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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 17:49
Belle chronique de François Bégaudeau dans Muze du mois de mai.

Cet ex-chanteur punk-rock, agrégé de lettres, ex-prof en ZEP, critique ciné... aux talents multiples, n'a pas seulement de l'humour ( Entre les murs, son roman sur la vie d'un collège nous fait rire...un peu jaune). Encore une fois, on constatera avec un zeste d'amertume qu'ya pas d'justice! Il est jeune, beau, intelligent. On peut toujours espérer qu'il n'est pas sympathique... histoire de rééquilibrer un poil la balance.


Pour en revenir à l'objet de l'article, le sieur Begaudeau nous instruit ce mois-ci de l'une de mes héroïnes bien-aimées, la malheureuse Ophélie. Si la belle se noie, à cause de l'abandon d'Hamlet, son amoureux, c'est, nous dit-il, car les hommes sont intrinsèquement infidèles. Du reste, son papa chéri l'avait prévenue, de se méfier, hein...! Pas un scoop, ça, me direz-vous ? Sans doute. Mais l'habile chroniqueur analyse de plus près l'infidélité d'Hamlet. Et celles des hommes. Et il met finement en avant ce que les femmes, hélas, apprennent au fil des ans : ce n'est pas tant à leur femmes que les hommes sont infidèles, qu'à l'Amour. Ben oui, carrément.


" Polonius met en garde sa fille contre les promesses amoureuses (...) et lui conseille de  tenir à distance son princier prétendant. Ophélie a peine à croire que les hommes soient si peu fiables(...) mais les faits vont  donner raison (au père...) L'infidélité des hommes n'est pas sexuelle, comme on a tendance à le croire ; Hamlet est amoureux et nulle dans son coeur ne concurrence Ophélie. Simplement, il est infidèle à l'amour même. Ne s'en occupe pas. le néglige. L'estime un objectif secondaire. Bref, à mieux à faire. Quoi donc ? De très très nobles et très très tragiques choses. Son roi de père assassiné (...) Hamlet rumine sa vengeance, se demande s'il doit être ou pas, devient fou, parle à son défunt paternel, voit des spectres partout et ne voit plus Ophélie, poutant bien réelle, qui, lasse de n'être vue, se noie en chantant."



Alors, quoi ? Folle, Ophélie ? Trop exigeante ? Ou trahie, entière, excessive ?
Il est des noyades désolantes mais inévitables.

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commentaires

Angel 2 12/05/2008 18:55

Trop beau, trop triste, trop vrai!