiez désormais ce mot dans ma bouche pour qualifier, par exemple, les discours et autres explications de mes filles ou élèves....ou pour décrire des émotions ou des états d'âme...
Mais peut-être connaissiez-vous déjà le terme, plus assidus que moi aux cours de latin, ou lecteurs depuis longtemps de David Lodge (qui a un vocabulaire assez riche en anglais pour que Yvonne et Maurice aillent taper plusieurs fois dans la réserve de mots rares, j'en suis le témoin ému).
En ce cas, j'ose espérer que mon article ne fut pas d'une lecture fuligineuse pour vous : et si la réponse, tristement, était que SI, eh bien, je vous encourage à aller mettre le nez dehors quelques minutes : notre bel astre du jour vous fera vite oublier la ténèbre !
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 09:30
C'est vrai, quoi.
Parlez-moi avec des mots doux, des mots-molleton, des mots-feutrés, des mots qui suggèrent, qui disent sans dire, qui ne heurtent pas, ne font pas de bleus, pas de rides, qui ne piquent pas...
En religion, en psychanalyse, en philosophie, on vous dire que les choses doivent être nommées et dites pour exister.
Oui, mais dans notre société, ce n'est plus politiquement correct, de nommer et de dire.
Un vrai mot pour une réalité qui dérange, ce n'est plus possible à entendre.
Y a pas de mourants, y a des personnes en fin de vie (VIE, c'est le dernier mot de la formule, donc celui qui fait du bien à entendre, non?)
Y a plus de vieux, y a des Séniors, c'est autrement gratifiant, cet OR qui brille et nous évoque autant des sportifs en pleine forme que de glorieux Romains du temps de l'Empire.
Pas d'aveugles, chez nous, que des non-voyants : là encore, que signifie cet infime et ridicule petit "non" face au magnifique "voyant" qui sonne à la fin du mot ?
La liste est longue, et figurez-vous que je viens de découvrir ce matin dans mes lectures professionnelles (et édifiantes) un des derniers tours de passe-passe linguistique de nos chers cousins canadiens.
Peut-être que notre Angel 2 connaît déjà le terme, puisque travaillant dans le milieu. Pour moi, c'est tout nouveau...et ça me fait gentiment bondir.
Vous connaissez l'INTEGRATION. Vous savez que c'est un (faux) cheval de bataille de nos institutions depuis quelques années. Faux, parce qu'au-delà de la volonté affichée et proclamée d'intégrer à tout-va les handicapés, aucun moyen matériel, financier ou humain n'est donné aux "intégrateurs" désignés d'office. Au contraire, intégrer = économiser.
Je résume en trois mots pour ceux qui ne sont pas enseignants (y en a parmi mon lectorat ;-) ) : un jour, on vous dit : "Vous allez avoir tel élève dans votre classe. Il a ce type de handicap (mais là, ça reste très évasif, à cause de secret professionnel, donc, y a le médecin scolaire qui sait, l'infirmière qui sait, la famille qui sait, et le prof qui va vivre toute la journée avec le gamin mais qui ne sait que le minimum minimorum) et donc, je vous donne ces 6 feuilles jaunes à remplir, vous notez votre projet pédagogique (!!!???) pour cet enfant et vous envoyez ça à l'Inspection académique pour le 15."
C'est pas la peine de dire que tu n'as pas été formé pour ce genre d'accueil, que t'as des craintes de mal faire, que tu ne vois pas comment tu vas offrir toute l'attention nécessaire à cet élève "porteur de handicap" (oui, pardon, parce que "handicapé" c'est un peu violent, on n'a pas le droit de dire ça si abruptement) alors que tu as déjà 25 autre élèves pas toujours faciles... Tu la boucles et tu dis oui, sinon, t'es un infâme méchant qui stigmatise le handicap et fait reculer la cause de l'humanité et c'est à cause de gens comme toi que le monde est si cruel.
Donc, tu remplis tes feuilles jaunes et tu culpabilises si le petit "porteur de handicap" ressemble vachement à un petit oisieau sans plumes à qui on dit  "mais si, tu peux quitter le nid, t'es exactement comme les autres"...
Et c'est vrai que chaque miette de réussite, tu te jettes dessus et tu lui trouves une saveur délicieuse... mais bon, dans cette histoire, il reste beaucoup d'affamés et le leurre agité aux yeux de tous fait quand-même vomir.

