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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 16:34

Nous ne danserons plus.

 

*** Lorsque dans les milongas, on veut indiquer que la soirée se termine, on passe "La Cumparsita" deux fois de suite. Tout le monde comprend.(http://www.tangodesoie.net/contursi.htm)


Ceux qui m'aiment le savent : depuis décembre, l'idée de danser le tango m'était douleur.

Sujet qu'on ne pouvait plus aborder avec moi. Trop d'émotion, pas le courage.

 

On a glissé nos premiers pas sur les parquets de Son Tay en même temps. Tu m'as invitée, et on a appris ensemble.

Dix ans dans tes bras, Yil, mon tanguero.

Dix ans : que de pas, de ganchos, de salidas, d'abrazos... !

Dix ans de milongas, dansées comme des pasos, parce que nous, on aimait ça comme ça !

Et les tangos dansés sur du blues : ta trouvaille géniale !

Dix ans de farces, que tu me faisais. Dix ans de fous rires : on n'était pas des tangueros sérieux. Et on n'avait jamais honte de rien, dans ce milieu pourtant un peu ...guindé :-)

Dix ans de cours... changez de partenaire ! On se regardait : on change ? Non ! C'était tellement mieux ensemble !

Yil y Isabel.

tango1

Dix ans de stages, de bals, des tas de souvenirs, drôles, toujours.

Et de discussions, parce qu'on parlait autant que l'on dansait !

De tes fresques murales... tu étais un artiste. De tes étudiants... tu étais un prof aimé. Combien d'enseignants des Arts et Métiers ont reçu plusieurs "Pistons d'Or", comme toi ?

J'ai suivi avec grand intérêt ton travail d'humanisation de cette "grande école" ! Ateliers d'analyse transactionnelle, lutte contre le bizutage.... Tu oeuvrais auprès de ces jeunes avec la même joie que tu mettais à jouer les compadritos... d'opérette !

Avant Noël, nous avons su que tu ne danserais plus.

Toi, avec ta boule au poumon, moi, dès lors, avec ma boule au coeur.

 

Je garde de toi, mon beau Yilou, la chaude image d'un grand monsieur svelte et élégant, incroyablement jeune, qui m'accueillait toujours avec un sourire joyeux à nos rendez-vous dansants, car tu étais du genre "en avance"...( bien plus que moi !!!).

Un peu trop en avance sur ce coup-là, Gilles...

Je ne sais dans quelle pampa tu te balades ou dans quelle milonga céleste tu tournoies, mais je te souhaite le plus beau des tangos du monde !

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 17:44
L'Homme ne vit pas seulement de pain.... Voici longtemps, lecteurs patients, que je n'ai pas publié quelque article à visée édifiante et, par là même, nourri LA rubrique spirituelle de la Gazette.
Eh bien, justement, ce premier dimanche de Carême nous offre une belle occasion de rattrapage, ça tombe pile poil !

C'est que ce matin, vraiment, l'homélie de Charlie fut inspirée (c'est souvent le cas, certes)...et plusieurs lecteurs de la Gazette étant absents, il paraît nécessaire à la Rédaction de faire un petit compte-rendu.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,1-13.
Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l'Esprit à travers le désert  (...)


Ce désert, nous le voyons comme un temps de vide, d'épreuve, de souffrance peut-être ... Et nous entrons en carême avec cette idée-là, de se mettre à l'épreuve en attendant Pâques.
Et pourtant...qui n'a connu cela : on a une vie sociale, bien remplie, et un jour on tombe amoureux. L'Autre nous dit "Je t'aime" et soudain... on n'a plus envie de sa vie sociale, on n'a plus envie que d'une seule chose : être seul avec son Aimé. Ce désert est voulu, désiré, ô combien ! Il nous comble !

Pourquoi ne pas voir dans les 40 jours de désert de Jésus le désir de passer du temps, seul avec son Père ? Celui qui vient juste de lui dire "Tu es mon Fils bien-aimé"... Oui, pourquoi cet éloignement ne serait pas exactement ce qui comble et nourrit Jésus ? Et pourquoi ne pas voir les choses comme Lui.... ?

Jolie perspective et point de vue à méditer, mes abonnés chéris, n'est-il point ?

Et puis....attendez la suite, vous à qui les tentations du désert n'ont jamais vraiment "parlé" au coeur... (c'est mon cas, ces trois mises à l'épreuve de Jésus par le démon m'ont toujours semblées très éloignées de moi, de ce que je vis...)
Voici que Francis/Charlie nous propose de partir passer 40 jours au désert avec notre...DRH !
Mais oui, Directeur des Ressources Humaines, vous avez bien compris !
Et de jouer avec les lettres et toutes les ressources de notre humanité...

