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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 16:55

 Avertissement (pour ma fille seconde) : attention, article-fleuve !

 

Prise, au gré de mes lectures studieuses, d’une petite crise d’étymologie, je viens de découvrir l’origine simple, évidente… et jamais imaginée par moi, du verbe « épater »! Pour moi, un nez épaté était un appendice nasal aplati, et un public de même état un auditoire ébahi. Point. Pourquoi ? Comment ? Les questions, étrangement, ne m’avaient point effleurée…

« Epater », Lecteurs qui seriez comme moi, au même sous-sol d’indigence lexicale sur ce point précis (s’il en est parmi vous, sauf votre respect !), vient tout simplement de « é-patter » : Priver de l'usage d'une patte (TLF). Fallait y penser, non ? Donc, on épatte, on épate, on ôte une patte, voire un pied. Le verre sans pied devient tout plat à la base… Vous me suivez ? Epater devient aplatir. D’où le coup du nez, ni pointu, ni bourbon, ni camus. Un pied… et pourquoi pas deux ? Je vous épate, j’espère ? Je vous coupe les jambes, vous en vacillez et perdez l’équilibre, baba de mes édifiants propos, de mes performances hallucinantes. Attention à ne pas aller en perdre aussi la tête…

J’épate la galerie. Quelle galerie ? Eh bien, sachez-le, Lecteurs curieux, ni plus ni moins que l’équivalent des « gradins » de la salle du jeu de paume. Car c’est de là que vient notre épatante expression ! Du jeu de paume, le vénérable ancêtre du tennis. Ce jeu de Paume qui a laissé moult traces dans la langue de Molière ! Outre le fameux « serment », notre jeu a imprégné notre royaume de France depuis le Moyen-âge. Au départ, point de raquette pour s’envoyer la « balle » à ce jeu de « courte-paume » (pas courte-paille !) De balle, du reste, il n’en était pas encore question. On disait un esteuf. Soit une poignée de laine ou de poils bien comprimés et cousus dans une peau de mouton. Qu’on se lançait de plus en plus fort, si bien qu’elle devint de plus en plus dure pour  aller de plus en plus vite, si bien qu’on commença à fabriquer des « vecteurs » plus résistants que les mains (la raquette était née !)  si bien que plus t’étais riche plus t’avais une super-raquette plus t’étais fort, si bien que… « jeu de main, jeu de vilain »… Eh oui, Lecteurs toujours plus grandement épatés, les nobles raquettaient ( !), les pauvres vilains, eux, n’avaient que leurs mains pour pleurer jouer… L’expression nous en est restée. Qui l’eût cru ? Pour en revenir aux vilains, il faut reconnaître que, fût-ce sans raquette, ils pouvaient au moins jouer, et qu’en cette unique circonstance, ils partageaient avec la noblesse le privilège de la « chasse ». Gardiens des valeurs aristocratiques, ne vous heurtez pas ! Je parle de la « chasse » au jeu de paume, pas sur les terres du seigneur ! Je cite « la "chasse" est un point particulier du jeu de paume. Lorsque cette chasse est obtenue les joueurs changent de côté. Le joueur au service... "perd sa place" favorable… »

Vous me suivez, Lecteurs de bonne volonté ? Qui va à la chasse, perd sa place ! Et hop ! Encore une expression dans notre paumesque escarcelle ! Vous en restez sur le carreau ? C’est le nom du « terrain » du jeu de paume… Voilà pour le sol…mais la salle elle-même, savez-vous comment elle se nommait ? Le tripot, Lecteurs bien-aimés ! Et comme les parties donnaient lieu à des paris et autres parties truquées (le jeu de paume c’était un peu le foot d’aujourd’hui), ben… voilà, le tripot est devenu le lieu de perdition que l’on connaît à présent, sans esteuf ni battoir, mais toujours abritant de louches joueurs… Bon, allez, je saisis la balle au bond (oui, oui, encore une !) et je finis gentiment, sans vous narguer d’un bisque, bisque, rage ! malvenu… tout droit, encore une fois, de ce jeu décidément omniprésent. J’arrive au bout de ma page A4, c’est assez long : la fin arrive et… tombe à pic !

 

Et pour en savoir cent fois plus...

http://www.club.fft.fr/courte-paume/info.htm

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