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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 18:43
Dans l'article précédent, la Gazette vous parlait des ressources fabuleuses du sang DIYOUPIYOUAÏE.
La preuve : la journaliste susnommée est saine et sauve, ainsi que tout l'équipage, je rassure de suite le lectorat inquiet, et il ne sera pas dit que je laisserai mariner mes lecteurs chéris dans une incertitude poignante et insupportable.
Ainsi,  le propos de cet article-ci, oui, celui-là même qui se déroule à l'instant sous vos yeux attentifs et curieux, sera-t-il de rappeler que toutes ces qualités indéniables charriées fatalement par notre glorieux patronyme ne doivent en réalité rien au hasard. Eh bien, non, ne cherchez pas le hasard mais sachez reconnaître le Destin. Rien de moins.
Car, abonnés de mon coeur, rappelez-vous que la MONTAGNE, sous tous ses noms et toutes ses appellations d'origine plus ou moins contrôlée, représente, dans notre culture au moins, toujours le merveilleux. Le Merveilleux, devrais-je écrire, avec un grand M.
Pour une fois, je glisserai à la vitesse du son sur le contexte biblique (un dada, cependant) où la montagne sert de lieu/lien entre l'Homme et Dieu (mais si, souvenez-vous : les Tables de la Loi, les Béatitudes etc.) pour mieux faire halte dans une dimension que j'adore : la littérature médiévale.
Je sais, ça faisait longtemps.
Mais je n'avais jamais encore abordé le sujet de la montagne dans ces colonnes. Tout au plus avais-je évoqué la Forêt, haut-lieu magique bien connu de tous les amateurs de la matière de Bretagne (et autres fans plus tardifs et moins orthodoxes de Fantasy).
La Forêt, certes. Mais la Montagne également.
Monts,  roches,  puys (ben oui, les PUYS, y a une cohérence dans le propos, un cheminement intellectuel non aléatoire mais à l'inverse parfaitement bien contrôlé, tout de même, voyons, lecteurs de peu de foi !) les sommets sont copieusement évoqués dans nombre de lais et autres chansons de geste : ces lieux d'altitude sont des portes vers le merveilleux, pour ne pas employer le terme fantastique qui ne saurait s'appliquer aux écrits de cette époque. Point besoin qu'il soit réellement très haut, le mont représente la démesure : demeure de géants, mais aussi refuge de nains à la force étonnante en ses profondeurs, il est aussi et très fréquemment le lieu où émerge le merveilleux, là où l'aventure surgit et "lance" le chevalier dans une nouvelle quête. Souvent peuplée d'êtres extraordinaires, on l'a vu, elle est aussi le lieu qui symbolise la surabondance de richesses.  On connaît tous les nains qui arrachent  des entrailles de la montagne l'or et  les pierres précieuses. La montagne, c'était l'opulence et la richesse.
D'où l'expression du Moyen-âge (selon les rares sources trouvées), qui parlait de "monts" de quelque chose et qui signifiait "des tas". C'était quand même drôlement plus joli, des monts que des tas, non*** ???
De là est née ensuite la locution  "promettre monts et merveilles" : exagérer totalement les bienfaits escomptés, tant par leur abondance que par leur nature fabuleuse.
Et voilà, lecteurs du 14 juillet, vous savez maintenant pourquoi on emploie ce terme de monts et je sais que vous êtes ravis de le savoir... ;-) Ben oui, c'est bien de comprendre de quoi on parle, non ?

*** (En tout cas, je veux bien m'appeler Dumont, Duroc ou Dupuy, mais jamais de la vie Dutas !)

Et comme source sympa : La montagne dans le texte médiéval : entre mythe et réalité
 de Claude Thomasset et Danièle James-Raoul (PUF)

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