D comme directeur.... le démon dirige...
Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Prends ce pain, prends-le pour toi ! Notre société est remplie de directives de cet ordre : "Prenez, consommez, accaparez"...
Pourquoi Jésus prendrait-il, alors qu'Il est , Lui, justement, le Pain pour les hommes ? Non pas prendre mais Donner, voilà la vie de Jésus !
D comme Donner...
Echec de la première tentation !

R comme ressources...
Le démon (...) lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes (...)
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »

Pourquoi voudrais-je "des royaumes" alors que j'ai au fond de moi, offert, LE Royaume promis, le Vrai, celui qui est à l'oeuvre, éternel et déjà en route en mon coeur et mon âme ?
R comme Royaume.
Foin de la deuxième tentation !

H comme humaines...
Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder (...)
Pourquoi Jésus aurait-il peur de tomber ? Il n'est jamais monté !
Depuis sa naissance, il n'est qu'Humilité ! Il n'est jamais resté qu'au plus bas, en toute humanité avec les plus petits... Quelle chute devrait-il craindre ?
H comme humilité.
La troisième tentation n'a pas plus de prise que les autres sur Jésus au désert.

Voilà la manière dont, ce matin, notre cher curé nous a proposé d'entrer en carême : dans la joie et le désir d'être au plus près de Celui qui nous aime, notre DRH, Celui qui se donne à nous comme du pain, Celui qui fait vivre en nous le Royaume, Celui qui épouse notre toute petite condition d'hommes...

Joli carême à vous tous, mes abonnés,
ceux qui croient ...  et les autres ! :-D
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 11:05
Le temps qu'il faut, qu'il faut se donner pour comprendre.
Le temps qu'il faut, qu'il faut laisser à l'autre pour qu'il s'exprime.

Très belle conférence d'un lama et d'une moniale bouddhistes hier soir, sur le thème de la présence à l'autre dans tous types d'accompagnement. En tant que soignant, en tant que manager, en tant qu'enseignant et éducateur... Nous étions justement un trio représentatif de ces trois situations d'accompagnement, c'est dire si le propos fit écho à nos oreilles...et nos consciences (plus ou moins éveillées!!!). Et puis, aussi, évidemment, l'accompagnement des proches, toutes situations confondues.
La Gazette ne fera pas ici de résumé de condensé d'abstract de ce qui nous fut offert hier soir. Inutile autant qu'impossible. C'était une expérience à vivre.
Elle reprendra juste un thème qui lui est cher, celui du temps.

Ce fameux temps pour comprendre qui aboutit au moment pour agir***.

Petit rappel : les Grecs avaient deux mots pour le temps : Chronos... le temps qui coule, linéaire, répétitif, et Kaïros, l'évenement, l'occasion, le temps qui vient chambouler Chronos, le déprogrammer.
Deux mots bien différents qu'on retrouve dans la Bible, notamment, lors d'alternance de passages de maturation et de passages d'action. Dans la Bible, donc, évidemment, dans nos vies. Car, c'est certain, la Bible est bel et bien un livre de vie pour l'Homme, où il peut de façon inépuisable, chercher et trouver son chemin. Avec l'Esprit, comme le rappelait mon cher prof de "judaïsme" (si j'ose dire), et en allant au-delà de la Lettre.
Mais je digresse, comme dirait l'autre, bien que tout cela soit lié.
Hier, c'était l'heure de la philosophie bouddhiste.
Et quand il fut question du temps de l'expérience, de ce temps d'intégration, d'assimilation, il en sortit un proverbe qui plut beaucoup au public et dont je viens dans ces colonnes vous faire partager la vérité et l'humour (comme les blagues juives, d'ailleurs).

Ce n'est pas en tirant sur le gazon
qu'on va le faire pousser plus vite...


Je ne commente pas, n'est-ce pas, je pense que tout y est !

