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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 13:11
Elèves, si vous saviez...
Elèves, même en sachant, je suis persuadée que vous n'arrêteriez pas, finalement.
Ces trucs qui nous agacent prodigieusement, nous "les profs".
Dont on parle entre nous, en salle des profs... et ailleurs (car nous avons une fâcheuse tendance, si on se retrouve à plusieurs, à ressasser... avouons-le!).
Ces trucs actuels, je le précise, car une salle de classe, disons "occidentale" du XXIe siècle a des caractéristiques assez éloignées d'une salle d'il y a 100 ans. Mais des trucs universels (à notre époque donc)  car si tous les degrés de l'échelle du comportement scolaire existent, du pire au meilleur, il y a d'incontestables constantes (exercice de diction : répétez 10 fois très vite la phrase en gras.)
Notamment, ces "fameux trucs" qui nous insupportent à tous les coups. Ceux qui ont l'art de nous faire perdre notre patience (d'ange) et qui desservent immanquablement les petits garnements qui les pratiquent. Je ne prétends évidemment pas connaître l'opinion de TOUS mes collègues occidentaux, même pas ceux du territoire national, même pas ceux de ma ZAP (zone d'activité pdagogique). Mais je mettrais ma main à couper que je parle pourtant au nom de tous !!!

Petite typologie de base

Les Cépamoi et les Jairienfait

Dix minutes que ça dure, en plein devant nous (ou derrière, mais comme on a des yeux derrière la tête...), comme à chaque cours. On en a carrément marre, ça devient insupportable (quoi que ce soit : bavardage, bricolage, dégradations, agressions...la liste est infinie), donc, on décide de faire stopper.
Les Cépamoi et les Jairienfait n'ont pas honte. Le déni systématique ne les fait jamais rougir, mais ils savent instantanément se composer un visage de dignité outragée doublée d'une magnifique incarnation de l'injustice, appelant à la Vérité collective, osant sans vergogne demander un témoignage favorable à leur victime directe quand il y en a une.
Si si !  je vous jure ! Laquelle victime ne sait même plus quoi répondre devant les dénégations frénétiques du Cépamoi dans son grand rôle. Du style "je retire ma plainte"....alors que ça chouinait depuis 10 minutes....
Dans les cas les plus désespérés, quand la sentence donnée par le prof indigne et sans coeur risque d'être grave, le Cépamoi ou le Jairienfait sort les armes lourdes : "Sur la vie de ma mère..." Si le prof ne s'est pas rendu à la raison avec cette évocation ultime, il reste (c'est du vécu personnel et assez récent) : "Ahahaha ! Mais POUR UNE FOIS QUE JE DIS LA VERITE, CROYEZ-MOI!!!"
No comment.


Les Egyptiens

Ce sont les élèves qu'on n'arrive à voir que de profil. Jamais de face. On a devant nous comme un bas-relief de pyramide.
Dès le début, ils choisissent si possible une place contre mur : celui-ci leur servira de dossier, puisqu'ils n'utiliseront jamais celui de leur chaise, qui est donc perpendiculaire, sauf comme accoudoir, pour reposer le bras qui n'est pas allongé sur la table.
Ceux-là, au moins, c'est clair, on ne les intéresse pas.
 Même pas comme public, finalement. Ils s'orientent donc face à un public et/ou spectacle (ça varie) bien plus captivant : les autres. Auxquels ils s'adresseront sans scrupule au moment qui leur sied. De ces Egyptiens, on ne réussit à avoir que des visions frontales fugaces, obtenues par la force et la menace. Et encore. Ces animaux-là, contraints à rester dans notre axe, baissent assez rapidement le nez pour ne pas avoir à affronter notre regard destructeur de basilic...
Narcissiquement, les Egyptiens sont douloureux...

Les Entre-deux

(J'avoue, Lecteurs chéris, c'est un truc que je ne supporte particulièrement pas).
Ils viennent en cours entre deux temps de pause.
Juste parce qu'ils n'ont pas le droit d'attendre dans la cour ou dans les couloirs, ben non, ils ont cours... mais c'est comme une "erreur", un temps de latence, un défaut de conception dans l'emploi du temps. Lost in translation.
Donc, pas la peine de prendre des dispositions particulières pour ce temps d'entre-deux, temps vide, qui ne sert à rien.
Donc, on garde le blouson, l'écharpe, voire les gants et le couvre-chef aussi longtemps que possible, en espérant qu'on ne les forcera pas à enlever inutilement tout ça puisque de toute façon il faudra les remettre bientôt.
Les Entre-deux, sauf consigne exigeante et barbare, ne sortent pas leurs affaires de leur sac : il faudra les y replacer, quoi qu'il en soit.
Si on les a contraints, encore une fois, à attraper "leur matériel", on devra s'attendre à ce qu'ils ferment leur trousse au moins 10 minutes avant la fin du cours, qu'ils rangent  le reste à H - 8 minutes, et qu'ils rezippent leur blouson et enroulent leur écharpe à H - 6 (au mieux). Quand ça sonne, ils ont  déjà les gants, ça va de soi.
C'est qu'il ne s'agirait pas de louper une miette du VRAI TEMPS de collège (ridiculement disproportionné, avouez-le) !

