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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 16:31

 

 

La Gazette, cette semaine, a décidé de vivre une nouvelle expérience : le Mégarama du Pian.

Avouez qu’un cinéma qui OUVRE, c’est bien plus rare, et bien plus enthousiasmant qu’un cinéma qui disparaît. C’est donc avec une joie non dissimulée que nous avons découvert, vers la fin 2012, la petite plaquette publicitaire dans notre boîte aux lettres. Avec pléthore d’offres duo, trio, quatuor, gourmandes… Des places à 4.50, même Utopia ne fait pas mieux en abonnement !

Koikoikoi ? Un cinoche pas-si-loin de la Ferme ? Attention, Lecteurs chéris, je tiens à clamer dans ces colonnes, que, question cinématographe, la Ferme est rien moins qu’enclavée, hein ! A quelques minutes de notre sweet home, nous avons deux possibilités d’aller se faire une toile : à Blanquefort, 2 salles, et une programmation qui se tient habilement entre le ciné d’art et essai et les blockbusters, ainsi qu’à Eysines, encore plus près, une sorte de petit frère du ciné cité plus haut.

Il ne nous manquait plus qu’un bon gros multiplexe, bannissant la VO et vendant des popcorns, pour se sentir complètement capables de vivre en autarcie dans notre zone excentrée. On parle beaucoup des locavores, mais l’Homme ne mange pas que du pain, militons pour la locakinoculture !

Je vous le dis, c’est chose faite : l’Expérience a eu lieu.

Nous partîmes en équipe réduite, à deux, un soir de semaine, par temps clair, nuit tombée, étoiles dans le firmament. Objectif : une séance « inaugurale » dans le néo-ciné médocain (eh oui, le Pian, c’est le Médoc, comme me l’a répété quelques fois mon compagnon d’aventure !) pour aller (enfin) se délecter du dernier Tarantino et ne plus entendre le récurrent refrain : « Ah bon, t’as pas encore vu Django ? »

Incredible mais vrai, mon Messire n’avait pas regardé la route avant. De l’inouï, Lecteurs chéris, je vous jure ! Quant à votre Gazetière, hors des frontières de la CUB, c’est carrément l’étranger … Le Pian, évidemment, je connais de nom. Je le situe approximativement-pas-loin-de-Blanquefort, je sais bien que ça s’appelle Le Pian-Médoc, mais à part ça…

Je crois que le problème, c’est qu’on est carrément parti d’entrée dans la mauvaise direction. On va par-là ? T’es sûr ? Oui, le Pian, c’est très étendu.*** Notez, c’est vrai. C’est très étendu. L’ennui, c’est que mon « chauffeur » (qui est bien plus que cela) pensait savoir où était ce cinéma, parce qu’il était déjà passé devant.

Là, trois hypothèses : 1) Il a perdu tous ses azimuts, il est effectivement passé devant mais sans savoir du tout où il se trouvait… (désorientation ?) -  2) Il a pris je ne sais quel entrepôt pour un cinéma… (hallucination?) –  3) Le Mégarama a changé de place entre-temps (4ème dimension ?) Personnellement, j’opte évidemment  pour la troisième hypothèse :-)

Revenons à nos moutons. On a donc roulé des kilomètres et des kilomètres. Passé le panneau d’entrée au Pian puis le panneau de sortie du Pian… plusieurs fois. Le Pian, c’est très étendu. Traversé des forêts, dans la nuit, longues, longues forêts… Franchi, sans encombre, une « route inondée », selon le panneau. La chaussée était hors d’eau, je vous rassure, mais en effet, les fossés brillaient à la lueur des feux réglés sur plein phares, remplis à ras bord. C’était LUGUBRE. J’avais l’impression qu’on allait voir surgir des bois quelque créature  maléfique, loup-garou ou même chien des Baskerville…

Lecteurs adorés, je vous jure que je n’imaginais même pas que de tels endroits reculés pouvaient exister si près de DonaldVille ! La ténèbre était opaque : si jamais il y  avait en ces terres désolées quelque habitation perdue, il ne doit pas y avoir l’électricité parce qu’on n’a pas entraperçu la moindre étincelle de lumière ou de vie. Ou alors, ce sont des maisons classés AAA +++ en isolation. Inertes, comme on dit… Et Messire de me rappeler, patiemment : mais le Pian, c’est le Médoc !