***Qui ignore encore parmi vous, lecteurs bien-chéris, que c'est un de mes "axes de réflexion" préférés ?
Je précise, à propos d'AGIR : "éventuellement", a dit la moniale hier soir. On parlait  à ce moment-là du cas particulier de l'accompagnement du deuil.
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 17:51
...la Gazette se doit tout de même de publier un petit truc pour marquer le début de l'Avent, s'pas, lecteurs bien-chéris ?
Ce temps apocalyptique, comme nous l'a bien expliqué Francis ce dimanche, ce temps de la Révélation (du grec apocalypsis,  proprement « révélation de Dieu »), quand le divin crée une brèche et se connecte à l'humain, quand le divin prend chair, quand le Royaume se révèle et s'incarne.
Pas trop de quatre semaines pour s'y préparer, finalement... ;-)
Pour fêter cette entrée sur notre chemin de Veilleurs, votre Gazetière sort enfin de ses tiroirs une jolie prière, qui lui fut offerte il y a de longs mois par un lecteur luthérien (LE lecteur luthérien, devrais-je dire...).
La chose était trop belle pour la servir n'importe quand, et je la gardais donc au frais pour une occasion à sa hauteur.
C'est une profession de Foi interreligieuse qui fut dite lors d'un culte à l'église de notredit lecteur luthérien.

Confession de foi chrétienne du Dieu vivant

Shafique Keshavjee***, in Missi 53/ Mission 79

 

            Avec tous nos frères et sœurs chrétiens, nous confessons que le Dieu Unique est Père - au-delà de tout et de tous -, Fils - s’approchant de tout et de tous - et Saint-Esprit - au-dedans de tout et de tous.

            Nous confessons que le Dieu trois fois Saint est mystère d’infinité et de proximité, de communion et de communication, de tendresse et de justice.

 

            Avec nos frères et sœurs en humanité juifs, nous confessons que Dieu est le créateur de l’univers et qu’il est le saint.

            Et différemment d’eux, nous confessons que le créateur s’est fait créature et que le saint s’est incarné.

 

            Avec nos frères et sœurs en humanité musulmans nous confessons que Dieu est le tout-puissant, le parfait et l’immortel.

            Et différemment d’eux, nous confessons que le tout-puissant a accepté d’être fragile, que le parfait a porté nos imperfections et que l’immortel, par la mort et la résurrection de Jésus, a transfiguré notre mortalité.

 

            Avec nos frères et sœurs en humanité hindous, nous confessons que Dieu est l’Un indescriptible.

            Et différemment d’eux, nous confessons que son unité est multiple et ne se résorbe pas dans l’un.

 

            Avec nos frères et sœurs en humanité bouddhistes, nous confessons que la réalité ultime est inexprimable.

            Et différemment d’eux, nous confessons que l’inexprimable s’est exprimé, non comme “vide” impersonnel (shûnyata) mais comme personnalité qui s’est “vidée” (kénose).

 

            Ainsi avec les religions de l’orient, nous confessons que Dieu est silence et souffle.

 

            Avec les religions juive et musulmane, que Dieu est parole.

 

            Et différemment de toutes, nous confessons que Dieu est tout à la fois silence, parole et souffle, Père, Fils et Esprit, que la source silencieuse s’est faite parole, que la parole s’est faite chair et que par le souffle de la parole toute chair peut devenir une parole animée à la louange de Dieu au-delà de tout.

 

            Avec nos frères et sœurs en humanité sans religion et de bonne volonté, nous confessons que les droits de l’homme et de la femme sont inaliénables.

            Et différemment d’eux, nous confessons que l’humain est image du divin.

 

            Avec l’apôtre Paul et tous les chrétiens de tous les temps, nous confessons la divinité, l’incarnation, la mort, la résurrection et l’élévation de Jésus, Fils de Dieu reconnu comme Messie venu et qui vient.

 

            Cette confession commune nous réjouit intensément.


*** Mini bio :
Shafique KESHAVJEE est originaire de l’Inde. Né au Kenya en 1955, il a vécu en Angleterre avant de s’établir en Suisse. Licencié en sciences sociales et politiques et en théologie, S. Keshavjee s’est spécialisé en histoire comparée des religions (thèse de doctorat en science des religions sur Mircea Eliade). Pasteur dans l’Eglise réformée du canton de Vaud, il a été l’un des fondateurs de l’Arzillier, maison du dialogue à Lausanne, offerte pour la paix entre Eglises, religions et spiritualités. Engagé activement dans le dialogue interconfessionnel et interreligieux, il a consacré une partie importante de son temps à la spiritualité et à la solidarité, à l’écriture et à des débats de société.
Depuis l’automne 2005, il est professeur à la faculté autonome de théologie protestante à l’Université de Genève.
S. Keshavjee est marié et père de quatre garçons . (NDLR : le pauvre !)
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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 17:28
Menu spécial "Vacances de la Toussaint"
 pour affamés de polars :

Mise en bouche : Un Vargas (croustillant) qui m'avait échappé...


Entrée (copieuse) : L'absence de l'ogre, de Dominique Sylvain, avec mes très chères Ingrid Diesel et Lola l'ex-commissaire, dans un Paris comme on l'aime.