Tout ça (c'est du vécu, ça se sent peut-être?) pour en revenir à nos élèves "porteurs de handicap".
On l'a vu, le terme est censément adoucissant.
Mais pas encore assez pour nos cousins, toujours un train en avance sur le vieux Continent, il faut l'avouer.
Que sont donc ces enfants devenus ?
Des ELEVES A DEFI.
J'espère que vous appréciez le tour de force.
Le handicap a disparu (c'est digne de Lourdes, non?) et finalement, la personne atteinte par ce handicap aussi, ou presque.
La balle est dans le camp de celui qui relève le défi. Question de challenge personnel, finalement.
L'enfant handicapé dans sa chair, dans son coeur,  cet enfant qui doit bien vivre avec ça, toute sa vie durant, sans passer le relais, lui, cet enfant, c'est juste un élève à défi. Toute la partie active est pour le "maître". Toute la culpabilité qui va avec aussi, et pire que jamais. Tu relèves le défi, t'as intérêt à ce que ça marche.
Où est la place de la personne avec son handicap ? Dans l'action et le zèle de l'autre.
Moi, quand je lis ça, j'ai l'impression qu'on nie la réalité intrinsèque de cet élève. La vérité qui dérange. le handicap, le moche, le ratage de la médecine, le grain de sable dans une société de jeunesse, de beauté, de santé... Alors, on intègre, on avale, on digère, on fait comme si... T'en fais pas, ton h.... on n'en parle pas, c'est nous que ça regarde, un défi pour nous, et nous, les défis, ça nous fait pas peur !
Sauf que moi, si. Votre Gazetière, lecteurs bien-chéris, elle trouve que c'est un peu fort d'obliger les gens à relever des défis sans les préparer à ça, sans les soutenir, les entourer... et  en gommant toute réalité dure à entendre et en jouant à faire semblant... Quant aux "élèves à défi", tous regroupés dans le même panier, en quoi reconnaît-on leur personne dans ce qu'elle a d'unique, de spécial, d'extra-ordinaire ?
Parce que, quitte à changer les mots,
je préfère celui-là : extra-ordinaire.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 13:29
Joies ineffables de la langue : je crois que jamais je ne m'en lasserai !
Semaine de la presse oblige, et concours du CDI comme cerise sur le gâteau, je nage ces jours-ci dans les eaux poissonneuses du vocabulaire des journalistes. Un pur régal. Non seulement parce qu'on découvre des expressions aussi imagées que savoureuses, mais également parce qu'on a droit, comme une friandise, aux inventions des élèves, quand ils décident de se lancer sans filet et de se passer des glossaires qu'on leur recommande.

Au chapitre des locutions amusantes, en voici une sortie tout droit du Dictionnaire de l'argot des typographes, de Boutmy, 1883.

 Avoir un hanneton dans le plafond (presque équivalent à une araignée dans la coloquinte, nous dit-on, et j'adore aussi cette coloquinte !).
Évidemment, avec hanneton, j'ai tilté. On sait (désormais, on sait, en tout cas) que tel est le surnom/pseudo de mon auguste Mother...
Mais qu'est ce donc qu'un HANNETON pour ces hommes d'imprimerie ?

Hanneton, s. m. Idée fixe et quelquefois saugrenue. || Avoir un hanneton dans le plafond, c'est avoir le cerveau un peu détraqué.

J'ADORE ! Tellement plus vibrant et coloré que monomanie ou obsession ! Et même que tic, toquade ou marotte. Moi, j'aime bien l'idée d'avoir un hanneton dans le plafond... ;-)
Il me semble qu'on doit mieux supporter l'idée fixe de quelqu'un si on arrive à y penser comme à un hanneton, non ?
Une sorte de petit grain, mais avec des ailes...

Mais ce n'est pas fini, lecteurs adorés : lisez plus avant si vous voulez entendre parler d'un autre insecte vrombissant...et de drôles d'autres bestioles que fréquentent les journalistes.
Dans le fameux bulletin de participation du non moins fameux concours dont je vous entretiens (bassine?) assidûment, il y a donc quelques définitions à donner, appartenant évidemment au champ lexical de la presse. D'où la présence d'un dico ad hoc, soit en ligne, soit imprimé par mes soins.
Mais certains loulous préfèrent faire confiance à leurs solides connaissances personnelles pour répondre... et votre gazetière ne retient pas ses fous rires (une fois qu'ils sont partis, ça va de soi).
Vous aimez les perles scolaires ? En voici de 100% authentiques
(j’ai des témoins qui ont pu apprécier les originaux) et à peine récoltées d’hier ...

Alive, alive-ohoh ! Cockles and mussels, alive, alive-oho !***


Bourdon : “c’est dans le nid des guêpes » (je vous épargne l’orthographe…piquante !!!)

Canard : « c’est dans la mare ». Logique. Partis comme on était, c’est sûr, c’est pas un pavé.

Les chiens écrasés :…devinez, devinez, lecteurs perspicaces…. ??? Celle-là, je l’adore… Bon sang mais c'est bien sûr ! « c’est le bouledogue ». (Quoi ma gueule ? Qu’est ce qu’elle a ma gueule ??? )

 Et enfin, on a beaucoup aimé à la Bottine, parce que ça nous a fait voyager :

Gazette : « c’est dans la savane ». CQFD.

Naturellement, moi qui connais cet élève, je sais que ce n’est ni de la provoc’ ni du second degré… Alors, je ris, c’est vrai, mais avec beaucoup de tendresse aussi, soyez-en sûrs.

***I know, I know : l’Irlande, c’est mon hanneton du moment !!!
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