Où en étions-nous ? Ah oui, nous roulions, tétanisée sur mon siège pour ma part, perdus irrémédiablement dans ce no mans land, tel David Vincent qui fit la fatale rencontre de sa vie en cherchant un raccourci qu’il ne trouva jamais. Le Chevalier, après avoir longuement combattu, allait, in fine, craquer et avoir recours à la magie (abracadabra gépéhesse !) lorsque qu’un objet, dont on n’imagine mal le bonheur qu’il peut procurer dans de telles circonstances apparut au loin : un réverbère ! Un éclairage public ! Je vous assure, un instant, je me suis sentie comme le marin qui, enfin, aperçoit son salut dans les feux du phare ! Terre ! Ai-je peut-être crié… Un, deux, trois lampadaires… Signature du retour à la civilisation ! Le nœud dans ma gorge se desserre, l’air circule mieux. Nous avons re-re-refranchi le panneau d’entrée du Pian (Le Pian, c’est trèèèèèèèès ééééétenduuuuuu), crié de joie en voyant un placard publicitaire pour Leclerc (si, si) sachant qu’on avait comme indice, dans notre chasse au Trésor « Facile d’accès, votre Mégarama est situé juste en face du CCL ». Suivait l’argument fatal, qui m’avait attirée comme la fleur attire le papillon : stationnement facile.

A partir de là, Koh Lanta, c'était fini : ce ne fut qu’un jeu d’enfant et quelques minutes plus tard nous abordions un centre commercial dont l’existence nous était jusqu’alors totalement étrangère ! Non pas que nous soyons spécialisés es grandes surfaces, loin s’en faut, mais à défaut d’y aller, nous savons tout de même où nous ne passerons jamais nos samedis aprem ni nos dimanches d’ouverture exceptionnelle ! Mais là… on se pinçait pour s’assurer qu’on n’était pas victimes d’un mirage… Aux confins du Pian, je vous informe, Lecteurs curieux, il y a une zone commerciale où s’est posé, en décembre, le FAMOUS Mégarama ! Alias le Vaisseau fantôme… Au début, on a cru qu’il n’y avait personne… Ce qui nous change de l’expérience « ciné en ville »…

FACADE 2

 

On descend de voiture (je sais, on est fous, on a osé, on a le goût de l’aventure !) Et là, je suis saisie. SAISIE, Lecteurs chéris !

Par l’odeur. De bois. De terre. D’air pur. De campagne la nuit. Ce qui nous change de l’expérience « ciné en ville »… (Et Messire de me rappeler, patiemment : mais le Pian, c’est le Médoc !) La suite est… sympathique. On entre dans ce paquebot, hall immense, lumières franches… et on cherche la caisse. La voilà : « Billets et confiseries ». C’est la même (courte) file, mais pour trois spectateurs, ça dure un certain temps, car chacun d’eux s’achète à boire, à manger, à croquer. Et des billets pour le prochain film. « A cette heure-ci, ce sera Django ». « C’est quoi, Django ? » demandera madame…

En voilà qui sont venus au cinéma, comme on le faisait autrefois, peu importe le film, finalement, l’essentiel est la sortie. A la Gazette, on a trouvé ça rigolo et chouette.

C’est à nous, sobres consommateurs, on prend juste des places, j’ai bien senti que l’ouvreuse était déçue de ne pas nous vendre de confiserie. On se dirige vers la salle, un agent Securitas verifie nos tickets. Pour de rire, hein, vu qu’il se tient contre le comptoir « Billets et Confiseries » et qu’il a bien vu qu’on achetait nos places. Mais il tient à son rôle d’accueil, et il m’avertit gentiment : « Django, madame, c’est violent. Vous risquez d’être impressionnée… » Eh, franchement ! C’est pas l’UGC, où les contrôleurs essaient juste de ne pas se faire écraser par la foule, qu’on aurait un avertissement si délicat ! Ni à Utopia où il est de rigueur de faire la tête au client (ça fait genre….)

On a essayé les toilettes, style aéroport, vastes, clean, neuves. La salle n°4, velours rouge, espace entre les rangs (et si le luxe, c’était l’espace ?) pour allonger les jambes à loisir. On a plongé dans THE Tarantino du moment, en VF, tant pis, c’était très bien aussi.

salle

Et puis ce fut le retour. Et là,  l’heureuse surprise! En fait, ce ciné, si on prend la bonne route ( !) il est plutôt près de la Ferme. Le chemin, c’est tout droit…. A partir de Blanquefort. En laissant sur notre gauche le château de l’Angel 3, en passant devant le lycée de l’Angel 2. Tout droit, toujours tout droit vers… le Médoc ! Bilan : 15 minutes, stationnement compris, porte à porte.

Alors... Vous savez quoi ? On y reviendra !

 

 

*** Amiens, du reste, dans la même veine, est une mégalopole (private joke)…

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commentaires

Vianne 25/02/2013 23:15


Le Pian, visible depuis la Lune comme Amiens?


Et sinon, vraiment dommage pour la VF imposée dans ce cinéma.

Angel2 21/02/2013 23:14


Mes élèves (du Médoc) sont ravis de cette ouverture.