Plat principal (4 pièces) : assortiment d' Harlan Coben
:
 

                                       


L'assiette des desserts : Le secret de l'éventail (rose) et le mystère des pavots blancs : deux enquêtes d'Enola Holmes, la sœur (et rivale) de notre cher Sherlok. Au menu : énigmes, Londres du 19e, société élégante et même, entre les lignes, une certaine ironie.


La petite mignardise pour finir en douceur :

Le sourire de sang
de Giulivo, même époque, même ville brouillardeuse, et une autre héroïne qui ne craint rien.



C'est ma valisette de lecture pour les vacances. Parenthèse entre tous les autres ouvrages qui m'attendent sur ma table de nuit, dans ma caisse de Gromel-Belair et sur mes étagères de "trucs en cours / trucs à lire".

On sait, d'ores et déjà, que je ne finirai pas tout :
ça s'appelle
avoir les yeux plus grands que  les lunettes.


Mais tant pis, je verrai bien  jusqu'où j'irai : en attendant, j'ai un appétit d'OGRE !!!!
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 16:09
Ce dimanche, c'était l'été. Et la Fête de la musique.
La lecture du jour, pour les aficionados de la messe, c'était "La tempête apaisée".
Bref rappel pour ceux qui aurait la mémoire un peu étiolée.
Après avoir parlé aux foules toute la journée, Jésus embarque avec ses disciples et dit "Passons sur l'autre rive". C'est du lac de Tibériade dont il s'agit. Tandis qu'ils sont loin du bord, la tempête fait rage et tout le monde craint que la dernière heure ne soit venue... Sauf Jésus qui dort dans un coin du bateau. Affolés, les disciples le réveillent et en deux temps trois mouvements il calme les vents et les eaux. Puis, il leur reproche de n'avoir guère confiance...
Notre Francis/Charlie, chef des Angels, a donc mis l'accent sur ce Dieu qui nous exhorte à passer sur l'autre rive, nous pousse à avancer, à changer, à franchir, à passer.
Des passages, des pâques, du dépassement.

Et on a chanté :

Tu es le Dieu des grands espaces
Et des larges horizons…

« Va ! Quitte ton pays,
Tes idées mortes et tes vieux préjugés.
Ta vie va refleurir,
N'aie pas peur de mourir (...)

« Passe à travers la mer, (traverse les déserts)
Je t'ouvrirai de vastes horizons
Tu auras soif et faim
D'aller toujours plus loin...

Oser laisser derrière le passé et ne pas craindre l'avenir. Affronter la tempête, les tempêtes : dans tout changement, dans tout passage, même heureux, il y a du chambardement et de la crainte. Abandonner son travail, sa maison, sa petite école, son confort... Prendre sa retraite, déménager,  entrer au collège, bouleverser sa famille... Reconstruire, rebâtir, recréer. Pas facile, mais vital.
Jé sus dort dans la tempête : le silence de Dieu, qui ne l'a éprouvé ?
Mais la prière le réveille, et la tempête s'apaise.
Et l'autre rive étincelle de nouveauté, de vie, d'espérance. Surtout, ne pas reculer, surtout aller de l'avant. Oser. Dépasser son passé et oser le passage. Encore et toujours. Tel Abraham, tel Moïse, tel  Jésus. Traverser, pour vivre, en vrai ! Il n'y a que les morts qui ne bougent pas, n'est ce pas ? Evitons de l'être avant l'heure ;-)
Ah ! ça fait toujours du bien de se laisser un peu secouer comme ça ! On a tellement tendance à se laisser empoussiérer par facilité... ou à être sur le qui-vive, prêt à reculer... ou du moins à éviter d'avancer... ;-))
Alors, fuyons la couardise et la lâcheté, mouillons-nous, plongeons, tenons avec courage dans nos tempêtes et nos nécessaires passages : la promesse est là, pas loin, juste de l'autre côté... :-)
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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 13:46
C'est une plainte, une lamentation commune à tous les représentants de ma profession, même les Docs pas toc-toc, croyez-moi !
Ils ne savent pas chercher, c'est sûr.
La preuve : ce qu'ils nous "ramènent" comme travail quand ils ont une recherche à faire. La plupart du temps (si c'est eux qui l'ont fait), le résultat est... médiocre, souvent à côté de la plaque, pas digéré (il ne savent pas en dire trois mots), étranger à eux. Le bénéfice est proche de zéro, ne faisons pas semblant de croire le contraire.
Mais alors, apprenez-leur, dira-t-on fort intelligemment ! Bien sûr, on ne demande que ça, nous.
Sauf qu'eux, ils sont sûrs et certains de savoir chercher comme des dieux ! Alors, à part ceux qui n'ont pas Internet à la maison, c'est bien difficile de les convaincre qu'on va les aider utilement...
Bon, alors, qui a raison ? Eux ou nous ?
Les deux, mon Général !
Oui, ils savent chercher. Ils savent chercher ce qui les intéresse. Question de motivation, c'est la réponse qui vient de suite. Là encore, votre Gazetière va nuancer cette affirmation. Question de motivation, oui, mais pas seulement.
J'explique (ceci est un article sérieux, étayé par des observations in vivo, quelques connaissances en cognition, de nombreuses années de pratique péda, de  passionnées études en pédagogie de l'info-doc...).
Il est une notion fondamentale en recherche d'information, c'est la reconnaissance du besoin d'information (Saint André Tricot de Toulouse, priez pour nous, pauvres profs-docs !). Il faut d'abord savoir qu'on a besoin de savoir pour assouvir ce besoin. Plus on en sait, plus on a besoin d'en savoir (parce que comme disait à peu près le vieux Grec, je sais que je ne sais rien).

