C'est tranchant, n'est ce pas ?
Cela aurait aussi bien pu être Vlan ou Bamm !
Mais c'est allemand, et c'est Schlink. Bernhard Schlink.
Bernhard : attention, n'oubliez pas le H au milieu, comme un souffle, un appel d'air ! Bernard, en français, ça c'est un peu rapide, un peu plat. Tandis que Bernhard, c'est fort, c'est puissant, ça respire. Pour le dire, on ne peut pas se laisser couler, on ne peut pas laisser glisser mollement. Non, il faut un certain volontarisme pour le prononcer : à peine le Bern s'étiole-t-il qu'il faut faire l'effort du Hard.
Bernhard Schlink. Angel du Milieu l'a connu avant moi. Me sachant germanophile (c'est peu dire) et ex-germanophone, connaissant également ma passion pour Stefan Zweig (fût-il Autrichien, chuis pas raciste), elle m'a offert pour mon dernier anniversaire (l'instant où je la "double" pour quelque temps) quelques oeuvres de ce monsieur.
Ce descendant virtuel de Zweig, pourrait-on dire. Et j'ai apprécié, grandement apprécié ! Tellement apprécié que, bon, allez, je pardonne à Stefan d'avoir volontairement mis fin à son existence de façon prématurée en nous privant de 20 ou 30 ans de créations signées par lui. Je suis magnanime, n'est-ce pas ?
Son "fils sprituel" ( y a que moi qui dis ça, hein !) a dignement repris le flambeau : l'écriture est fine et élégante (en tout cas est-ce ainsi traduit), les sentiments y sont analysés avec beaucoup d'intelligence et d'intuition, sans complaisance, les intrigues sont soutenues dans leur simplicité apparente... La place de la fatalité est toute aussi prégnante chez l'un et l'autre. Et puis, ce qui faisait si mal à Zweig, tout ce qu'il pressentait et qu'il a finalement fui, l'attitude de l'Allemagne face aux Juifs et au reste du monde... cela est devenu chez Schlink le fantôme du passé, un boulet en filigrane, toutes les interrogations d'une identité ineffaçable mais douloureuse, comme un tatouage, un de ceux qu'on n'aurait pas voulus, une suite de chiffres, par exemple...
Zweig, Schlink, deux noms qui claquent sur la langue, deux auteurs, chacun de son temps, à lire, apprécier, mettre en résonnance...
De Zweig, par exemple :
La lettre d'une inconnue, La peur, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme,
Le joueur d'échecs...
De Schlink : Amours en fuite, Le liseur...
Et lui, il est encore vivant, on en espère donc d'autres : youpi !