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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 19:21
Evento.
Il fallait bien que la Gazette fasse un petit article, quand même !
Eh bien, la Rédaction a choisi un envoyé spécial, un correspondant local, pour rendre l'exercice un peu plus "exotique" : ce n'est pas votre Gazetière qui écrit, mais elle publie la prose inspirée du Sieur Guillaume, Ermite du Sablonnat, son ami très fidèle et très cher, son compagnon de longue date, avec qui elle entretient l'art très antique et très passionnant de la dispute.*

Amis lecteurs, donc, l'exposition "Citations" sur Amos Gitaï, à la base sous-marine, commentée par ledit Guillaume :

Par un après-midi radieux, nous sommes Izade*,* des amis et moi-même partis, le cœur ensoleillé à l'idée de découvrir La rencontre entre le réalisateur Amos Gitaï et la base sous-marine. D'un pas sûr et joyeux, nous nous dirigions vers l'entrée d'un monde inconnu. Une fois que nous franchîmes la porte, nos pas perdirent de leur sûreté, firent du sur-place, chancelant, ne sachant où aller, à droite, à gauche, ressortir ? Nous étions happés dans un univers de cacophonie, de sons métalliques et d'images différentes projetées sans liens et sans raisons apparentes. Nous étions dans un monde sans repères, j'avais l'impression d'être comme les extraits des filmes, projeté avec violence dans le monde d'Amos. Puis petit à petit, toute cette cacophonies assourdissante a laissé place à une harmonie dérangeante, car les mondes d'Amos, et ce lieu chargée d'une histoire douloureuse et encore présente dans notre mémoire, se marient très, (trop ?) bien.

La lumière des filmes d'Amos est crue, sans artifice, car il me semble que son désir est de restituer aux spectateurs la réalité des évènements qui filment. Ils ne filtrent aucuns défauts des corps et visages, ne masquent ou rajoutent des effets sur les paysages. Il ne veut pas "protéger" les spectateurs par des artifices trops lourds qui mettraient une distance rassurante entre nous et l'histoire. Cette musique forte, presque dissonante, ces murs en béton brut crevassé par le temps, où l'on pourrait presque voir des "coulures" dûes aux intempéries, étaient fait pour se côtoyer le temps d'une expo. À nous d'accepter où bien refuser cet accord.
Les différents extraits sont comme des tableaux racontant un passage des filmes du réalisateur, un passage d'un film à l'autre, et la passerelle est la mémoire. Nos pas accompagnent un peuple qui a dit stop à 2000 ans de diaspora. On continue ce voyage avec des femmes, des hommes qui sont partis construire un pays avec la mémoire des morts qui hurlent "plus jamais ça! " On s'arrête, on va revoir un passage, puis on reprend notre chemin nous amenant vers un peuple qui, maintenant pourrait ressembler à n'importe quel autre peuple en guerre (tableau de la guerre de kippour), Puis on continue vers d'autres salles, d'autres lieux, d'autres tableaux, d'autre époques plus contemporaines. Les dernières projections montrent que les victimes sont souvent (toujours,) les femmes -et quelles sont très belles quand elles pleurent (Nathalie Portman)-.
Peut-être  qu'Amos Gitaï veut nous dire que depuis la création d'Israël, ils ont perdu leur aura de "victimes", et que c'est ce fait nouveau qui nous gêne?




Merci, Chevalier Guillaume !
Je n'aurais pas fait mieux, et je partage tes sensations (nous en avons abondamment parlé, tu le sais!)
En écho, une autre chronique sur cette expo, assez proche de nos ressentis respectifs.

* au sens de "discussions (...)  pour débattre des questions de théologie, de philosophie, etc."

** izade, ou zaZa, ou ZazaBelle, ou ZigoBelle, ou ZazBulle etc. vous l'aurez reconnue...

Et pour ceux qui auraient envie.... à la Bottine, on peut prêter quelques DVD du monsieur : Eden (pas le plus excitant), Yom Yom, Devarim, Alila (pour l'instant, c'est tout !)

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