Demonstration scientifique (!)

Situation 1

Je suis un ado (hypothèse d'école ;-) )
Je suis passionné par le sujet X.
J'ai besoin d'avoir une info très précise sur ce sujet.
Je sais (et je vais)  la trouver sur le net avec une rapidité et une efficacité probantes.
Que les parents qui ne savent pas ça me jettent la première pierre ("si ! la piscine est ouverte aujourd'hui à partir de 14 h", "si ! le tome 3 de EEE est en librairie depuis ce matin", "je te dis qu'il y a encore des places pour le concert de BBB", "le Td123H, y en a en promo chez Bidulix à  59 €"...La palette est vaste et les tuyaux rarement creux !)
Pourquoi les infos sont -elles rapidement trouvées et pertinentes ? Parce que le "chercheur" savait très bien ce qu'il cherchait. Du coup, il a très bien su cibler aussi les réponses qui l'intéressaient. Il y a de la motivation, mais il y a surtout, cognitivement parlant, du SENS.

Situation 2

Reprenons notre ado, dans un milieu plus contraint, avec une demande professorale sur un sujet qui n'évoque rien pour lui. (Ce sont des observations in vivo, je vous l'ai dit. In vitro, le prof aurait motivé ses élèves et créé un besoin, une envie, donc, dans ce monde scolaire idéal, on en reviendrait à un projet de l'élève, soit au paragraphe au-dessus, situation 1)

Situation 2-a :  une liste de questions sur un sujet, appelant une liste de réponses.
Au niveau "questionnement et problématisation", ok, c'est le degré zéro, mais ça existe, ne nous voilons pas la face.

Situation 2b :  plus exigeant mais plus formateur au niveau intellectuel,  un "sujet" dont il devra tirer quelque chose de plus ou moins formalisé (l'exposé, pour résumer, ou l'affiche, la biographie...)
L'ado (devenu un élève) ne sachant souvent rien à propos du sujet de recherche, comment s'imaginerait-il ce qui lui manque ? Il ne met à ce stade aucun SENS dans la demande.
Il va donc falloir mettre en route le moteur de l'effort intellectuel... Ce sens, il va bien falloir le créer....

Et c'est là que l'Internet ne nous aide pas comme on pourrait le croire, et que même, au contraire, il empêche les performances en info-doc !
Comparons :

"Avant" (= l'Âge d'Or des profs !!! MDR) : l'élève  devait répondre en utilisant des ressources matérielles (encyclo, dicos, manuels, documentaires, périodiques...).

Les livres parlent, j'en suis persuadée, et nous disent beaucoup de choses. Encore faut-il parler la même langue qu'eux.
Pas question d'obtenir une réponse si on ne sait pas leur poser la question. Ils resteront muets.
Une question que l'élève ne comprend pas sur un sujet qu'il ne connaît pas : le blocage est complet. On peut lui donner 20 ouvrages sur son sujet, il ne se passera rien.
Il fallait donc qu'il se mette à tenter de comprendre la question. Je ne dis pas que cela se faisait spontanément et sans contrainte ! Mais le renvoi systématique au dictionnaire, la recherche de synonymes, les tentatives de donner du SENS à la question en passant par la reformulation finissaient par amorcer une certaine pompe... Et, bon an mal an, une certaine image de la question se construisait, qui ouvrait des perspectives sur les réponses possibles...et leur localisation éventuelle.
J'ai peut-être l'air d'enfoncer des portes ouvertes mais tout n'est pas si évident qu'il paraît, lecteurs adorés.
En passant par cette construction du sens, l'élève "ouvre les yeux" et devient un peu plus "concerné" par le sujet, même si ce sujet ne le motive pas personnellement. Simplement,  on le pousse à comprendre... Pas anodin, n'est ce pas ?
Une fois qu'il a compris ce qu'il lui fallait chercher, que ça l'intéresse ou pas c'est autre débat), il pourra au moins trouver un embryon de réponse qui fait sens (cela peut être fastidieux, je vous l'accorde...mais on ne peut éradiquer toute contrainte de l'acte d'apprentissage)

