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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 09:35
Eh oui, nul ne l'ignore, qu'il soit croyant ou simplement gourmand : aujourd'hui, c'est la Chandeleur !
Et , notez-le, cette fête hivernale ne se nomme point Crêpeleur mais bien CHANDELEUR. C'est donc que la  chandelle tient une place plus importante que  la légère  et circulaire petite gâterie ...
Avec CHANDELLE, il faut entendre  CIERGE, mot bien plus religieux qui a pris le pas sur son ancêtre, relégué de fait dans le registre laïc (si ce n'est païen...).



Petite remontée du temps, jsuqu'à l'époque de Jésus...
Né Juif, d'une famille naturellement pratiquante, il valut à sa mère 7 jours d'impureté où la pauvre nouvelle maman ne pouvait se rendre dans aucun lieu sacré au rique de le souiller, suivis de 33 jours pour remonter la pente et se voir  redevnue fréquentable.
Ainsi était (est?) la Loi juive en matière de naissance : la femme qui met au monde un garçon est soumise à 7 + 33 jours d'impureté, au terme desquels elle va présenter son nouveau-né au Temple et offrir en sacrifice des petits pigeons ou tourterelles...
40 jours après Noël, donc, le bon chrétien fête la Purification de Marie (née sans tâche mais  quand-même...) et la Présentation de Jésus au Temple (où son malheur sera prophétisé...).
40 jours, c'est bien : on a digéré les monstrueux festins de fin d'année, les journées rallongent et ça sent parfois le printemps : on a faim et une sacrée envie de faire la fête...sachant que d'ici peu (au gré des années), va falloir faire ceinture après le Mardi-Gras ... Les crêpes, dès la disparition de la galette des Rois, sont donc les bienvenues!
Imaginons un instant (je ne crois pas blasphémer, Dieu m'en garde!), que Jésus soit né FILLE...
Eh bien vous allez comprendre de suite que ce n'était pas jouable en matière de calendrier...
En cas (dramatique, mais il en faut) de naissance d'une fille, la maman juive devait attendre 80 jours pour ses relevailles!!! 14 jours d'impureté + 66 jours avant d'aller au Temple : la peine est double, le calcul est  simple.
Dans notre cas, si on ajoute 80 jours  à Noël..., on  tombe à la mi-mars, soit en plein Carême (et là, les crêpes, c'est hors de question), soit  peu ou prou pile à Pâques : et là, ça se téléscope, les crêpes au Nutella en sus des cloches en chocolat, c'est trop, avouons-le !
Il fallait donc que Jésus fût un HOMME pour qu'on ait droit à faire sauter les crêpes à la Chandeleur, CQFD.

Le Seigneur me pardonne mes théories théologiques de fin de semaine... ;-)

Mais je vois bien, lecteurs, que vous trouvez paradoxal que je ne m'entretienne  que de crêpes alors que j'ai moi-même insisté sur le fait que les chandelles sont plus importantes...
J'y viens, j'y viens...
Quelques siècles après Jésus, les chefs de l'Eglise avaient encore fort à faire avec les fêtes paiënnes qui perduraient... et ça n'allait pas du tout ! Les gens allaient à la messe, mais ils fêtaient (Dieu sait comment!!!) la fin de l'hiver, le retour de la lumière, ils faisaient des tas de trucs pas chrétiens pour se garantir de riches moissons...
Fallait bien remettre de l'ordre là-dedans!
Au Ve siècle, le pape Gelase 1er a commencé à changer l'une des dernières fêtes impies, les Lupercales (fête romaine de la lumière) en célébration politiquement correcte.
Et il semblerait que ce soit un de ses successeurs, Serge 1er, au VIIe siècle, qui ait définitivement consacré la Chandeleur : ce jour-là, on disait une grande messe où chacun venait avec sa ou ses chandelles. Durant la célébration, on les bénissait et  les fidèles repartaient chez eux avec leurs cierges (qui ne s'appelaient pas ainsi) : en les allumant toute l'année durant les orages ou les malheurs qui les frappaient, ils appelaient la protection divine (et canoniquement  autorisée) et repoussaient le Malin !
Et les crêpes ? Eh bien... c'est doré comme le soleil, rond comme une hostie,  ça permet d'utiliser sans exagérer les restes de farine de la moisson de l'an passé... c'est simple, pas  gras... à une époque où la nourriture n'était pas toujours abondante en fin de rude hiver.
Notez que si la crêpre de froment règne en maîtresse incontestée depuis des décennies, elle partagea durant des siècles, la vedette avec moult autres pâtisseries locales : beignets légers aux pommes,  navettes,  crêpes à la farine de chataîgne en Corse ...
307_crepes.gif

Bonne Chandeleur à tous mes lecteurs bien-aimés !!!

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commentaires

Angel 2 03/02/2008 19:07

article une pour toi

Angel 2 02/02/2008 23:02

http://dans-la-cour-des-grands.over-blog.com/

Angel 2 02/02/2008 23:01

http://dans-la-cour-des-grands.over-blog.com/

Angel 2 02/02/2008 18:28

Quand on fait des crêpes chez nous, Véro vous invite...