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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 11:23
Enquête dans le Monde de l'Education (qui cesse sa publication en tant que tel dès janvier, pour raisons économiques, snif !) : La littérature ado effraie certains adultes.
Le point de départ vient de chez nous, sachons-le. De la libraire de Comptines (librairie pour enfants de Bordeaux, qu'aucun lecteur de la Gazette n'ignore). Un livre qu'elle a refusé de mettre sur ses rayonnages et à propos duquel elle a commis une critique plus que cinglante. Il semblerait qu'elle ait des arguments de poids, et connaissant la dame d'assez près, je sais qu'elle n'est pas du genre neu-neu. On peut donc imaginer que le livre en question dépassait certaines bornes en matière de désespérance, de vision de l'amour et de statut de la femme.
L'article est intéressant (bon, c'est vrai, forcément, le sujet est un de mes dadas...). on y parle de l'espace transitionnel que la littérature ado crée pour ces jeunes remplis de fantasmes et de peurs difficiles à exprimer. Une psy clinicienne nous dit : "S'il existatait une littérature ado propre et édifiante,, ils ne la liraient pas.".
On ne peut qu'abonder (si on fréquente quelque peu l'échantillon susnommé!)
Je ne ferai pas ici un abstract du dossier (parce que là, sur mon emploi du temps, y a écrit LOISIRS et non pas BOULOT). Je laisserai juste vagabonder ma pensée de Dame des Livres qui bosse avec des enfants. Et je chevaucherai ma Licorne à voyager dans le Temps. Je cheminerai loin en croisant mes lectures, mes recherches professionnelles, mes souvenirs personnels... Et voici que j'arrive dans la Province nommée : Education à la citoyenneté... C'est grosso modo le terme reconnu par l'Education nationale pour ce qui fut, en remontant le temps,  l'éducation civique, l'instruction civique et même, encore avant,  la morale.
On voit bien le glissement du religieux vers le laïque, et de la personne vers l'individu au sein du groupe.

Bien avant que l'instruction fût collective (voir publique), elle fut individuelle et familiale.
Cela n'empêchait toutefois pas le recours au livre, comme support propre à soutenir la formation, et sans nul doute, destiné à frapper les esprits de nos chères têtes blondes et éducables.
Bien entendu, les petits lecteurs étaient des privilégiés : tout le monde ne possédait pas un livre...et surtout pas un ouvrage de littérature de jeunesse ! Car elle existait, la littérature de jeunesse. Sous une forme bien éloignée de celle que nous connaissons à l'heure actuelle, certes, mais néanmoins spécifiquement destinée à ce public tendre et impressionnable.

Mes filles se souviendront certainement du Struwwelpeter (autrement nommé Pierre l'ébourriffé en français, rien à voir avec notre cher abonné Alsacien!)
Non pas qu'elles eussent personnellement connu le milieu du 19e siècle (!!!), mais parce que l'ouvrage ne s'est pas vraiment démodé et qu'il demeure une véritable référence en la matière. En mes jeunes années, lors d'un séjour outre-Rhin, je ramenai donc l'objet livresque, du docteur Heinrich Hoffmann (pédo-psy non satisfait de ce qui existait à l'époque en matière de littérature pour enfants et qui écrivit donc ces comptines pour son propre fils de 3 ans).


Il contient des histoires édifiantes... et à la limite du terrifiant ! Mais de nombreux pédo-psy l'ont encore dans leur cabinet : il semble être fort utile aux enfants pour exprimer leurs peurs... et peut-être aussi aux parents pour faire passer des messages l'air de rien ;-))
Je crois me rappeler que l'une d'entre elles était particulièrement attirée par la triste aventure de Konrad le suceur de pouce, et qu'une autre était fascinée par Kaspar-la-soupe !

Tremblez de peur, frissonnez d'horreur ! Quels délices que de se faire peur en lisant des histoires auxquelles on ne croit pas... mais qui semblent arriver à d'autres enfants bien moins sages que nous !

Un peu dans la même veine mais destiné aussi à être un manuel d'apprentissage de lecture, un très vieil opus qui date de 1680 environ ! L'ancêtre de Ra
tus (pour les initiés) ou de Georges et Gilberte (ça, c'est ma minute décennale de nostalgie) ou encore du Tour de la France par deux enfants (1877, quand même !).
Le titre est délicieux : je sais pas vous, mais moi, déjà, je salive !

(suit) : Civilité puérile et morale pour instruire les enfants à se bien comporter tant envers Dieu, que le prochain : par des figures exemplaires sur plusieurs défauts et accidens qui leurs arrivent. Très utile pour porter à l'école, afin d'y apprendre à bien vivre et lire, soit en latin ou en français.
On y apprend par exemple :

« Pour conferver une bonne réputation, il ne faut point Mentir, ni fe facher fans fujet,

& ne point prendre le bien d’autrui. »


« Il ne faut être Menteur, Jureur, ni Larron, & ne fraper perfonne, car autrement,

on fe met en danger d’être repris & châtié févèrement. »


 « L’on ne croit plus un Menteur, quand même il diroit vérité, & l’on n’a point de compaffion

de ceux qui ont battus les autres, non plus que des Larrons. »


(Bon, toutes ces lettres biffarres, fa n'a rien à voir afec le POULET AU WHISKY, hein ! C'est jufte la langue de l'époque  ;-) )

Lecteurs bien -aimés, si quelques souvenirs délectables vous restent de vos livres d'enfant, faites donc un courrier à la Gazette avec quelques infos utiles, et la Rédaction se fera un plaisir de tenter des recherches pour mettre à l'honneur, si possible, ces ouvrages qui enchantèrent (ou pas) vos jeunes années ! Cela pourrait nous faire un superbe portfolio de fin d'année, une bibliographie rêvée des abonnés de la Gazette !
On compte sur vous !!!!

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commentaires

Angel 2, grande lectrice 13/12/2008 12:38

Rien à voir avec ces ouvrages de formation du citoyen, mais c'est Le livre qui m'a marquée et que je cherche depuis 4 ou 5 ans. A plusieurs reprises, chapitre.com m'a envoyé une alerte, mais 80 euros pour un album du Père Castor...Cette fois-ci, il n'était qu'à 33 euros alors j'ai cassé la tirelire. Dès le 25 décembre, je serai en mesure de partager avec vous la sensation de se confronter à un souvenir d'enfance littéraire. J'aurai enfin en main, cet ouvrage étudié en CE1: Grégoire petit paysan du Moyen Age.

Zigobelle 13/12/2008 13:39


Ah génial !!!! J'espère vraiment avoir droit à la photo de l'ouvrage, et peut-être un petit commentaire,  pour mon portfolio !!!


philou 13/12/2008 12:32

ah! ne m'en parlez pas malheureuse! Kaspar-la-soupe, une histoire traumatisante, particulièrement la dernière image: la soupière au cimetière!

Zigobelle 13/12/2008 13:40


La soupière au cimétière !!! MDR !