Maintenant : (= de nos jours dans nos classes = l'enfer! ;-) )

Posons notre vaisseau spatial pédagogique sur la planète Internet. Mettons en route un bon gros moteur de recherche.
Vous la voyez poindre, la fausse solution qui en réalité devient vite un problème ?
L'élève a devant lui une question qu'il ne comprend pas (mais alors pas du tout, croyez-moi, à peine l'a-t-il lue). Le fait que la question n'ait aucun sens pour lui n'est absolument plus un obstacle à la recherche d'une réponse. Toute "l'intelligence" de la chose a disparu en même temps qu'est apparue la possibilité d'interroger le moteur en langage naturel et intégral.
Le simple fait de recopier cette suite de mots non signifiante* (pour lui) va faire apparaître une succession de liens contenant les mots demandés. MAGIE !
L'élève est dès lors totalement persuadé que la réponse est là, toute faite et parfaitement juste, bien plus réussie que tout ce qu'il aurait pu produire lui-même avec un questionnement qu'il n'a pas compris ! Assurément, il est tout à fait certain que des bonnes réponses se cachent dans la liste... mais où ? N'imaginez surtout pas que la pêche à l'info est une compétence innée et spontanément acquise...
Dès lors, vous pouvez imaginer la pertinence des informations retenues : ne sachant à quelle question il répond, il est plus que fréquent qu'il tombe à côté à tous les niveaux : erreur sur le sujet (drame de la polysémie** !), niveau d'expertise inadéquat (du blog du gamin de CE2 à la thèse universitaire en passant par les catalogues de vente, les rayonnages du Net sont bien garnis ! ...)
Imaginez un grand QCM dans une langue que vous ne connaissez pas (pas une langue latine, hein, bande de petits malins...), vous aurez une idée des chances de trouver les bonnes réponses aux questions qu'on vous pose ;-)

Peut-être allez-vous répondre que l'élève triera APRES parmi les réponses et sera donc à même de sélectionner la (les) plus pertinente(s).
Je vous réponds de suite par un axiome qui vaut au moins pour les années collège-lycée : celui qui n'a pas cherché à comprendre AVANT ne cherche jamais à comprendre APRES. Ou : qui évite l'effort dès le départ continue de même par la suite... :-)
 
Je ne voue pas Google (et ses cousins) aux gémonies, loin de là ! Ce sont de fabuleux outils qu'il est bon d'utiliser et de maîtriser.
Je rappelle juste qu'une machine ne remplace pas un cerveau***, et que le fait de pouvoir obtenir une réponse sans avoir donné DU SENS à la question est un piège qui fait qu'au niveau scolaire, plus nos enfants cherchent moins ils trouvent, mais plus ça a l'air de marcher et plus ils se croient doués, donc moins ils sont enclins à apprendre une autre manière de procéder...
Et naturellement, plus on tente de leur expliquer (qu'on a raison !), plus on a l'air ringard et plus le soupçon d'incompétence face aux nouveaux outils et au monde actuel plane sur nous ... :-)
C'est dur, du côté de la cabine de pilotage de garder le cap...

(lecteurs indulgents, pardonnez l'ENORME faute d'orthographe de cette image...
Moi aussi, elle me fait frissonner,
mais comme la blague me plaît, je la publie quand même... et les réf. avec  :
http://www.lafilleduperenoel.net/dotclear/images/internet/titanic_cartoon.jpg)

Il devient évident qu'avec Internet nos façons de travailler sont modifiées, et, plus bouleversant, notre façon de PENSER change aussi. C'est une problématique qui me passionne depuis un certain temps déjà, et un lecteur de la Gazette a eu la gentillesse de me faire parvenir un lien  intéressant sur ce sujet, une réflexion facile à lire mais qui met bien en lumière cette évolution assez soudaine.

Si la chose vous intéresse....