Les Dégoulinants

Ah c'est vrai, le terme ne fait pas envie !
Ben, les Dégoulinants non plus.
Notons que ce ne sont que des garçons. Ceux à qui, si on enlève la cédille.... vous connaissez la suite ;-)
On pourrait les appeler les Effondrés.
Ils sont comme privés d'axe vertical. Semelles ventousées au sol, ils traînent des pieds, portent leur sac très bas et leur jean....au-dessous des fesses.
Pleine vue sur leur caleçon, c'est extrêmement agréable. Quand on les somme de le faire, ils le relèvent très mollement, jamais assez haut du premier coup, ni du deuxième, ni... Leurs mains semblent très lourdes et peu préhensibles. Sous la menace explicite qu'on va carrément le leur tirer en bas, ils le recalent vaguement sur une hanche... Certes, on n'est pas dupe, la gravité fera sa loi dans quelques instants. N'empêche, on s'estime heureux, on a ponctuellement atteint un sommet de rectitude chez ces malheureux Dégoulinants...


Les Jaipas

"Mon livre, ma trousse, ma flûte, mon carnet, mon devoir, de feuille, de gomme, de compas, ma tenue d'EPS..."

Distiguons des sous-catégories :

La Jaipas-fille
Pour certaines, on s'en serait douté, vu que ça fait un moment que déjà, au départ, elles n'ont plus de cartable. Même pas un Eastpack. Surtout pas. A partir de la mi-quatrième, grosso modo après les vacances de février, les Jaipas Filles n'ont plus qu'un sac-à-main rikiki (chez nous, c'est Lancel. Ailleurs, c'est des faux Vuitton) et condescendent, parfois, à s'encombrer en sus d'une pile de manuels (2 ou 3). Je ne vois pas où elles trouveraient la place pour des chemises, classeurs, grandes règles etc. Franchement. La trousse de maquillage, le collant de rechange, la boîte de Tampax, l'I Phone, quelques stylos, le carnet de liaison et la carte de cantine.... je vous mets au défi de faire mieux qu'elles et d'avoir "votre matériel" !!!


Le jaipas-chronique
C'est un principe incontournable : quoi qu'on demande, on ne l'obtiendra pas. Les autres le savent, soufflent, renâclent, mais finissent par prêter. Parfois, non. Y a lassitude. Tout le monde en a marre, des Jaipas chroniques.
Pour ne pas perdre de temps inutilement, beaucoup de profs ont le matériel de secours dans leur propre sacoche. Cela évite que le Jaipas passe complètement à travers les activités pédagogiques... mais on fait ça à contre-coeur.

Le Jaipas-réflexe
C'est une nouveauté pour moi : il devait en exister avant, c'est sûr, mais mes observations d'entomologiste n'avaient pas été assez fines pour le découvrir. C'est une sous-espèce très difficile à différencier du Jaipas chronique.
A première vue, c'est le même.
MAIS, attention, si le Jaipas-chronique, en effet, N'A PAS ce qu'on attend, le Jaipas-réflexe, lui, l' a souvent dans son cartable.....mais AFFIRME le contraire.
Pourquoi ? On se perd en supputations et conjectures...
Il a... mais ne sait plus qu'il a ? Dans ce cas, pourquoi ne cherche-t-il pas ? Mystère.
Il a ...mais trouve peu utile d'attraper ? Serait-on alors en présence d'un futur Entre-deux en maturation ? L'hypothèse est posée, mais on manque de recul pour tirer des conclusions.


J'arrête ici, lecteurs bien-aimés, ma petite typologie des élèves qui font couler de l'encre et de la salive !
Peut-être que l'Ange du Milieu pourrait y ajouter son petit grain de sel ? je suis certaine que j'ai oublié quelques espèces qui n'ont pas dû lui échapper... ;-))





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commentaires

Messire 22/01/2010 18:05


il me semble bien connaitre un énergumène de la race des Jaipas-Reflexe et il me tarde de savoir comment ceux la évoluent


Zigobelle 23/01/2010 12:29


Tant qu'il ne tourne pas à la catégorie "Jesaistouéjmelapète".... .


L'ancien élève 22/01/2010 13:51


Je n'aurai pas pu être prof... Déjà que les supporter en dehors de l'école est déjà parfois  pénible, alors toute la journée....

D'autant plus qu'il doit y avoir des cumulards, genre "l'entre-deux dégoulinant quinapas"... Ceux là, faut les photographier et en faire des sujets de recherche !!!



Zigobelle 23/01/2010 12:26


Il y a des cumulards, je confirme !!! Ceux-là, je vous assure qu'il ne faut SURTOUT PAS LES PHOTOGRAPHIER, ils nous hantent déjà assez sans avoir à impressionner une pellicule !!! ;-)))


Angel 3! 20/01/2010 23:54


j'adore cet article !!!!!!

mdr !!!!


philou 20/01/2010 22:35


tu as oublié l'espèce "lèche-bottes"! j'aime bien l'entre deux, ça me rappelle un peu moi, (enfin, du moins le coup de la trousse fermée dix mn à
l'avance!)


Zigobelle 23/01/2010 12:31


Cela existe, c'est vrai... Honnêtement, on n'est pas dupe....mais ça repose des autres types !!! Soyons francs : nous n'estimons pas le lèche-botte mais nous ne lui cherchons pas noise non plus
!