* : ne croyez pas que j'exagère, certains élèves recopient lettre à lettre et si on leur demande le mot qu'ils ont écrit (parce que le mot en question n'est pas un vrai mot, mais c'est pas grave, Google propose une autre orthographe !) ILS NE SAVENT PAS !!! Ils répondent qu'ils liront après !

** : comme la polygamie, d'ailleurs, autre drame (du point de vue des femmes) ;-)

*** : et c'est pareil pour le correcteur d'orthographe !!!! :-D


Et voilà, vous, mes lecteurs patients qui seriez éventuellement arrivés jusqu'au bout du billet, la cloche a sonné, le cours est fini, maintenant, vous pouvez sortir en récré !




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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 11:24
En écho à la Cour des Grands...

ici


Pessah, le Passage, la Pâque...

Des traditionnels baptêmes d'adultes au récit de ma Mer Rouge,
la célébration d'hier soir était ouvertement dédiée
à tous les PASSAGES que chacun de nous a à vivre.


Alors, pour vous, mes lecteurs,
une pensée pour tous ces passages douloureux mais nécessaires.


Pour ceux où vous avez été entraînés un peu malgré vous,
 mais qui ont finalement été salutaires.


Pour ceux que vous avez choisi d'oser,
malgré la peur et les difficultés,
parce que la confiance et l'espérance ont été plus fortes.


Pour ceux auxquels vous avez renoncés,
parce qu'avoir du courage, c'est dur,
parce que l'esclavage a des côtés rassurants,
mais qui vous ont laissé un peu d'amertume sur les lèvres, malgré tout.


Pour ceux qui ne manqueront pas de se proposer à vous
un jour ou l'autre...


Et pour se rappeler qu'on ne traverse pas tout seul...
:-D

Un petit Chagall, ça fait pas d'mal !
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 12:12
Lecteurs bien-aimés qui n'avez pas envie de lire un article d'édification spirituelle, vous pouvez choisir de vous arrêter ici. Car la suite est une profession de foi assumée.
Le jour veut ça, quelques heures avant la Vigile pascale.
De plus, ça fait longtemps, je trouve, que je n'ai pas joué à la pasteure (pasteuse, pastrice, pastoresse?) qui se défoule en chère....
Et puis aussi, j'avoue, je n'ai pas eu mon content de spritualité cette semaine : la faute à une espèce d'adorable petit truc de 2 mois, un truc qui sent bon, qui fait de petits bruits et des sourires sans dents mais adorables. Un petit machin tout tiède qui s'appelle Salomé, qui est presque chauve et complètement craquant, la fille d'une copine du KT, une poupée qui est passée de catéchiste en catéchiste durant la messe du Jeudi saint. Alors, mea culpa, je n'ai regardé qu'elle, je n'ai ecouté qu'elle, et pas du tout les (sûrement) belles paroles de mon cher Curé Charlie....
Je me fais donc une séance de rattrapage, afin de ne pas arriver trop "à sec" ce soir, à la veillée....
Car c’est la fin du Carême (rudement et strictement observé à Donaldville, comme chacun le sait…) Cette nuit, certains d’entre nous, dans l’obscurité de la nuit, allumeront une flamme au brasier et  fêteront la Résurrection.

Au-delà de cette célébration chaleureuse, que disons-nous, que professons-nous ? Que la tombe était vide…il y a plus de 2000 ans ? Sans doute, puisque ça a commencé ainsi. Mais ce qui nous importe, soyons sincères, c’est ce qui se passe ICI et MAINTENANT, non ? Alors, c’est quoi, cette résurrection, pour nous, ceux qui « croyons » ?

C’est, très simplement, la force de l’amour dans nos vies. L’amour qui réjouit, qui pardonne et partage, qui lutte pour la justice et la paix,

Joyeusement, la Vie se fraye un chemin parmi les tristesses et les morts qui jalonnent notre existence : espérances déçues, trahisons commises ou subies, échecs, pertes, fin inéluctable de toute chose… L’amour,  pourtant, au cœur de la vie,  franchit et rachète toutes ces morts. 


La résurrection au quotidien, c’est l’expérience de cet amour plus fort que le reste. C’est tomber et se relever, soutenu par l’Autre. De même que c’est sourire et se réjouir profondément de voir l’Autre « renaître », « sortir du tunnel », se mettre en marche à nouveau. Pour croire en la résurrection, il faut croire en l'Homme. Croire que chaque être humain, est « plus que lui-même », que ce que j’en perçois : ne condamner personne, faire confiance à la vie, essayer de porter sur l’autre un regard empreint du regard de cette « transcendance » que les croyants appellent Dieu  mais que d’autres peuvent percevoir autrement.… Un vrai boulot de tous les jours... ;-)

« On ne monte pas au Ciel, on le devient »

C’est sur mon Mur de l’Espérance, c’est une carte qui vient de Bellocq.

 

La résurrection au quotidien, c’est une  foi qui arrache l’être humain à son angoissante finitude solitaire, le nourrit d’espérance et de désir, et  le réconcilie avec l’Univers tout entier, Ce n'est pas l’idée d’un autre monde, différent et meilleur accordé (peut-être) « après ». Ça, je m’en fiche, en réalité.

ICI et MAINTENANT.

La résurrection au quotidien, c'est le monde dans toutes ses dimensions, c’est la réalité de tous les jours avec son « au-delà » immédiat. Ce n’est pas une utopie lointaine avec d’hypothétiques lendemains qui chantent, mais l’accès à une part « de ciel » dès aujourd’hui ! La résurrection que je professe, c’est chaque fois que la tendresse et l'attention sont plus forts que le rejet ou l’indifférence, c’est quand la vérité l’emporte sur le mensonge, quand le don et la confiance se font spontanément.  Elle germe dans chaque réconciliation, dans chaque main tendue, chaque timidité vaincue et chaque sourire offert. La résurrection, je la vois et j’y crois, chaque fois que la vie triomphe du mépris, de la division et du manque d’espoir.

La Résurrection, c'est vraiment la lampe sur ma route, comme on le chante en ce moment le dimanche....

 

 Mes lecteurs chéris,

Heureuse et belle fête de Pâques !

 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 09:19
Ah non, elle ne va pas nous refaire le coup du hareng ficelé ? vous demanderez-vous sans doute, mes abonnés chéris !
Mais, non, je vous rassure de suite, je ne vous rejoue pas le mur des poèmes disparus. Je reviens sur mon hareng, parce qu'au départ, le propos était savant, avant que de devenir poétique. Savant, oui, n'ayons pas peur des mots!  Je voulais vous entretenir d'un sujet savoureux et faire de vous des lecteurs instruits en matière ichtyologique, et spécialisés en hareng, donc.
Vous en rêviez? La Gazette l'a fait !
Pêche au hareng vers 1550
http://www.greenpeace.org/raw/image_full/canada/fr/photosvideos/peche-hareng-1550.jpg

Et d'abord, savez-vous ce que signifie SAUR (que l'on trouve également sous la forme de saurE) ?
Sachez que c'est une couleur, un jaune tirant sur le brun pour être précis, dont on peut gratifier certains chevaux et faucons.
Notre bestiole poissonneuse ne tient cette couleur saure que son fumage, précisons-le : ce n'est pas sa peau naturelle (qui est bleue, paraît-il).

Ensuite, lecteurs chéris, entrez de conserve avec moi dans l'univers étonnamment varié du hareng !

Apprenons ensemble, c'est d'actualité, que la bête dont il est question était appelée (je vous parle d'un temps que les moins de 200 ans..etc.) POULET de CAREME (petit, petit, petit...ça doit être à cause de la couleur, parce que sinon, je ne vois pas bien).

Et puis, désormais, vous saurez faire la différence entre toutes les dénominations de notre poulet pré-pascal en fonction de son état :

- fraîchement salé : hareng pec
- moins salé : craquelot ou bouffi (tu l'as dit...)
- fumé et resté entier : buckling
- ouvert, aplati, fumé : kipper
- très sec, fait pour la longue conserve, c'est le hareng franc-saur.

Et quand-même, je rapporte aussi : "
Les plus beaux harengs saurs, les plus grands, les plus charnus, les plus dorés, les mieux fumés au genièvre sont les saurets de Germuth, en Irlande. »(Cf. wikipedia)

Bon, si on continue comme ça, votre Gazetière va se mastériser en harangère.... Et encore, réjouissez-vous, je n'insiste pas sur le rollmops,  ni le haddock (le vrai, le faux, le jeune, le vieux...), la bacalhau, même pas sur la sardine de baril (évidemment, tous ceux qui ne sont pas nés Dupuy ne peuvent pas comprendre l'enjeu de la sardine de baril).

Mais quand-même, merci la saint Patrick de DonaldVille, un monde inconnu s'est ouvert à moi, celui de la conservation du poisson par fumage, salage, pressage... J'en suis à me demander comment j'ai tenu quatre décennies sans même me douter de tout ce qu'on pouvait en apprendre.

La vie est décidément pleine de surprises....



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